Présidente de l’association Hope Swimming, cette spécialiste de la natation artistique a arrêté la compétition à la suite d’un dérèglement hormonal. Aujourd’hui, elle consacre son temps à entraîner des enfants atteints de maladie mentale. Et brandit, avec fierté et détermination, le drapeau la Ligue contre l’obésité.

Présidente de l’association Hope Swimming, cette spécialiste de la natation artistique a arrêté la compétition à la suite d’un dérèglement hormonal. Aujourd’hui, elle consacre son temps à entraîner des enfants atteints de maladie mentale. Et brandit, avec fierté et détermination, le drapeau la Ligue contre l’obésité.

Sacrée personnalité Marlène Quilici ! Et sacré parcours. Féminine, dynamique, sportive, passionnée, battante, créative… Mi-Parisienne mi-Corse, cette ancienne championne de natation synchronisée avance dans la vie avec sourire et enthousiasme. Un pied dans les bassins, un pied dans les projets. Pourtant sa vie de sportive de haut niveau s’est arrêtée prématurément. Elle, qui est tombée dans le grand bain à l’âge de 6 ans, s’est entraînée non-stop jusqu’à l’âge adulte. Un sacrifice quotidien de six heures par jour dont Marlène ne veut garder que les bons souvenirs.
Elève de sports-études à Aix-en-Provence, Marlène a participé à différentes compétitions internationales. Mais à 19 ans, la jeune sportive est contrainte de stopper sa carrière à la suite d’un dérèglement hormonal. « Je prenais du poids, je ne me sentais pas bien avec mon corps, ma pilosité se développait. J’ai passé des examens dans le service d’endocrinologie de l’hôpital Saint-Antoine à Paris et autour de 2002/2003 j’ai pris la décision d’arrêter les entraînements et la compétition », explique-t-elle.


Un diplôme d’entraîneur en 2005

N’empêche, cet échec n’est pas de nature à éloigner Marlène Quilici de la ligne d’eau. Au contraire. A partir de ce moment, elle nourrit l’espoir de coacher les nageurs à son tour. « J’ai passé le diplôme d’entraîneur avec une double cas qu’elle, celle de la natation synchronisée et celle de la natation course en 2005 », raconte cette passionnée de tous les sports.
Parallèlement, elle tente et réussit l’école d’assistante d’avocat. Première de sa promotion aux tests écrits, elle ne parvient pas à trouver de stage professionnel. « Ce ne sont pas vos qualités qui sont en cause, mais c’est votre physique qui pose problème… » lui fait-on savoir.
Marlène décide donc de passer par la voie de la fonction publique. En juin 2005, elle passe le concours de catégorie C, l’obtient et intègre divers services de l’administration à Paris jusqu’en 2013, date à laquelle elle est contrainte de se mettre en retrait pour cause de discrimination.


La révélation au Brésil

Un an plus tard, c’est la révélation… au Brésil ! A la faveur d’un voyage pour retrouver une amie nageuse brésilienne, elle découvre vingt filles appartenant à l’équipe nationale de natation synchronisée de sport adaptée. Le choc est d’autant plus fort que ces jeunes nageuses, toutes âgés de 13 à 20 ans, souffrent de trisomie. Malgré la barrière de la langue, les émotions fusent et les relations se nouent. « Pendant quatre semaines, je les ai entraînées au club de Flamengo à Rio. A mon retour, je me suis demandé pourquoi une telle structure n’existait pas en France », raconte Marlène, l’œil toujours aussi pétillant. Ni une ni deux, elle décide de créer l’association Hope Swimming.
Un projet d’autant plus réaliste qu’elle connaît Giorgio Minisini, un nageur de natation synchronisée, médaillé d’or en duo mixte lors des championnats du monde de 2017. Sensible à la cause du sport adapté depuis qu’il nage avec une jeune trisomique dans des compétitions internationales, le champion italien encourage Marlène à aller au bout de ses rêves. « Du coup, je me suis directement adressée à la ministre des Sports Roxana Maracineanu pour lui faire part de mon projet », explique Marlène. Ça tombe bien, la ministre connaît bien la natation : c’est la première nageuse française à avoir été sacrée championne du monde en 1998 à l’issue d’un 200 mètres dos d’anthologie. Il n’en faut pas plus pour que Marlène Quilici soit reçue au ministère et détaille son idée qui s’adresse aux jeunes atteints de trisomie, d’autisme et de déficiences mentales. Banco, lui répond la ministre !


Une soixantaine de membres et des soutiens prestigieux

Depuis, Marlène se démène entre Covid-19, confinement, recherche de subventions, de bassins et créneaux de piscine pour faire vivre son projet. Plusieurs villes lui ont fait savoir leur intérêt pour son initiative, comme Bussy-Saint-Georges en Seine-et-Marne, Nice, Monaco et Fréjus, en bordure de la Méditerranée, et Le Havre sur les bords de la Manche.
Affiliée à la Fédération française de sport adapté, soutenue par l’Insep, le ministère des Sports et la Fédération française de natation, l’association Hope Swimming, premier club de France de natation artistique sport adapté, s’est donnée pour objectif l’inclusion autour du handicap et de l’insertion. « A Hope, nous avons trois sections : natation artistique et natation artistique sport adapté, surpoids et obésité, et le cancer, poursuit la fondatrice de l’association. Nous sommes en lien avec des hôpitaux et des institutions spécialisées afin de permettre à ces enfants porteurs de handicap de pratiquer une activité physique dans un milieu aquatique à la fois ludique et rassurant ».
Aujourd’hui, Hope Swimming compte une soixantaine de membres et de prestigieux parrains et marraines comme Eva Colas, Miss Corse et 1ère Dauphine de Miss France 2018, Madeleine Malonga, championne du monde et double championne d’Europe de judo, et Trésor Makunda, le sprinteur malvoyant franco-congolais multi-médaillé. Sans parler du regretté Alexis Vastine, boxeur médaillé de bronze aux JO de Pékin en 2008, membre d’honneur de Hope Swimming tragiquement décédé en 2015 dans un crash d’hélicoptère en Argentine durant le tournage d’une émission d’aventure.


« L’obésité n’est ni choix ni une faute »

Ambassadrice de la Ligue contre l’obésité depuis plusieurs mois, Marlène Quilici s’active sans relâche sur le terrain humanitaire. Mais pas que… Après plusieurs années de combat contre l’obésité, une opération de chirurgie bariatrique réussie et deux ans à affronter l’anorexie, l’ancienne nageuse de haut niveau s’implique fortement dans la lutte contre la grossophobie. « J’ai été moi-même victime de cette discrimination. Quand j’étais plus jeune, je ne répondais pas, je ne me défendais pas. Aujourd’hui, pas question de me laisser faire. La grossophobie est un véritable fléau qu’il faut combattre tous ensemble quotidiennement, affirme-t-elle. L’obésité n’est ni choix ni une faute ».
Une formule cash en lien avec l’état d’esprit de la Ligue contre l’obésité qui, dans le cadre de la Journée mondiale contre l’obésité du 4 mars prochain, va multiplier les événements sur le territoire français pour qu’enfin change le regard sur la maladie. Et une fois encore, Marlène Quilici sera aux avants-postes.
Lors du Live du samedi 6 mars (1) organisé par la Ligue contre l’obésité, l’ancienne championne de natation plongera dans sa cuisine à partir de 19 h, avec sa complice Mélissa Acosta, pour animer en direct un atelier culinaire. Au menu : comment préparer un repas sain, équilibré et gourmand avec des produits de qualité. A déguster au bord de la piscine, ou pas.


Philippe PALAT

(1) Pour en savoir plus sur le Live du samedi 6 mars : cliquez ici