Les personnes obèses ne représentent pas un groupe homogène en termes de risque cardiométabolique. En utilisant trois cohortes de naissance britanniques représentatives à l’échelle nationale, des chercheurs ont étudié si la durée de l’obésité était liée à l’hétérogénéité dans le risque cardiométabolique. La réponse est oui.

Les personnes obèses ne représentent pas un groupe homogène en termes de risque cardiométabolique. En utilisant trois cohortes de naissance britanniques représentatives à l’échelle nationale, des chercheurs ont étudié si la durée de l’obésité était liée à l’hétérogénéité dans le risque cardiométabolique. La réponse est oui.

Plus longue est la durée de l’obésité, plus grande est la probabilité d’être victime d’un accident vasculaire ou de développer le diabète. C’est à cette conclusion que sont arrivés le docteur Tom Norris et ses collègues de l’Université de Loughborough au Royaume-Uni.
Pour aboutir à ce résultat, les chercheurs se sont appuyés sur les données de trois études de cohorte de naissance britanniques ayant recueilli des informations concernant l’indice de masse corporelle de 20 746 sujets âgés de 10 à 40 ans. Des risques de facteurs de maladie cardiométabolique comme tension artérielle, cholestérol et hémoglobine glyquée (glycémie ou HbA1c), ont été également évalués.



Un taux de glycémie qui augmente avec la durée de l’obésité

Considérée comme l’un des maux du siècle, l’obésité touche, on le sait, un grand nombre de personnes dans le monde et est à l’origine de plusieurs autres pathologies telles que diabète de type 2, problèmes cardiaques et ainsi de suite. L’étude récente menée par le docteur Norris vient de démontrer que les individus obèses ne partagent pas tous le même risque de développement d’une maladie cardiométabolique. « Cela dépend de la durée de l’obésité », expliquent les scientifiques.
Pour ces experts britanniques, une plus grande durée de l’obésité est clairement associée à un risque plus élevé de développer une maladie cardiométabolique et « à de pires valeurs pour tous les facteurs de risque », souligne l’équipe britannique. Cette association était particulièrement prononcée chez la glycémie.
L’étude a démontré que les personnes qui souffraient d’obésité pendant moins de cinq ans présentaient un taux de glycémie supérieur de 5 % par rapport à celles qui n’ont jamais été atteint de cette maladie. Les sujets touchés par obésité sur une période de 20 à 30 ans avaient un taux d’HbA1c supérieur de 20 %.



« Prévenir l’apparition précoce de l’obésité »

Les autres risques de maladies cardiométaboliques (pression artérielle systolique et diastolique, cholestérol à lipoprotéines de haute densité) ont été , eux aussi, liés à la durée de l’obésité, mais ceux-ci étaient légèrement atténués.
L’étude, réalisée par le docteur Tom Norris, associé principal de recherche en épidémiologie et biostatistique à l’Université de Loughborough, vient d’être publiée dans la revue spécialisée PLOS Medicine. « Nos résultats suggèrent que les recommandations des politiques de santé visant à prévenir l’apparition précoce de l’obésité, et donc à réduire l’exposition à vie, peuvent aider à réduire le risque de diabète, indépendamment de la gravité de l’obésité », affirment les auteurs de l’étude qui rappellent que « l’épidémie d’obésité se caractérise par des tendances vers un début plus précoce et, par conséquent, une plus grande exposition au cours de la vie ».



Philippe PALAT

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