Une étude publiée dans la revue médicale britannique « The Lancet » dresse un lien clair entre la hausse des maladies chroniques ces trente dernières années et le million de morts causé par le nouveau coronavirus. Les conditions d'une « tempête » étaient réunies pour donner naissance à une crise sanitaire d'ampleur mondiale.

Une étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet dresse un lien clair entre la hausse des maladies chroniques ces trente dernières années et le million de morts causé par le nouveau coronavirus. Les conditions d’une « tempête » étaient réunies pour donner naissance à une crise sanitaire d’ampleur mondiale.

La revue The Lancet alerte régulièrement sur le fléau des maladies non transmissibles liées aux conditions de vie (obésité, diabète, tabac, alcool, etc.). Dans son nouveau rapport, elle fait le lien avec la Covid-19 qui s’est abattue sur la planète. Pour elle, pollution, mauvaise alimentation et autres sources de maladies chroniques comme l’obésité constitue favorisent « la tempête de mortalité ».
Selon la revue, le monde fait face non seulement à une pandémie, mais à « une syndémie », c’est-à-dire la conjonction de plusieurs urgences sanitaires. Pour réaliser cette synthèse, The Lancet s’est appuyé sur les résultats de l’Étude mondiale sur le fardeau de la maladie (GBD), qui implique des experts travaillant dans plus de 1 100 universités, centres de recherche et organismes gouvernementaux dans 152 pays. Cette étude fournit un nouveau regard sur la façon dont les pays ont été préparés en termes de santé pour affronter la pandémie de Covid-19 et établit l’ampleur réelle du défi posé par les nouvelles menaces pandémiques.



« Les maladies non transmissibles ont joué un rôle critique dans le million de morts causé par la Covid-19 »

« De nombreux facteurs de risques et maladies non transmissibles étudiés dans ce rapport sont associés avec un risque accru de formes graves de Covid-19, voire de décès », juge The Lancet, la prestigieuse revue médicale britannique dans un communiqué.
« Les maladies non transmissibles ont joué un rôle critique dans le million de morts causé par la Covid-19 jusqu’à présent, et continueront à déterminer l’état de santé général dans chaque pays même quand la pandémie se sera calmée », commente son rédacteur en chef, Richard Horton.
« Il faut des actions urgentes pour traiter la syndémie des maladies chroniques, des inégalités sociales et de la Covid-19, c’est-à-dire l’interaction de plusieurs épidémies qui exacerbent le fardeau sanitaire de populations déjà touchées, et les rendent encore plus vulnérables », avertit la revue.



L’obésité responsable de 406 000 décès

En Europe, selon The Lancet, l’espérance de vie en bonne santé a augmenté régulièrement depuis trente ans, mais moins que l’espérance de vie à la naissance, ce qui veut dire que les gens vivent plus longtemps en mauvaise santé.
Sur le Vieux continent, les maladies non-transmissibles sont responsables « de plus de 80 % » des morts prématurées et de l’aggravation de l’état de santé (mesurée en nombre d’années perdues), selon le rapport.
En 2019, les principaux facteurs de risque en Europe étaient l’hypertension (liée à 787 000 morts selon les estimations), le tabac (697 000), la mauvaise alimentation (546 000), l’hyperglycémie (540 000) et l’obésité (406 000).
The Lancet appelle à « des efforts importants » de réduction de ces risques par des politiques de santé publique volontaristes, en prenant l’exemple de celles menées contre le tabac.
« L’exposition au tabac a baissé de près de 10 % dans le monde depuis 2010, même s’il reste la principale cause de morts dans de nombreux pays riches », souligne la revue.


Philippe PALAT


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