La campagne de vaccination va s’accélérer avec l'ouverture aux aux 65-75 ans atteints de comorbidités, telles que l’obésité, le diabète, etc. Jusqu’ici, seuls les patients en obésité âgées de 50 à 64 ans pouvaient y prétendre. De nouvelles données concernant le vaccin AstraZeneca lèvent une partie des incertitudes. En revanche, une étude italienne montre du scepticisme sur le vaccin Pfizer face à l’obésité.

La campagne de vaccination va s’accélérer avec l’ouverture aux 65-75 ans atteints de comorbidités, telles que l’obésité, le diabète, etc. Jusqu’ici, seuls les patients en obésité âgées de 50 à 64 ans pouvaient y prétendre. De nouvelles données concernant le vaccin AstraZeneca lèvent une partie des incertitudes. En revanche, une étude italienne montre du scepticisme sur le vaccin Pfizer face à l’obésité.

En France, si on court toujours après le temps et les doses Pfizer et Moderna, la campagne de vaccination prend enfin de plus en plus en compte la situation des personnes souffrant d’obésité. Lundi 1er mars, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé que le vaccin AstraZeneca, jusqu’ici réservé aux 50-64 ans les plus fragiles (cliquez ici) et aux professionnels de santé pouvait être administrés aux personnes âgées de 65 à 75 ans.
Cette annonce fait suite aux nouvelles recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) qui estime que ce produit bénéficie aujourd’hui de toutes les données et les garantis suffisantes pour élargir la vaccination à cette nouvelle tranche d’âge. « Cela concerne 2,5 millions de Français en plus », qui pourront recevoir le vaccin d’AstraZeneca chez « leur médecin traitant, dans l’hôpital qui les suit » ou « dans quelques jours en pharmacie », a annoncé hier soir Olivier Véran.



« Il faut tenir encore quatre à six semaines… »

Jusqu’ici, le produit d’AstraZeneca était réservé aux 50-65 ans les plus fragiles. En effet, depuis le25 février, les médecins généralistes volontaires peuvent vacciner leurs patients de cette tranche d’âge présentant des facteurs de risque, comme l’obésité.
Également réservé aux professionnels de santé, ce n’a toutefois pas encore eu le succès escompté auprès des personnel soignants qui ne se pressent pas pour se faire vacciner, à cause notamment des effets secondaires constatés chez les plus jeunes, la plupart du temps des symptômes grippaux.
Conséquence : fin février, sur les quelque 1,6 million de doses d’AstraZeneca reçues, seulement 275 000 avaient été injectées.
De son côté, l’exécutif mise sur la montée en puissance de la vaccination, alors que pour l’heure, près de 3 millions de personnes ont reçu au moins une dose, dont 1,5 million ont été vaccinées avec deux doses, en majorité des personnes âgées et des professionnels de santé avec les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna.
Emmanuel Macron a estimé lundi qu’il fallait encore tenir « quatre à six semaines » contre la Covid-19, misant sur la vaccination bientôt élargie à une partie des plus de 65 ans, au moment où un nouveau tour de vis dans vingt départements est toujours envisagé. « Il faut tenir encore quelques semaines, quatre à six semaines », a affirmé le chef de l’Etat lors d’une visite à Stains (Seine-Saint-Denis), répondant à un jeune homme qui lui demandait de repousser le couvre-feu de 18 à 19 h.



« L’obésité peut entraver l’immunogénicité vaccinale »

Si pour les personnes en situation d’obésité désireuses de se faire vacciner l’élargissement à cette nouvelle tranche d’âge peut apparaître comme une bonne nouvelle, une récente étude italienne concernant le vaccin anti-Covid de Pfizer/BioNTech laisse entendre qu’il serait moins efficace sur cette catégorie de population. Cette étude a été publiée sur le site MedRvix sous le titre : « L’obésité peut entraver l’immunogénicité vaccinale du SRAS-COV-2. »
Après avoir analysé la réponse immunitaire de 248 soignants ayant reçu les deux doses du vaccin américano-allemand, les scientifiques italiens ont remarqué que les personnes souffrant d’obésité – à partir de l’indice de masse corporelle supérieur à 30 – produisaient environ moitié moins d’anticorps que les patients en bonne santé.
Soulignant que l’obésité est un facteur de fragilité face au coronavirus – elle accroît le risque de mortalité de près de 50 % et d’hospitalisation de 113 % selon une étude publiée en août 2020 dans la revue Obesity Reviews -, les chercheurs appellent à « concevoir un programme de vaccination efficace pour ce sous-groupe ».



Une troisième dose nécessaire ?

« Si nos données devaient être confirmées par des études plus larges, donner aux personnes en obésité une dose supplémentaire du vaccin ou une dose plus élevée pourraient être des options à examiner pour cette population », expliquent les scientifiques italiens dans l’étude à l’échantillon restreint (moins de 250 personnes), qui n’a pas encore fait l’objet d’une évaluation par les pairs.
Ces résultats vont à l’encontre des données fournies par Pfizer à l’Agence américaine du médicament (FDA) en décembre dernier, quelques jours avant que son vaccin soit autorisé aux Etats-Unis. Le géant pharmaceutique américain avait affirmé que son produit, développé avec la biotech allemande BioNTech, était aussi efficace chez les personnes atteintes d’obésité que chez celles qui ne l’étaient pas.



Philippe PALAT

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