Une équipe de recherche sud-coréenne a constaté que l’utilisation d’antibiotiques chez les nourrissons peut entraîner l’obésité infantile. L’utilisation d’antibiotiques avant 24 mois a été associée à l’obésité à 30-36 mois. La revue Metabolism : Clinical and Experimental vient de publier les résultats de l’analyse réalisée auprès de plus de 30 000 bébés.

Une équipe de recherche sud-coréenne a constaté que l’utilisation d’antibiotiques chez les nourrissons peut entraîner l’obésité infantile. Leur utilisation avant 24 mois a été associée à l’obésité à 30-36 mois. La revue Metabolism : Clinical and Experimental vient de publier les résultats de l’analyse réalisée auprès de plus de 30 000 bébés.

Et l’on reparle des 1 000 premiers jours de l’enfant. Un laps de temps qui constitue une période essentielle pour le bon développement et la construction de l’enfant, et qui conditionne également la santé et le bien-être de l’individu tout au long de sa vie. Cette fenêtre de vie, le professeur Park Sang-min et son équipe de l’hôpital universitaire national de Séoul, en Corée du Sud, l’ont explorée par le prisme de l’utilisation d’antibiotiques. Une absorption médicamenteuse normalement très contrôlée qui, chez les nourrissons, peut conduire à l’obésité infantile.
Pour mieux comprendre la relation entre les antibiotiques et l’obésité infantile, l’équipe a observé 31 733 enfants coréens – des nourrissons comme des tout-petits – qui ont subi des examens de santé de 2008 à 2012. Les chercheurs ont analysé l’effet de l’administration d’antibiotiques sur l’obésité infantile dans les 24 mois.



Plus le nombre d’antibiotiques administrés est important, plus le risque d’obésité infantile est élevé

À la suite de l’étude, l’équipe a constaté que le nombre d’antibiotiques administrés, la durée de l’utilisation, mais aussi l’âge d’administration initial affectent l’obésité infantile. Les chercheurs sud-coréens estiment que l’utilisation d’antibiotiques avant 24 mois est associée à l’obésité à partir de 30-36 mois.
Dans les faits, sur les 31 733 enfants de l’étude, 31 457 (99,1 %) ont utilisé des antibiotiques et 2 843 (9%) étaient obèses une fois arrivés à l’âge de 30-36 mois.
Les chercheurs ont aussi découvert que plus le nombre d’antibiotiques administrés est important, plus le risque d’obésité infantile est élevé. En revanche, la probabilité d’obésité était environ 42% plus élevée chez les enfants recevant cinq antibiotiques ou plus, que les nourrissons qui n’ont reçu qu’une seule formulation antibiotique.
Par ailleurs, les auteurs de l’étude soulignent « que le moment de la première administration d’antibiotiques est important. Les enfants ayant une initiation plus précoce d’antibiotiques ont un risque plus élevé d’obésité. Quant aux enfants ayant plus de six mois d’exposition aux antibiotiques, ils courent un risque plus élevé d’obésité que ceux ayant une exposition se situant entre un à trente jours ».



Une découverte dans le microbiote intestinal

« Le nombre d’antibiotiques, la durée d’utilisation et l’administration initiale des antibiotiques ont tous montré une relation dose-dépendante avec l’obésité infantile », a déclaré l’équipe qui explique avoir découvert « cette cause dans le microbiote intestinal. »
Les chercheurs ont en effet constaté que « le microbiote intestinal présent dans l’intestin est endommagé par les antibiotiques, et cela induit l’obésité », ont-ils ajouté.
Dans la revue Metabolism : Clinical and Experimental qui a publié l’étude, le professeur Park Sang-min estime que « les hôpitaux devraient tenir compte avec soin des avantages et des risques de l’utilisation des antibiotiques afin d’éviter les prescriptions aveugles ». D’autant que, quelques années plu tard, l’obésité infantile peut entraîner une hypertension artérielle, du diabète, une hyperlipidémie, ainsi que le syndrome métabolique. « En outre, poursuit-il, comme un nourrisson obèse sur trois maintient une forme de corps obèse, même après être devenu adulte, il y a un besoin de soins spéciaux. » Ce qui, en terme de suivi sanitaire, impose des contraintes fortes pour les patients et coûteuses pour l’économie de la santé.


Philippe PALAT


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