Alors qu’elles sont reconnues comme représentant une population à risque susceptible de contracter une forme grave du coronavirus, les personnes atteintes d’obésité n’ont pas accès au dispositif Covid de l’Assurance maladie qui permet d’obtenir un arrêt de travail simplifié sur declare.amelie.fr. La Ligue contre l’obésité dénonce une aberration et interpelle le ministère de la Santé.

Alors qu’elles sont reconnues comme représentant une population à risque susceptible de contracter une forme grave du coronavirus, les personnes atteintes d’obésité n’ont pas accès au dispositif Covid de l’Assurance maladie qui permet d’obtenir un arrêt de travail simplifié sur declare.amelie.fr. La Ligue contre l’obésité dénonce une aberration et interpelle le ministère de la Santé.

C’est malheureusement devenue une évidence : la crise sanitaire qui sévit en France et dans le monde impacte très durement les personnes souffrant d’obésité. Les études menées dans plusieurs centres hospitaliers de l’Hexagone, les rapports réalisés en Grande-Bretagne, en Chine et aux Etats-Unis, ainsi que les récents éléments fournis par le Réseau européen de recherche en ventilation artificielle (REVA) confirment cette cruelle tendance.
Et pourtant ! Malgré le très grand nombre de patients hospitalisés en soins intensifs qui luttent toujours pour leur vie, malgré les multiples décès parmi la population atteinte d’obésité, cette maladie, qui touche plusieurs millions de Français, n’est toujours pas reconnue au titre des Affections de longue durée (ALD) par l’Assurance maladie (1).
Cette exclusion de la liste des ALD provoque, en ces temps de crise sanitaire mondiale, de douloureuses conséquences sur les personnes souffrant d’obésité.
En effet, contrairement à d’autres pathologies moins exposées au coronavirus, les personnes atteintes d’obésité, et plus particulièrement celles qui ne peuvent pas poursuivre leur activité professionnelle en télétravail, n’ont pas accès à la procédure simplifiée d’arrêt de travail dérogatoire sur le site dédié declare.ameli.fr



« IMC>30 : personnes à risque des formes graves du Covid-19 »

Face à cette situation aberrante, la Ligue contre l’obésité a écrit au ministre de la Santé et publié un communiqué de presse (Cliquez ici) pour lui demander d’étendre, à titre d’exceptionnel, cette procédure aux personnes souffrant d’obésité afin qu’elles puissent accéder, elles aussi, au formulaire de l’arrêt de travail simplifié en ligne sur declare.amelie.fr
Dans son courrier à Olivier Véran, la Ligue contre l’obésité rappelle que, faute de pouvoir déclarer un arrêt de travail en ligne, les personnes atteintes d’obésité sont contraintes de se déplacer chez leur médecin traitant afin que celui-ci leur délivre un arrêt de travail, si leur état de santé le justifie.
Et la Ligue de rappeler que « cette obligation va à l’encontre de l’avis du Haut conseil de la santé publique (HSCP) qui a rappelé le 31 mars que les patients dès IMC>30 font partie des personnes à risque des formes graves du Covid-19 ». De plus, le HSCP précise, toujours dans son avis du 31 mars, « la nécessité de respecter les mesures barrières et de distanciation physique, de privilégier les consultations à distance et de limiter les déplacements dans des lieux à risque de transmission élevée du virus comme les salles d’attente ou les établissement de santé ».
Une position d’ailleurs largement partagée par le ministre de la Santé qui, dans un communiqué de presse publié le 18 mars, rappelait qu’ « il est dorénavant demandé aux personnes vulnérables considérées comme « à risque » au regard de la maladie, défini ainsi par le Haut conseil de la santé publique (HSCP), de limiter au maximum leurs déplacements et leurs contacts. »



« Des déplacements inacceptables et dangereux »

Dans son communiqué de presse, tout comme dans la lettre adressée au ministre de la Santé, la Ligue contre l’obésité s’étonne que les recommandations pleines de bon sens du Haut conseil de santé publique, relayées de surcroît par le ministère de tutelle, ne soit pas prises en compte par l’Assurance maladie. « Les personnes atteintes d’obésité, aujourd’hui considérées comme les plus à risque, sont contraintes d’établir un contact physique avec leur médecin traitant afin d’obtenir, en cas de nécessité, un arrêt de travail. Ces déplacements sont aussi inacceptables que dangereux », précise la Ligue.
S’inscrivant dans le droit fil de la première intervention télévisée du jeudi 12 mars 2020 au cours de laquelle le Président de la République a clairement indiqué que « celles et ceux de nos compatriotes qui sont âgés ou affectés par des maladies chroniques comme le diabète, l’obésité ou le cancer devaient être protégés en priorité », la Ligue contre l’obésité estime sa demande légitime. « En accordant aux personnes atteintes d’obésité l’accès à la procédure simplifiée de demande d’arrêt de travail en ligne, l’Assurance maladie répondrait parfaitement aux exigences des mesures de non propagation du virus prises par le gouvernement », conclut la Ligue.

(1) Affection de longue durée (ALD) : maladie chronique à caractère grave qui nécessite un suivi médical et des soins prolongés de plus de six mois. Une personne en ALD est exonérée du paiement des soins, pris à 100% en charge par l’Assurance maladie.