Selon des chercheurs basés à Karlsruhe et Dallas, les cellules adipeuses produisent de grandes quantités d’une protéine que le Covid-19 utiliserait pour infiltrer les cellules humaines. « Une porte d’entrée » qui expliquerait pourquoi les personnes obèses peuvent être plus à risque de mourir du coronavirus.

Selon des chercheurs basés à Karlsruhe et Dallas, les cellules adipeuses produisent de grandes quantités d’une protéine que le Covid-19 utiliserait pour infiltrer les cellules humaines. « Une porte d’entrée » qui expliquerait pourquoi les personnes obèses peuvent être plus à risque de mourir du coronavirus.

Une protéïne servirait-elle de véhicule mortel au coronavirus ? C’est l’hypothèse très sérieuse que des chercheurs allemand et américain émettent dans un article publié en milieu de semaine dans la revue Obesity.
Selon ces scientifiques, si les personnes atteintes d’obésité ont plus de risque de souffrir durement du Covid-19, c’est probablement parce que leurs cellules graisseuses produisent de grandes quantités d’une protéine utilisée par l’infection pour infiltrer les cellules humaines.
Les inhibiteurs de cette protéine, connue sous le nom d’ACE-2 (enzyme de conversion de l’angiotensine 2) serviraient de « porte d’entrée » au virus. Il infiltrerait alors les cellules humaines et les infecterait.



Les graisses, « réservoir viral » ?

Pour expliquer leur découverte, les chercheurs précisent que, par le biais de sa surface hérissée, le coronavirus se verrouille et se réplique sur les récepteurs ACE-2, connus comme étant la « passerelle » vers les cellules à l’intérieur du corps.
Dans l’article publié par la revue Obesity, le docteur Ilja Kruglikov de Wellcomet GmbH en Allemagne, écrit que l’ACE-2 est « largement exprimé » dans les cellules adipeuses appelées adipocytes chez les personnes qui souffrent d’obésité et les diabétiques de type 2.
Les graisses pourraient donc « servir de réservoir viral », avertit le docteur Kruglikov et son collègue Philipp Scherer de l’Université du Texas Southwestern Medical Center à Dallas.



Le risque du diabète et de la fibrose pulmonaire

Selon les deux experts, les cellules adipeuses expriment les récepteurs ACE-2, ce qui pourrait expliquer pourquoi les personnes souffrant d’obésité ont plus de chances de souffrir d’une crise sévère de COVID-19.
L’ACE-2 est également exprimé dans les cellules graisseuses des personnes atteintes de diabète de type 2, un autre problème de santé à haut risque dû à l’obésité.
Les scientifiques, qui ont posé la théorie, ont également annoncé que les cellules graisseuses peuvent entraîner la production d’un type de cellule appelé myofibroblastes. Les myofibroblastes sont un moteur majeur de la maladie pulmonaire appelée « fibrose pulmonaire » qui réduit la fonction des organes et l’apport d’oxygène. Avec l’impact du Covid-19, les poumons auraient alors du mal à fournir suffisamment d’oxygène au reste du corps.



Controverse sur les médicaments

Face à cette annonce, certains chercheurs pensent que les médicaments contre le diabète pourraient être utilisés pour lutter contre l’infection. Les docteurs Kruglikov et Scherer ont suggéré que certains types de médicaments comme les thiazolidinediones (TZDs) pourraient être utilisés pour lutter contre le Covid-19. Ils estiment aussi que la perte de poids peut également avoir un avantage.
Cependant, certains experts ont laissé entendre que même si les médicaments TZDs pourraient être utiles, il n’y a aucune preuve qu’ils fonctionneront à ce stade.
Ian Hall, professeur de médecine moléculaire et directeur du Nottingham Biomedical Research Centre de l’Université de Nottingham, a déclaré au journal The Times que « le virus pénètre par les voies respiratoires, c’est donc le niveau d’expression d’ACE-2 dans les voies respiratoires qui est susceptible d’être le plus important aux premiers stades de l’infection ».
Et le professeur britannique de reconnaître que « l’un des défis que nous avons est qu’il existe de multiples suggestions de médicaments qui pourraient fonctionner pour lutter contre le Covid-19 en se fondant sur des hypothèses crédibles, mais il faut du temps pour les évaluer correctement. »

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