Depuis le début de la crise du Covid-19, les personnes qui souffrent d’obésité font partie des populations à risque de forme sévère de la maladie. Après avoir confirmé ce lien, des chercheurs de Lyon réalisent une étude qui vise à expliquer la surreprésentation de ces patients dans les services de réanimation et à étudier les moyens de prévenir ces formes graves. Ils misent sur le NIVolumab qui a la capacité de renforcer le système immunitaire des patients.

Depuis le début de la crise du Covid-19, les personnes qui souffrent d’obésité font partie des populations à risque de forme sévère de la maladie. Après avoir confirmé ce lien, des chercheurs de Lyon réalisent une étude qui vise à expliquer la surreprésentation de ces patients dans les services de réanimation et à étudier les moyens de prévenir ces formes graves. Ils misent sur le NIVolumab qui a la capacité de renforcer le système immunitaire des patients.

La recherche française se penche sur le lien entre obésité et coronavirus. Une première en Europe au niveau d’une étude thérapeutique pour tenter de comprendre pourquoi l’obésité, considérée comme une facteur d’aggravation de l’infection au Covid-19, a conduit bon nombre de patients atteints par le virus jusqu’en réanimation. Et parfois même jusqu’au décès.
Au cours de la crise sanitaire, si des recommandations spécifiques ont été élaborées à destination des patients souffrant d’obésité et des professionnels de santé, il aura fallu attendre les résultats de plusieurs études menées en Grande-Bretagne, en Chine, aux Etats-Unis, et enfin en France, pour confirmer ce lien entre obésité et Covid-19.
Après l’étude conduite à Lille début avril sur 124 patients (cliquez ici), puis celle dirigée par les Hospices civils de Lyon en collaboration avec le CHU de Lille (cliquez ici), l’obésité est apparue comme un facteur de risque à part entière, indépendamment d’autre comorbidités telles que le diabète, le cancer, des problèmes cardio-vasculaires.



Obésité = système immunitaire défectueux

Afin de poursuivre les recherches, le docteur Cyrielle Caussy et le professeur Emmanuel Disse, chef de service d’Endocrinologie Diabète et Nutrition du CHU de Lyon, viennent d’obtenir d’un financement de plus de 500 000 € dans le cadre de l’appel à projet du ministère de la Santé DGOS-Reacting INSERM. Il s’agit de la première étude thérapeutique européenne dédiée à la patientèle obèse.
Le projet vise à expliquer la surreprésentation des patients atteints d’obésité dans les services de réanimation et à étudier les moyens de prévenir ces formes graves. Elle s’appuie sur l’hypothèse que les personnes avec obésité ont un système immunitaire défectueux, qui vieillit prématurément.
Dans la communication faite autour de l’annonce de cette étude, on peut lire qu’ « à l’instar de la grippe, le Covid-19 a, dans son mécanisme de propagation, la capacité de bloquer la réponse lymphocytaire du système immunitaire, et ce particulièrement chez les sujets de plus de 70 ans et les personnes avec obésité qui ont déjà une réponse lymphocytaire altérée ».



120 patients vont être traités au NIVolumab

Baptisée « Nivisco », cette étude française propose d’analyser l’efficacité et la sécurité d’un traitement par NIVolumab en Immuno-Stimulation chez les sujets adultes obèses hospitalisés à risque d’évolution sévère du Covid-19.
Bien connu en cancérologie pour sa capacité à traiter efficacement les mélanomes et cancers du poumon, le NIVolumab a la capacité de stimuler la réponse lymphocytaire pour rendre le système immunitaire des malades plus actif. « Cela pourrait être bénéfique pour les patients Covid-19 ayant un système immunitaire fragile, dans la phase précoce de la maladie, c’est-à-dire au cours des dix premiers jours ».
Dans le cadre de cette étude, 120 patients vont être traités au NIVolumab et 60 patients vont bénéficier des soins habituels des patients Covid-19 afin de comparer les résultats.



Un médicament coûteux mais moins cher que le coût de la réanimation

Six centres dédiées à l’obésité du réseau Force dans les villes de Lyon, Nantes, Rennes, Poitiers et Orléans vont débuter prochainement cet essai thérapeutique, le premier en Europe à avoir recours à ce médicament. « Bien que coûteux, le NIVolumab offre l’espoir d’éviter à certains patients la réanimation, qui représente en comparaison un coût encore plus conséquent. Qui plus est, ce traitement est très bien toléré et engendre peu d’effets secondaires », souligne le communiqué.
Si cet essai est concluant pour les sujets avec obésité, il pourra être envisagé de le proposer à d’autres patients immunodéprimés tels que les personnes âgées.

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