Les autorités sanitaires françaises (ANSM) et le Comité d'Ethique français (CPP) viennent de donner à l’entreprise biotechnologique Abivax, basée à Montpellier et à Paris, l’autorisation de lancer une étude clinique avec ABX464 pour lutter contre le Covid-19. Cette molécule offrirait un triple effet : anti-viral, anti-inflammatoire et permettant la réparation tissulaire.

Les autorités sanitaires françaises (ANSM) et le Comité d’Ethique français (CPP) viennent de donner à l’entreprise biotechnologique Abivax, basée à Montpellier et à Paris, l’autorisation de lancer une étude clinique avec ABX464 pour lutter contre le Covid-19. Cette molécule offrirait un triple effet : anti-viral, anti-inflammatoire et permettant la réparation tissulaire.

La recherche d’un médicament pour contrer le Covid-19 prend-t-elle un virage décisif ? L’entreprise biotechnologique Abivax, dont le centre de recherche est basé à Montpelllier et le siège social à Paris, a décroché, jeudi 14 mai, l’autorisation de lancer un essai avancé pour son traitement ABX464 dans la lutte contre le Covid-19. Dans l’arsenal actuel anti-coronavirus, cette molécule serait actuellement la seule en développement au monde présentant un triple effet bénéfique. Il serait à la fois anti-viral, anti-inflammatoire et permettrait la réparation des tissus cellulaires.
Petite molécule initialement développée dans d’autres maladies inflammatoires, ABX464 s’administre sous forme de gélule à prendre par voie orale. 1 034 patients âgés ou à risque élevé atteints du Covid-19 participeront à cet essai de grande ampleur à travers une cinquantaine de centres d’investigations en France et dans plusieurs pays d’Europe comme la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. Objectif : tenter de prévenir l’inflammation sévère qui mène au syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA).
Les patients seront traités pendant 28 jours, avec un suivi pendant un mois supplémentaire.



« Freiner l’orage cytokinique et l’hyper-inflammation »

L’essai, qui doit démarrer d’ici fin mai, pourrait donner des résultats vers novembre.« L’objectif du traitement est de traiter le plus tôt possible pour freiner l’orage cytokinique et l’hyper-inflammation avant des dégâts irréparables, explique Philippe Pouletty, président du conseil d’administration de la société Abivax. Les patients inclus dans l’étude ne seront que des malades à haut risque, hospitalisés ou non, de plus de 65 ans, ainsi que des patients à risques en raison de facteurs de comorbidité comme le diabète, l’hypertension artérielle, des antécédents cardiaques, ou souffrant d’obésité ».
Et le patron d’Abivax de préciser la démarche scientifique : « Si vous arrivez à un stade déjà avancé avec une inflammation massive des poumons, de la détresse respiratoire voire avec des patients intubés, très souvent il est trop tard pour que le médicament potentiel puisse faire effet.»



Fournir les marchés début 2021

En cas de succès de cette phase, Abivax pourrait alors soumettre un dossier d’enregistrement selon une procédure d’urgence. Ce dispositif permettrait à l’entreprise en biotechnologie d’enclencher une montée en puissance industrielle pour fournir les marchés français et européens à l’horizon début 2021.
Selon Philippe Pouletty, président du conseil d’administration de la société Abivax, « le processus industriel est déjà établi et nous avons déjà un stock pour traiter 50 000 patients. Il faudrait compter six moispour disposer d’un stock pour un million de patients ».



Des tests in vitro à Lyon

Dans son communiqué, Abivax rappelle que ABX464 est déjà utilisé dans le cadre d’autres maladies inflammatoires, comme la rectocolite hémorragique ou la polyarthrite rhumatoïde, mais aussi dans des maladies virales comme le VIH. Le positionnement contre le Covid-19 provient des résultats les plus avancés obtenus dans l’essai contre la rectocolite hémorragique, lesquels permettent d’envisager « un effet puissant d’ABX464 pour traiter l’orage cytokinique et le syndrome d’hyper-inflammation », affirme Abivax.
Par ailleurs, des tests in vitro au Centre international de recherche en infectiologie à Lyon (Rhône) sur « un tissu respiratoire humain ont pu montrer que l’ABX464 inhibait la réplication du virus », selon Philippe Pouletty. Qui précise toutefois que « cela ne signifie pas que la partie est gagnée. Il faut être prudent, les choses vont vite chez les malades ».

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