Le Premier ministre a présenté, en fin de semaine dernière, la stratégie gouvernementale pour une campagne de vaccination contre le coronavirus. Elle se découpe en trois grandes phases et devrait commencer au plus tard début janvier. La vaccination contre le Covid-19 sera gratuite pour tous. 1,5 milliard d'euros ont été budgétés. Un million de personnes en Ehpad seront vaccinées en priorité en janvier. Ceux qui sont atteints d’obésité le seront un mois plus tard.

Le Premier ministre a présenté, en fin de semaine dernière, la stratégie gouvernementale pour une campagne de vaccination contre le coronavirus. Elle se découpe en trois grandes phases et devrait commencer au plus tard début janvier. La vaccination contre le Covid-19 sera gratuite pour tous. 1,5 milliard d’euros ont été budgétés. Un million de personnes en Ehpad seront vaccinées en priorité en janvier. Ceux qui sont atteints d’obésité le seront un mois plus tard.

Le compte-à-rebours de la vaccination non obligatoire contre la Covid-19 est lancé. Le Premier ministre Jean Castex a annoncé les différentes phrases, jeudi 3 décembre, de cette campagne sanitaire nationale. Un potentiel de 200 millions de doses sera disponible, ce qui permettrait de « vacciner 100 millions de personnes puisque le vaccin nécessite à ce jour deux injections à quelques semaines d’intervalle », a annoncé Jean Castex. Soit plus que les besoins du pays afin de s’assurer « une marge de sécurité ».
Concernant le public prioritaire, parmi lesquelles les personnes qu souffrent d’obésité, le gouvernement a fait le choix de suivre les recommandations émises par la Haute autorité de santé (HAS) en réduisant toutefois de cinq à trois les phases d’intervention.
La vaccination sera gratuite pour tous et une enveloppe de 1,5 milliards d’euros a été prévue dans le budget de la sécurité sociale pour 2021.



Phase 1 : les résidents des Ehpad et les personnels à risque

Phase 1 – janvier-février 2021 : la campagne débutera par la vaccination pour qui le virus est le plus dangereux, soit les personnes âgées en établissement, notamment les Ehpad. « A la fois les résidents, mais aussi les personnels y travaillant lorsque ces derniers sont à risque de développer des formes graves de la maladie », a précisé le premier ministre. Cela représente près d’un million de personnes. « On aura une dose très limitée de vaccins d’où l’importance de privilégier les plus vulnérables », avait précisé, deux jours avant, Elisabeth Bouvet, la présidente de la commission techniques des vaccinations à la HAS.



Phase 2 : les personnes présentant un facteur de risque comme l’obésité

Phase 2 – février – début du printemps : le périmètre de la vaccination s’étendra ensuite aux personnes âgées de 75 ans et plus, puis à celle de 65 et plus, et à celles jugées à risque car présentant, par exemple, des comorbidités. Cette phase s’étendra jusqu’au printemps. Les personnes prioritaires se verront proposer une consultation médicale, à des fins d’information et pour obtenir l’autorisation. Les professionnels de santé et médico-sociaux vulnérables en raison de leur âge ou de leur santé seront également intégrés dans cette phrase. « Soit près de 14 millions de personnes présentant un facteur de risque lié à l’âge ou à une pathologie chronique ainsi que certains professionnels de santé », a tenu à préciser Jean Castex.
Afin d’établir cette priorisation des personnes à vacciner et définir cette phase 2, la HAS a épluché les publications de la littérature scientifique en vue d’identifier les facteurs de risques de formes graves, c’est-à-dire conduisant à une hospitalisation ou au décès.
Selon la HAS, les deux facteurs de risque de formes graves les plus importants sont l’âge et la présence de comorbidités. La HAS a donc retenu plusieurs comorbidités identifiées à risque avéré d’hospitalisations ou de décès telles que l’obésité (IMC >30) en particulier chez les plus jeunes, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et l’insuffisance respiratoire, l’hypertension artérielle compliquée, l’insuffisance cardiaque, le diabète de types 1 et 2, l’insuffisance rénale chronique, les cancers récents de moins de trois ans, la transplantation d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques et la trisomie 21. D’autres pathologies ou formes de handicap pourront être intégrées au fur et à mesure de l’acquisition des connaissances.



Phase 3 : ouverture au grand public

Phase 3 – printemps 2021 : la vaccination sera ensuite progressivement ouverte au grand public au printemps 2021 avec toutefois des publics prioritaires telles que les personnes âgées de 50 à 64 ans, les professionnels des secteurs essentiels au fonctionnement du pays en période épidémique (sécurité, éducation, alimentation), les personnes vulnérables et précaires et ceux qui les prennent en charge, les personnes qui vivent dans des hébergements confinés ou des lieux clos… Les mineurs, eux, ne font pas l’objet de recommandations car les études cliniques les plus avancées n’ont pas inclus cette population.



Les vaccins Pfizer/BioNtech et Moderna disponibles fin décembre

« Dès la première étape et plus encore, lors de la vaccination grand public, nous mettrons l’accent sur ceux qui sont au cœur de toute campagne de vaccination et qui sont les plus à même d’avoir une relation de confiance avec les Français : je veux évidemment parler des professionnels de santé, et en premier lieu des médecins et plus particulièrement des généralistes, a affirmé le ministre de la Santé Olivier Véran lors de la conférence de presse. Nous allons nous appuyer fortement sur les médecins de notre pays », a-t-il également promis. Cette démarche devant répondre aux trois objectifs définis par Jean Castex : sécurité, transparence et proximité.
A ce jour, le gouvernement estime que les deux vaccins Pfizer/BioNtech et Moderna seront disponibles au mieux fin décembre, sinon à partir de janvier, après autorisation des autorités de santé européenne et française.
Jean Castex a ainsi appelé les Français à être « les plus nombreux possibles » à se faire vacciner, « un acte altruiste » pour « protéger les autres ». Le gouvernement a nommé le professeur Alain Fischer à la tête d’un Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, chargé d’appuyer le gouvernement.



Philippe PALAT

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