« Je mesure une Kylie Minogue et j'en pèse trois »

« Je mesure une Kylie Minogue et j’en pèse trois »

Auteur et réalisatrice, Gabrielle Deydier a conçu un documentaire qui retrace son parcours de personnes souffrant d’obésité depuis l’adolescence, dans une société imprégnée par la grossophobie. « On achève bien les gros » sera diffusé le mercredi 17 juin à 22 h 50 sur Arte. Il est disponible sur le site de la chaine depuis le 3 juin.

« Je m’appelle Gabrielle, j’ai 39 ans, je mesure 1,54 m et je pèse 125 kilos. » C’est par ces mots que démarre le documentaire d’« On achève bien les gros », un film de 52 minutes qui sera diffusé la semaine prochaine, le mercredi 17 juin, sur la chaîne Arte. On peut aussi le voir sur le site de la chaîne Arte jusqu’au 16 août.
Co-réalisé par Gabrielle Deydier, Valentine Oberti et Laurent Follea, le documentaire s’amuse d’emblée avec les clichés du genre : « Vous pensez que vous allez regarder un film sur une grosse qui veut perdre du poids ? Ben non », poursuit Gabrielle Deydier qui aime à dire qu’elle « mesure une Kylie Minogue et en pèse trois ».



Un mauvais diagnostic, puis l’enfer

Direct, franc et poignant, ce documentaire retrace d’abord le parcours de Gabrielle, du traumatisme du premier régime, à 16 ans, jusqu’à l’acceptation de soi, contre la tyrannie des normes. A l’adolescence, elle vit dans un corps que la société réprouve. Au moment de la rentrée scolaire, ses parents s’alarment de la voir s’habiller en taille 42. Pour rassurer son père et sa mère, Gabrielle consulte un médecin. Il lui diagnostique, à tort, une maladie hormonale et lui prescrit un traitement assorti d’une diète drastique, quitte à l’affamer… et c’est le début de l’enfer. « En trois mois, j’ai pris 30 kilos. À la rentrée, les profs ne me reconnaissaient pas », raconte-t-elle. S’enchaînent harcèlement et échec scolaire.
Le cercle vicieux commence. Pour compenser son mal-être, la jeune femme mange, lors de crises d’hyperphagie. « Je bouffe comme une junkie. » Son poids triple, charriant avec lui son lot de moqueries. À l’âge adulte, les discours moralisateurs s’ajoutent aux brimades. Mais après des années passées à se cacher, Gabrielle décide d’assumer son corps différent.



Un livre pour dénoncer la grossophobie

En 2017, elle s’attaque à la grossophobie, la stigmatisation des personnes obèses ou en surpoids. À 39 ans, Gabrielle relate sa maladie et son chemin de croix sous la forme d’une enquête à la fois personnelle et sociétale, dans un livre « On ne naît pas grosse » aux éditions Goutte d’Or et dont la Ligue contre l’obésité s’est fait l’écho en novembre dernier. Elle y évoque la grossophobie, terme qui désigne les discriminations envers les personnes atteintes d’obésité. Et notamment à l’embauche.
Face caméra, Gabrielle Deydier dit tout de sa « vie de grosse ». « Il y a 10 millions de personnes obèses en France », rappelle Gabrielle Deydier dans le film. Pourtant, dans une société où rien n’est pensé pour elles (cabines de douche, sièges de cinéma, de salle de spectacle ou de salle d’attente…), elles sont rendues invisibles.



Le témoignage de Maxime, futur opéré

Pire, les clichés à leur égard perdurent (manque d’hygiène, paresse…) tout comme les discriminations systémiques auxquelles elles font face, notamment les discriminations à l’embauche ou les inégalités salariales. Le film s’attache avec brio à démanteler ces clichés et à dénoncer ces injustices. Rappelle que « les régimes sont suivis d’échecs à 95% » et évoque le sujet sensible de la chirurgie bariatrique à travers le témoignage de Maxime, jeune homme plein de bon sens, d’ambition et d’espoir.

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