A travers l’héritabilité de 17 traits liés à l’obésité et les affections associées, une étude menée auprès de 19 000 personnes a établi une vue d’ensemble des attributs génétiques de la population japonaise. S’ils estiment que l’héritabilité des traits liés à l’obésité est similaire entre les Européens et les Japonais, ils démontrent que la façon dont ces traits sont liés peuvent être différents.

A travers l’héritabilité de 17 traits liés à l’obésité et les affections associées, une étude menée auprès de 19 000 personnes a établi une vue d’ensemble des attributs génétiques de la population japonaise. S’ils estiment que l’héritabilité des traits liés à l’obésité est similaire entre les Européens et les Japonais, ils démontrent que la façon dont ces traits sont liés peuvent être différents.

Même s’il existe des disparités entre les populations humaines, les études sur la génétique de l’obésité se concentrent en grande partie sur les populations d’origine européenne. Conséquence : le monde scientifique est confronté à une pénurie de données génétiques sur les populations non européennes.
Des recherches antérieures ont, par exemple, suggéré que les hommes japonais ont tendance à avoir plus de graisse dans leur foie que les hommes blancs non hispaniques aux États-Unis. Et ce, alors même qu’ils ont un indice de masse corporelle inférieur (IMC). Un fait, sans doute lié aux différences culturelles entre les diverses populations, mais qui limite la généralisation de la recherche.



Sexe, âge, IMC et marqueurs moléculaires dans le sang et l’urine

C’est pour tenter de remédier à ce déséquilibre entre les données que des chercheurs japonais ont examiné un échantillon représentatif de 18 889 personnes participant à la cohorte du projet de Mégabanque médicale Tohoku.
Dans cette étude, des chercheurs japonais ont calculé l’héritabilité de 17 traits associés à l’obésité (1). A commencer par l’Indice de masse corporelle (IMC), la circonférence de la taille et les niveaux de marqueurs moléculaires dans le sang et l’urine.
Deux tiers des personnes analysées étaient des femme et l’âge moyen des participants était de 54,3 ans pour les femmes et de 60,9 ans pour les hommes.
« Les estimations d’héritabilité calculées pour la population japonaise étaient en grande partie comparables à celles des recherches antérieures menées auprès de populations d’origine européenne », écrivent les chercheurs. Par exemple, le niveau d’héritabilité estimé pour l’IMC dans cette étude japonaise est similaire aux résultats précédents chez les Blancs en Grande-Bretagne. « Cela implique que, malgré les différences génétiques et environnementales qui existent entre les populations européennes et japonaises, la contribution globale des variantes génétiques communes et la variation du phénotype entre ces groupes est comparable », ajoutent les chercheurs.



Une corrélation spécifique aux Japonais

Les experts japonais ont constaté qu’il existait de nombreuses corrélations génétiques entre les 17 traits analysés. Ils ont remarqué, en particulier, que les marqueurs de graisse corporelle (IMC et circonférence de la taille) sont fortement corrélés avec les marqueurs d’urine. Ces corrélations étaient généralement plus fortes que les corrélations observées dans les études précédentes sur les personnes d’origine européenne.
Selon les chercheurs, l’obésité distincte, la maladie rénale et les risques cardio-vasculaires entre les individus japonais et les personnes d’Europe occidentale peuvent indiquer que la corrélation forte nouvellement trouvée entre les traits urinaires et l’obésité est spécifique aux Japonais.
Étant donné que cette étude s’est concentrée spécifiquement sur la population japonaise, les chercheurs ont déclaré que « les résultats ne sont probablement pas généralisables à d’autres populations ».
Cependant, les chercheurs japonais estiment que leurs conclusions aideront à servir de point de comparaison pour les études futures. « Notre étude montre également que les estimations d’héritabilité de ces traits sont de magnitude similaire à celles des populations d’origine européenne, et suggère des différences potentielles en ce qui concerne les corrélations génétiques », explique les scientifiques nippons.


Philippe PALAT


(1) En utilisant des informations sur l’âge et le sexe des participants, les chercheurs ont analysé les phénotypes de 17 traits liés à l’obésité et les affections associées. Ces traits ont été choisis parce qu’ils représentent un large éventail de biomarqueurs, y compris les facteurs de risque : pression artérielle systolique, pression artérielle diastolique, triglycérides, cholestérol, hauteur, poids, IMC, WC, rapport taille-hauteur, créatinine d’urine, chlorure d’urine, potassium d’urine, cystatine C de sérum, créatinine de sérum, acide urique de sérum, azote d’urée de sang et hémoglobine.

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