Une nouvelle étude américaine suggère que les enfants qui grandissent dans des quartiers « défavorisés » sont plus enclins à faire face à l’obésité à l’âge adulte. Confirmation en Grande-Bretagne, mais pas pour toutes les ethnies.

Une nouvelle étude américaine suggère que les enfants qui grandissent dans des quartiers « défavorisés » sont plus enclins à faire face à l’obésité à l’âge adulte. Confirmation en Grande-Bretagne, mais pas pour toutes les ethnies.

Steven Alvarado, professeur américain de sociologie de l’Université Cornell, dans l’Etat de New York, vient de rédiger une étude dont le titre en dit long sur les rapports entre pauvreté et obésité. Intitulée « Le poids indélébile de l’endroit : désavantage dans le voisinage de l’enfance, le moment de l’exposition et l’obésité à l’âge adulte« , cette étude a été publiée cet été dans la revue en ligne Health and Place.
L’enseignant écrit notamment que les quartiers défavorisés incluent un certain nombre de variables, notamment le pourcentage de résidents vivant dans la pauvreté, sans emploi, titulaires ou non d’un baccalauréat. Selon lui, l’influence d’un quartier est particulièrement forte chez les adolescents. « Ce sont les années d’adolescence qui sont particulièrement saillantes, qui ont le lien le plus fort entre l’exposition à un désavantage de quartier et l’obésité à l’âge adulte, explique-t-il. Les quartiers ont ce facteur de rigidité, c’est-à-dire qu’ils ont cette qualité durable sur les individus, non seulement à court terme, mais également à long terme. »



Un tiers de risque en plus de devenir obèse

Selon l’étude, le risque d’obésité à l’âge adulte est 16% plus élevé chez les enfants de moins de 10 ans vivant dans des quartiers défavorisés et 29% plus élevé chez les adolescents de 11 à 18 ans. Dans l’ensemble, les chances de devenir obèse sont un tiers plus importante si le jeune individu évolue dans un quartier défavorisé.
Selon l’auteur de l’enquête, les décideurs politiques et économiques pourraient utiliser ces données pour concevoir des interventions au niveau du quartier, telles que des plans de réaménagement comprenant la construction de plus de terrains de jeux ou l’amélioration de l’accessibilité à des aliments plus sains. « Les responsables devraient réfléchir à la manière de concevoir et de mettre en œuvre des politiques susceptibles de réduire les taux d’obésité à long terme en mettant l’accent sur les adolescents », commente l’enseignant.



Des différences selon les origines

Cette étude est affinée par une enquête menée en Grande-Bretagne. Dans le cadre d’un travail sur l’ethnicité, la position socio-économique et le risque d’obésité infantile au Royaume-Uni, les conclusions font apparaître queles enfants blancs les plus pauvres courent un risque plus élevé d’embonpoint ou d’obésité que les enfants blancs à revenu élevé.
A contrario, les disparités socioéconomiques sont inversées pour les enfants noirs africains et des Caraïbes et inexistantes pour les enfants d’origine indienne, pakistanaise et bangladaise. De plus, les comportements liés à la santé – qui expliquent les disparités socioéconomiques de la surcharge pondérale et de l’obésité chez le groupe blanc – ne semblent pas être pertinents pour expliquer les différences en fonction de la position socioéconomique des groupes noirs des Caraïbes et africains.