L’obésité pourrait contribuer à la vulnérabilité des tissus neuronaux chez les personnes en bonne santé cognitive et à une déficience cognitive légère. Des chercheurs anglais et finlandais ont remarqué que le volume de matière grise diminue avec la maladie. À l'inverse, un poids considéré "sain" permettrait de maintenir la structure cérébrale.

L’obésité pourrait contribuer à la vulnérabilité des tissus neuronaux chez les personnes en bonne santé cognitive et à une déficience cognitive légère. Des chercheurs anglais et finlandais ont remarqué que le volume de matière grise diminue avec la maladie. À l’inverse, un poids considéré « sain » permettrait de maintenir la structure cérébrale.

L’obésité peut contribuer à la vulnérabilité des tissus neuraux et exacerber la maladie d’Alzheimer. L’information arrive du Royaume-Uni et de Finlande orientale.
D’après les travaux de l’université anglaise de Sheffield et du département de neurologie de l’Université finlandaise de Kuopio, l’obésité serait un facteur d’aggravation des symptômes de la maladie d’Alzheimer. Une pathologie cérébrale dont 900 000 personnes souffrent en France.
Dans le cadre de leur étude – dont les résultats ont été publiés dans le Journal of Alzheimer’s Disease Reports – les chercheurs ont conçu une modélisation du cerveau de personnes atteintes de la maladie, ainsi que de personnes saines pour obtenir des informations sur la circulation sanguine, l’anatomie du cerveau et les fibres du cerveau.
Cette étude pionnière de neuroimagerie multimodale, qui a utilisé trois techniques informatiques complémentaires, a permis d’examiner des scanners cérébraux IRM de 47 patients cliniquement diagnostiqués avec une démence légère de la maladie d’Alzheimer, 68 patients atteints de troubles cognitifs légers et 57 personnes cognitivement saines.



Avoir un poids ‘’sain’’ peut préserver la structure cérébrale

Les scientifiques se sont notamment intéressés au volume de matière grise qui diminue avec la maladie. Cette équipe internationale a comparé plusieurs images cérébrales et mesuré les différences dans les concentrations locales des tissus cérébraux pour évaluer le volume de matière grise – qui dégénère lors de l’apparition de la maladie d’Alzheimer – l’intégrité de la substance blanche, le flux sanguin cérébral et l’obésité.
Chez les patients atteints de démence légère, une corrélation a été trouvée entre l’obésité et le volume de matière grise autour de la jonction temporopariétale droite. « Cela suggère que l’obésité pourrait contribuer à la vulnérabilité neuronale à la fois chez des personnes en bonne santé et chez des personnes atteintes de troubles cognitifs modérés », précisent les chercheurs.



« L’importante de la nutrition dans les pathologies neurologiques »

Dans leur rapport, les scientifiques anglais expliquent également que maintenir un poids stable et « sain », c’est-à-dire avec un indice de masse corporelle compris entre 18,5 et 24,9, pourrait préserver la structure cérébrale des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. « Contrairement aux maladies cardiovasculaires ou au diabète, les personnes ne pensent pas forcément à l’importante de la nutrition dans les pathologies neurologiques », analyse le docteur Matteo De Marco, co-auteur de l’étude et membre de l’Institut de neurosciences de l’Université de Sheffield. « La perte de poids est généralement l’un des premiers symptômes aux premiers stades de la maladie d’Alzheimer, car les gens oublient de manger ou commencent à grignoter facilement des aliments à emporter comme des biscuits ou des chips, au lieu de repas plus nutritifs », souligne le praticien.
Un constat partagée par le professeur Hilkka Soininen, coauteur finlandais de l’étude qui estime que « les résultats soulignent différentes perspectives sur le mode de vie et la nutrition dans la prévention et le traitement de la maladie d’Alzheimer. Il est important d’éviter l’obésité pour la santé du cerveau, mais pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, il est essentiel de prendre soin de soi avec une alimentation adéquate et maintenir un poids santé ».



« L’obésité ne provoque pas Alhzeimer, mais c’est un fardeau supplémentaire sur la santé cérébrale »

« La prévention est très importante dans le combat contre la maladie, insiste la professeure Annalena Venneri, autrice principale de cette recherche et spécialiste de neuropsychologie clinique à l’Université de Sheffield. Il est important de souligner que l’étude ne montre pas que l’obésité provoque la maladie d’Alzheimer, mais elle indique que le fait d’être en surpoids est un fardeau supplémentaire sur la santé cérébrale et que cela peu aggraver la maladie. »
Pourtant, une étude de 2015 a classé l’obésité parmi les facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer. En effet, une équipe de recherche américaine avait rassemblé les données de 351 études réalisées sur plus de quarante ans.
Ce travail lui avait permis d’élaborer une liste comprenant neuf facteurs de risque : obésité, tabagisme, athérosclérose des artères carotides (du cou), diabète de type 2, dépression, faible niveau d’éducation, hypertension artérielle, taux d’homocystéine élevé dans le sang et fragilité générale. D’après leurs données, deux tiers des cas de démence toucheraient des personnes atteintes d’une ou plusieurs de ces pathologies.



Philippe PALAT

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