Aux États-Unis, les experts des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies explorent ce qui peut exactement envoyer des milliers de patients atteints par le COVID-19 dans les unités de soins intensifs. Un chirurgien bariatrique de l’Ohio évoque l’obésité sévère comme « une prédisposition à une forme plus grave de la maladie ». Mais les données solides manquent encore.

Aux États-Unis, les experts des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies explorent ce qui peut exactement envoyer des milliers de patients atteints par le Covid-19 dans les unités de soins intensifs. Un chirurgien bariatrique de l’Ohio évoque l’obésité sévère comme « une prédisposition à une forme plus grave de la maladie ». Mais les données solides manquent encore.

La question de l’obésité comme risque d’aggravation en cas de contamination par le virus COVID-19 agite le monde médical et scientifique. Pour tenter d’y voir clair en terme de statistiques, les Centers for Disease Control and Prevention (1) ont publié, jeudi 2 avril, un rapport dans lesquels les chercheurs concluent que les Américains atteints de diabète, de maladies pulmonaires chroniques et de maladies cardiovasculaires – autant de maladies liées à l’obésité – risquent plus de souffrir d’une infection grave due au Covid-19.
L’étude a analysé plus de 7 000 cas de coronavirus du 12 février au 28 mars. Sur les 457 personnes admises aux soins intensifs au cours de cette période, 358 patients (78%) ont déclaré avoir un ou plusieurs problèmes de santé sous-jacents. Près de 11% des personnes admises en soins intensifs ont énuméré le diabète, suivie de 9,2% qui ont signalé une maladie pulmonaire chronique et 9% ont reconnu des maladies cardiovasculaires.



« Moins de réserve physiologique »

Chirurgien bariatrique à l’Ohio State University Wexner Medical Center et ancien président de l’American Society for Metabolic and Bariatric Surgery, Stacy Brethauer a commenté ce rapport et reconnaît que la situation actuelle est préoccupante, non seulement pour le grand public, mais aussi pour les professionnels de la santé. « En général, les patients souffrant d’obésité sévère sont une population plus difficile à gérer dans le cadre des soins intensifs. Pour de multiples raisons liées à leur état de maladie chronique, ils possèdent moins de réserve physiologique s’ils développent une maladie grave, en particulier une infection respiratoire comme Covid-19 », a expliqué le médecin interviewé par le site Yahoo Lifestyle.



« Les maladies associées peuvent générer des complications »

Interrogé sur l’obésité comme facteur dans la gravité des infections Covid-19, le docteur Stacy Brethauer précise que « les patients atteints de la maladie de l’obésité ont souvent d’autres pathologies liées à leur état de santé. Bien qu’il soit trop tôt dans cette pandémie pour avoir des données solides pour appuyer ce constat, il est logique de penser que de nombreux patients souffrant d’obésité, en particulier l’obésité sévère avec un indice de masse corporelle (IMC) de plus de 40 kg/m2, pourraient les prédisposer à une forme plus grave de la maladie avec Covid-19. »
Et le médecin américain d’évoquer des maladies associées qui peuvent générer des complications pour les patients souffrant d’obésité. « Par exemple, la fonction respiratoire chez les patients souffrant d’obésité peut être compromise par l’asthme, par une maladie pulmonaire restrictive ou une apnée obstructive du sommeil. La maladie cardiovasculaire est très répandue chez les patients souffrant d’obésité et cela peut signifier que ces patients auront moins de réserves physiologiques si des complications cardiaques de Covid-19 se développent ».



Une liste classique de maladies chroniques

Dans l’interview, le docteur Stacy Brethauer indique qu’il n’a pas vu de « données identifiant l’obésité comme un facteur de risque indépendant ou prédicteur pour l’hospitalisation ou la mortalité avec le Covid-19 », tout en précisant « qu’il va de soi que le risque existe car la majorité des patients souffrant d’obésité ont au moins une comorbidité liée à l’obésité, comme par exemple le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires, considérés comme les pathologies les plus courantes ».

Dans le rapport publié par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, d’autres affections sont signalées. Parmi elles : l’hypertension, l’hyperlipidémie, les maladies rénales chroniques, le cancer ou des antécédents de cancer, et la polyarthrite non rhumatoïde en plus du diabète, des maladies pulmonaires et des maladies cardiaques. « Cette liste de maladies chroniques décrit la gamme de maladies que nous voyons tous les jours chez nos patients qui cherchent un traitement contre l’obésité », reconnaît le docteur Brethauer.

(1) Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) forment ensemble la principale agence fédérale des États-Unis en matière de protection de la santé publique.

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