A la suite d’une augmentation des prescriptions des traitements Plaquenil® (hydroxychloroquine) et Kaletra® (lopinavir/ritonavir), l’ANSM alerte sur le danger que peuvent représenter ces médicaments pris en automédication. Elle enjoint les pharmaciens d’officine à ne délivrer ces médicaments que sur prescription médicale dans leurs indications habituelles, « ceci afin de sécuriser leur accès aux patients qui en bénéficient pour leur traitement chronique ».

A la suite d’une augmentation des prescriptions des traitements Plaquenil® (hydroxychloroquine) et Kaletra® (lopinavir/ritonavir), l’ANSM alerte sur le danger que peuvent représenter ces médicaments pris en automédication. Elle enjoint les pharmaciens d’officine à ne délivrer ces médicaments que sur prescription médicale dans leurs indications habituelles, « ceci afin de sécuriser leur accès aux patients qui en bénéficient pour leur traitement chronique ».

Face à l’emballement médiatique autour de l’hydroxychloroquine, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), monte au créneau. Dans deux communiqués publiés en début de semaine, elle rappelle que l’utilisation du Plaquenil (hydroxychloroquine) ou du Kaletra et de son générique (lopinavir/ritonavir) pour la prise en charge des patients atteints de Covid-19 doit se faire prioritairement dans le cadre des essais cliniques en cours. Elle accompagne ses recommandations de l’avis du Haut conseil de santé publique (HCSP) du 24 mars 2020 qui indique que le recours à ces médicaments peut s’envisager à titre exceptionnel et uniquement dans le cadre d’une prescription et d’une dispensation aux patients hospitalisés. « En aucun cas ces médicaments ne doivent être utilisés ni en automédication, ni sur prescription d’un médecin de ville, ni en auto-prescription d’un médecin pour lui-même, pour le traitement du COVID-19 » précise avec fermeté l’ANSM.



Préserver les patents qui en ont besoin

Ces deux médicaments, considérés comme des pistes thérapeutiques, sont actuellement testés comme traitements potentiels du Covid-19 dans plusieurs essais cliniques. Mais, sur le terrain, l’ANSM constate qu’ils sont prescrits hors Autorisations de mise sur le marché (AMM) par des médecins confrontés à une épidémie d’une ampleur et d’une gravité inédite. « Le récent engouement, parfois irrationnel autour de certaines molécules comme l’hydroxycholoroquine ou une association antirétrovirale ne doit pas empêcher les patients actuellement traités par ces médicaments, qui en ont besoin, et pour lesquels ils sont indispensables, d’accéder à leur traitement », rappelle pour sa part le Directeur général de santé, le professeur Jérôme Salomon.



Honorer les prescriptions initiales

Pour l’ANSM, il est important d’honorer uniquement les prescriptions initiales émanant des rhumatologues, internistes, dermatologues, néphrologues, neurologues et pédiatres, ainsi que les renouvellements d’ordonnance émanant de tout médecin. Et de rappeler qu’il convient prioritairement de « sécuriser l’accès à ces médicaments aux patients qui en bénéficient pour leur traitement chronique. Il convient de respecter les mêmes modalités de prescription et de dispensation pour les préparations magistrales contenant cette substance active », poursuit l’ANSM.
Par ailleurs, afin de faciliter l’accès à ces médicaments, l’ANSM a demandé aux laboratoires Sanofi Aventis, Abbvie et Mylan de livrer dès que possible et en quantités suffisantes, les grossistes-répartiteurs et les pharmacies en Plaquenil, Kaletra et son générique. « Nous appelons à la responsabilité de chaque acteur de la chaîne de soins afin de garantir l’approvisionnement des traitements permettant la prise en charge des patients qui en ont ou en auront besoin », conclut l’ANSM.

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