Selon une étude américaine menée auprès de 7 200 patients, une perte de poids de 5 à 10% pourrait augmenter l’espérance de vie des personnes souffrant d'obésité et de diabète. Ce constat serait notamment valable lorsque la perte de poids fait suite à une opération de chirurgie bariatrique.

Selon une étude américaine menée auprès de 7 200 patients, une perte de poids de 5 à 10% pourrait augmenter l’espérance de vie des personnes souffrant d’obésité et de diabète. Ce constat serait notamment valable lorsque la perte de poids fait suite à une opération de chirurgie bariatrique.

La perte de poids comme gain de vie ? Assurément. Faut-il encore le prouver. Bien que l’obésité soit un facteur de risque établi de morbidité et de mortalité, la quantité minimale de perte de poids pour avoir un impact significatif sur la santé et la survie cardiovasculaire était jusqu’ici inconnue. Et les données existantes jusqu’ici restaient plutôt floues.
Des chercheurs de la clinique de Cleveland aux Etats-Unis viennent de réussir à « chiffrer » la solution à travers une étude observationelle prometteuse.
Pour parvenir à ces conclusions, les praticiens ont réalisé une analyse précise sur quelque 7 200 patients : 1 223 atteints de diabète de type 2 et d’obésité ont subi une intervention chirurgicale pour perdre du poids. 5 978 autres patients souffraient des mêmes pathologies mais n’avaient pas été opérés.
Environ 80% des patients souffraient d’hypertension,74% de dyslipidémie (taux de triglycérides et de cholestérol élevés) et 31% prenaient de l’insuline pour traiter leur diabète.
Les effets de la perte de poids ont ensuite été étudiés. L’objectif était de comprendre comment réduire le risque de décès et les événements cardiovasculaires indésirables (AVC, infarctus, insuffisance cardiaque, maladie rénale, etc). Or, les conclusions de ces travaux se sont avérés prometteurs.



Le groupe des non-opérés plus exposés

Grâce à des outils statistiques, l’équipe de recherche a identifié la perte de poids minimum permettant de réduire le risque de décès et de troubles cardiovasculaires. D’après eux, perdre 5 à 10% de son poids est associé à une amélioration de la espérance de vie et une meilleure santé cardiovasculaire.
Selon les conclusions des chercheurs qui ont publié leurs résultats dans Annals of surgery, la perte de poids par voie chirurgicale est plus efficace pour diminuer les risques associés à ces pathologies.
« Après une chirurgie métabolique, le risque de décès et de complications cardiaques majeures diminue après une perte de poids de 5% et de 10%, explique Ali Aminian, auteur principal de l’étude. En revanche, dans le groupe n’ayant pas subi de chirurgie, le risque de décès et de complications cardiaques majeures ne diminuaient qu’à partir de 20% de perte de poids. »
D’après l’étude, les effets sur la santé de la chirurgie sont importants et pas uniquement liés à la perte de poids. Les chercheurs vont continuer à explorer les effets physiologiques de la perte de poids par chirurgie notamment sur le système gastro-intestinal, mais aussi sur la sécrétion d’hormones et le microbiome.



Vingt fois plus d’opérations bariatriques en vingt ans

Tous les experts le disent : la chirurgie de l’obésité est recommandée dans les cas extrêmes et lorsque les autres solutions n’ont pas fonctionné. De plus, elle doit obéir à un cadre strict (cliquez ici).
Actuellement, plusieurs techniques existent : la pose d’un anneau gastrique, l’ablation partielle de l’estomac (sleeve) ou la dérivation du tube digestif, appelée Bypass.
Ces dernières années, le nombre d’opérations a fortement augmenté. Vingt fois plus en vingt ans !
En 1997, on comptait moins de 3 000 interventions chirurgicales. En 2016, la Direction de la recherche, des études de l’évaluation et des statistiques chiffraient 59 300 opérations en 2016. Parmi elles, les femmes représentent 80% des personnes opérées. La majeure partie des patients a entre 25 et 54 ans, mais depuis plusieurs années, les adolescents sont de plus en plus nombreux à se faire opérer comme les personnes âgées.

Pour en savoir plus : cliquez ici et ici