Une étude réalisée par des chercheurs de la Université du Pays Basque a analysé 922 ovocytes de 205 femmes bénéficiant d’une procréation assistée. La composition lipidique plus pauvre des ovules pourrait avoir une incidence sur l’obésité infantile.

Une étude réalisée par des chercheurs de la Université du Pays Basque a analysé 922 ovocytes de 205 femmes bénéficiant d’une procréation assistée. La composition lipidique plus pauvre des ovules pourrait avoir une incidence sur l’obésité infantile.

Et si pour certains enfants, la pathologie de l’obésité commençait bien avant leur conception. C’est sur cette piste que travaillent plusieurs chercheurs espagnols. Conduite par le docteur Roberto Matorras-Weinig, maître de conférences à la Faculté de médecine et d’infirmières de l’Université du Pays Basque, une équipe de scientifiques a découvert que les ovocytes – ovules immatures – des femmes en surpoids ou souffrant d’obésité ont des concentrations plus faibles d’acides gras oméga-3.
Une analyse de la composition lipidique de 922 ovules obtenus pendant le traitement de la fécondation in vitro de 205 femmes a permis de constater que les ovocytes de ces patientes ont, en effet, une composition lipidique très différente.
On le sait, les acides gras oméga-3 sont essentiels dans l’alimentation humaine. Ils doivent être ingérés parce que le corps ne peut pas les synthétiser.
Or, la prise d’oméga-3 a tendance à être faible dans le régime alimentaire occidental.
En outre, comme le docteur Matorras le souligne, « les acides gras oméga-3 rivalisent métaboliquement avec les oméga-6, et la consommation de ces dernières tend à être trop élevée dans l’alimentation occidentale. Ainsi, l’apport élevé d’acides gras oméga-6 contribue à de faibles niveaux d’oméga-3. Vraisemblablement c’est le mécanisme responsable de leurs faibles niveaux dans les ovules ».



« Des résultats de fécondation in vitro plus faibles »

L’obésité est un problème de santé publique bien connu avec de nombreuses répercussions sur différents organes. « L’une de ses implications pendant la grossesse est la naissance de bébés macrosomiques (avec un poids élevé), et le risque subséquent d’obésité infantile et adulte. Jusqu’à présent, cela avait été attribué à l’effet de l’obésité maternelle pendant la grossesse ainsi qu’à des régimes inappropriés pendant l’enfance. Mais ces résultats soulèvent la possibilité que les problèmes de ces enfants puissent commencer avant même la conception, en raison de la composition lipidique plus pauvre des ovules qui les ont générés », a déclaré Matorras.
Sur un autre front, le chercheur a ajouté que « les patients en situation d’obésité ont tendance à avoir des résultats de fécondation in vitro plus faibles, qui ont été attribués à toute une gamme de motifs. Cette découverte met en évidence une autre cause possible de ces résultats plus faibles ».
Cette étude a été dirigée par le docteur Roberto Matorras-Weinig, maître de conférences à la Faculté de médecine et d’infirmières de l’Université du Pays Basque en collaboration avec l’hôpital Cruces, la clinique Bilbao et le Biocruces Bizkaia. Elle a été publiée dans la revue Fertility and Sterility.

Pour en savoir plus : cliquez ici