Selon une étude américaine, les enfants gays, bisexuels et transgenres sont plus vulnérables à l’obésité et aux troubles de l’alimentation excessive. Ils seraient 64 % plus à risque d’être atteints d’obésité que les jeunes hétérosexuels.

Selon une étude américaine, les enfants gays, bisexuels et transgenres sont plus vulnérables à l’obésité et aux troubles de l’alimentation excessive. Ils seraient 64 % plus à risque d’être atteints d’obésité que les jeunes hétérosexuels.

Chaque jour, les enfants qui font partie de la communauté LGBTQ+ (1) font face à des défis. Ils doivent faire face à l’agitation émotionnelle dans leur propre tête et dans leur cœur, ainsi qu’à la stigmatisation sociale qui existent encore dans le monde. Ils doivent également faire face à d’autres situations pathologiques comme, par exemple, l’obésité. C’est ce que vient de révéler une nouvelle étude de la Uniformed Services University of the Health Sciences aux États-Unis.
Selon ses auteurs qui ont publié leur enquête dans Jama Pediatrics, les mineurs ne s’identifiant pas à leur genre de naissance ou ceux appartenant à une minorité sexuelle ont un risque significativement plus élevé de développer un trouble du comportement alimentaire ou de souffrir d’obésité.



Des questions sur le genre, l’origine ethnique, le revenu familial, l’IMC…

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont passé en revue les données fournies par 12 000 enfants qui ont répondu à un questionnaire. Ce dernier comportait des questions directes telles que “Te définis-tu comme gay ou bisexuel ?” et “Es-tu transgenre ?”.
Les personnes qui ont rempli le questionnaire étaient toutes des mineurs qui avaient obtenu l’autorisation de leurs parents. D’autres questions portaient sur le genre, les origines ethniques, le revenu familial, leur statut socio-économique, leur indice de masse corporelle (IMC) que les enfants pouvaient calculer en prenant des mesures de leur corps et en les comparant aux moyennes des autres enfants de leur âge.



3,5 fois plus de risques de souffrir d’un trouble alimentaire

Les scientifiques leur ont aussi demandé s’ils souffraient de troubles alimentaires et, dans l’affirmative, de préciser lesquels.
L’analyse des données a révélé que 190 jeunes (1,6% des répondants) ont répondu “oui” ou “peut-être” à des questions liées à leur sexualité ou leur identité de genre, ce qui les apparente à une minorité sexuelle et de genre (MSG).
En croisant cette donnée avec les IMC des répondants, les chercheurs ont constaté que ces enfants avaient 64 % plus de risque de s’offrir d’obésité que les mineurs n’appartenant pas à une MSG.
Les universitaires ont également remarqué qu’ils avaient par ailleurs environ 3,5 fois plus de risques de souffrir d’une trouble alimentaire.
En revanche, les experts ont noté que l’identité sexuelle n’a pas montré un risque accru pour d’autres troubles de l’alimentation, comme l’anorexie ou la boulimie.
L’étude a également souligné les différences entre les enfants blancs et les enfants issus d’une minorité. Ils ont constaté que les enfants des minorités étaient deux fois plus susceptibles de se retrouver en situation d’obésité que les enfants blancs.



Une étude déjà menée en 2019 en Californie sur les hommes bisexuels

Les chercheurs n’ont pas su expliquer pourquoi les enfants appartenant à une minorité sexuelle et de genre étaient plus exposés au risque d’obésité ou de troubles alimentaires. Ils ont cependant noté que l’identité des MSG chez la plupart des jeunes n’est pas bien établie avant qu’ils n’atteignent un âge plus avancé.
Ce n’est pas la première étude à s’intéresser au lien entre minorité sexuelle et troubles alimentaires. L’an dernier, une équipe de l’université de Californie avait publié des travaux montrant que les hommes bisexuels étaient plus susceptibles de développer un trouble alimentaire que les hommes homosexuels ou hétérosexuels.
L’étude réalisée par le docteur Jason M. Nagata du Département de pédiatrie portait sur 978 hommes bisexuels âgés de 18 à 82 ans.



Philippe PALAT


(1) La communauté LGBTQ+ regroupe les personnes lesbiennes, gays, bisexuel(le)s, les transgenres. Le le « + » désigne l’inclusion d’autres identités sexuelles ou de genre.

Pour en savoir plus : cliquez ici Et ici