Un vaste essai multicentrique international actuellement en cours devrait permettre de mieux comprendre la façon dont l’Indice de masse corporelle et l’obésité sont liés au risque accru de ventilation mécanique dans les cas d’infection au Covid-19. La France à la manœuvre sous l’impulsion du professeur lillois François Pattou.

Un vaste essai multicentrique international actuellement en cours devrait permettre de mieux comprendre la façon dont l’Indice de masse corporelle et l’obésité sont liés au risque accru de ventilation mécanique dans les cas d’infection au Covid-19. La France à la manœuvre sous l’impulsion du professeur lillois François Pattou.

Le monde médical est impatient. Une nouvelle étude devrait voir le jour dans les jours ou semaines qui viennent. Ce vaste essai multicentrique international devrait apporter des réponses précises sur la façon dont l’IMC (Indice de masse corporelle) et l’obésité sont liés au risque accru de ventilation mécanique dans le cas d’admission en soins intensifs pour cause d’infection au Covid-19.
Cette analyse menée par le professeur français François Pattou, chirurgien au CHU de Lille, étudie l’association entre l’IMC et les résultats de la pneumonie chez les patients gravement malades atteints de Covid-19 en utilisant des données médicales cliniques. « Nous espérons que cette étude aidera à mieux comprendre la nature, linéaire ou non linéaire, de l’association entre l’IMC et la gravité de la pneumonie Covid-19, avec un besoin de ventilation obligatoire intermittente, mais aussi l’impact de l’association en terme de mortalité », a déclaré le professeur Pattou à Medscape Medical News.



1 400 patients dans 21 centres en Europe, aux Etats-Unis et en Israël

Cet essai concentrique, qui n’utilise pas des données administratives mais bien des données médicales cliniques, a permis de recruter jusqu’à présent plus de 1 400 patients issus de 18 centres à travers l’Europe, deux centres aux États-Unis et un Israël.
Evoquée lors du récent Congrès européen et international sur l’obésité qui s’est tenue en ligne du 1er au 4 septembre, cette étude internationale pilotée par le chirurgien français cherche également à clarifier l’impact du sexe, l’impact de l’âge et les covariations métaboliques sur cette association entre augmentation de l’IMC et gravité de la pneumonie Covid-19.



124 patients étudiés à Lille en avril dernier

En avril dernier, une première étude française également menée par le CHU de Lille qui s’inscrivait dans le droit fil des constatations internationales, avait alerté les autorités sanitaires du pays sur le lien existant entre obésité et forme grave du Covid. Au point que le Haut conseil de santé publique (HSCP) avait décidé quelques jours plus tard d’abaisser à l’IMC>30 le risque grave de contracter l’infection au coronavirus.
Menée sur 124 patients âgés de 26 à 87 admis en réanimation pour une pneumonie confirmée Covid-19 entre le 27 février et le 5 avril 2020, cette étude a démontré que l’obésité (IMC >30) et l’obésité sévère (IMC >35) étaient présente dans, respectivement, 47,6% et 28,2 des cas (cliquez ici)



35% plus susceptibles d’être obésité

Dans son document de référence, le CHU de Lille indique que 85 patients sur les 124 (68,6%) ont nécessité une ventilation mécanique invasive. Comprendre : deux tiers de ces patients en surpoids ont été intubés pour faciliter la respiration des victimes du Covid-19. Et ce indépendamment de l’âge, du diabète, de l’hypertension.
Une constatation qui avait conduit le CHU de Lille à la conclusion suivante : « L’étude montre une fréquence élevée de l’obésité chez les patients admis en soins intensifs pour le SRAS-CoV-2. La gravité augmente avec l’IMC ». Et l’équipe lilloise de poursuivre : « L’obésité est un facteur de risque de gravité du SRAS-CoV-2 nécessitant une attention accrue aux mesures de prévention chez les personnes obèses ».
Cette analyse, dont les résultats ont été publiés dans The Lancet Diabetes & Endocrinology en juillet dernier, avait démontré que les patients admis en soins intensifs pour cause de Covid-19 étaient 35 % plus susceptibles d’être en obésité que ceux atteints d’un Covid-19 grave dans la population générale française. « Plus on est obèse et plus le risque de devoir être intubé-ventilé s’accroît. L’obésité apparaît comme le paramètre clé pour ces malades gravement atteints », avait déclaré le professeur Pattou au Figaro.
Le futur essai concentrique international menée par la France va-t-il confirmer cette tendance ? Réponse cet automne.

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