À l’heure actuelle, seules quatre provinces priorisent les personnes souffrant d’obésité pour le vaccin contre le coronavirus. Ximena Ramos Salas, directrice de la recherche de l’association canadienne de défense des patients souffrant d’obésité réclame l’élargissement de la vaccination au pays tout entier, ainsi qu’une meilleure politique d’éducation concernant la maladie chronique de l’obésité.

À l’heure actuelle, seules quatre provinces priorisent les personnes souffrant d’obésité pour le vaccin contre le coronavirus. Ximena Ramos Salas, directrice de la recherche de l’association canadienne de défense des patients souffrant d’obésité réclame l’élargissement de la vaccination au pays tout entier, ainsi qu’une meilleure politique d’éducation concernant la maladie chronique de l’obésité.

Obesity Canada, organisme de bienfaisance national sur l’obésité, souhaite qu’un plus grand nombre de provinces priorisent les personnes atteintes de la maladie chronique pour le vaccin Covid-19. « Nous estimons que tous les Canadiens devraient être protégés contre ce virus, a déclaré Ximena Ramos Salas, directrice de la recherche et des politiques d’Obésité Canada. Toutefois, d’un point de vue fondé sur des données probantes, nous avons constaté que les personnes atteintes de maladies chroniques, y compris les personnes vivant avec l’obésité, qui est une maladie chronique en soi, constitue un facteur de risque de développer une forme grave de la Covid-19 ». Et Obésité Canada d’estimer qu’il est « très important de prioriser les personnes les plus à risque, y compris les personnes qui vivent avec l’obésité. » D’autant que, comme toutes les études internationales l’ont démontrées, les personnes qui vivent avec l’obésité ont un risque plus élevé d’hospitalisation et de mortalité.



« 8,4 millions de Canadiens sont atteints d’obésité »

Malgré tout, face à cette dramatique situation, seulement quatre provinces canadiennes priorisent à la vaccination, à ce jour, les personnes atteintes d’obésité : l’Ontario, le Manitoba, l’Alberta et, depuis quelques jours, le Québec. « C’est effrayant, parce que nous parlons de 8,4 millions de Canadiens qui sont atteints d’obésité et ils représentent une grande partie de notre population, a déclaré Ximena Ramos Salas lors d’une émission sur la radio News 95.7. Si ces personnes ne se sentent pas respectées ou n’ont pas l’impression d’appartenir à notre collectivité, et qu’elles n’ont pas les mêmes droits que tous les autres Canadiens, alors cela influe sur leur comportement et leurs résultats pour la santé. »



Augmentation de la prévalence de l’obésité, augmentation des attitudes négatives

En mars dernier, Ximena Ramos Salas avait déjà écrit un billet sur le site Obésité Canada afin de demander plus d’éducation sur l’obésité. Elle avait également expliqué les raisons pour lesquelles les personnes atteintes de la maladie chronique doivent être priorisées dans le cadre de la campagne de vaccination anti-Covid-19. « Malheureusement, en raison du manque de compréhension de l’obésité en tant que maladie chronique dans le système de santé et dans le public, nous avons constaté une réaction négative contre les personnes obèses parce qu’on leur a donné la priorité pour la vaccination de la Covid-19 (…) Ce manque de compréhension de l’obésité est lié en partie au fait que le poids corporel soit assimilé à la responsabilité individuelle et à la stigmatisation omniprésente qui existe dans notre société. »
Au Canada, aux Etats-Unis ou ailleurs dans le monde, les données publiées font apparaître une augmentation de la prévalence de l’obésité au niveau de la population, mais également une augmentation des attitudes négatives à l’égard des personnes vivant avec cette maladie.



« Le traitement de l’obésité devrait être axé sur l’amélioration de sa santé globale »

« Or nous savons que l’obésité est une maladie chronique très complexe, a déclaré cette porte-parole d’Obésité Canada. Il y a une variété de facteurs qui peuvent causer l’obésité, et pas seulement manger malsain et faire trop eu d’exercice comme la plupart des gens le croient. Nous devons donc changer cette croyance ». Une position qui rejoint celle de la Ligue contre l’obésité en France qui, depuis sa création, agit pour « changer le regard sur la maladie ».
A l’instar de nombreuses études réalisées par le milieu scientifique, le Canadienne Ximena Ramos Salas explique que l’obésité est « une maladie chronique qui est causée par plusieurs facteurs, y compris l’environnement, les gènes, la santé émotionnelle ou le manque de sommeil. En fait, le traitement de l’obésité devrait être axé sur l’amélioration de sa santé globale, pas seulement sur la perte de poids ».
Persuadé que l’obésité ne peut pas être diagnostiquée par l’indice de masse corporelle d’une seule personne, la représentante d’Obésité Canada estime que plus de données cliniques sont nécessaires pour déterminer comment le poids corporel d’une personne a un impact sur sa santé globale.



Philippe PALAT

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