Selon une nouvelle étude menée aux Pays-Bas, le sang des hommes contient, par rapport aux femmes, une plus grande concentration d’enzyme ACE-2. C’est cette protéine qui favoriserait l’infection au Covid-19. Une analyse qui rejoint celle d’autres scientifiques persuadés que si les personnes atteintes d’obésité ont plus de risque de souffrir durement du coronavirus, c’est parce que leurs cellules graisseuses produisent cette protéine en grande quantité.

Selon une nouvelle étude menée aux Pays-Bas, le sang des hommes contient, par rapport aux femmes, une plus grande concentration d’enzyme ACE-2. C’est cette protéine qui favoriserait l’infection au Covid-19. Une analyse qui rejoint celle d’autres scientifiques persuadés que si les personnes atteintes d’obésité ont plus de risque de souffrir durement du coronavirus, c’est parce que leurs cellules graisseuses produisent cette protéine en grande quantité.

Et l’on reparle du rôle majeur de la protéine ACE-2 dans la propagation du coronavirus. Capable de catalyser et d’accélérer des millions de fois les réactions chimiques dans les organismes vivants, cette enzyme, est plus largement présente chez les hommes que chez les femmes. Ce qui expliquerait la proportion plus importante d’infection et de décès chez les hommes pour cause de Covid-19.
Considérée comme « une porte d’entrée » potentielle du virus, ce récepteur situé à la surface des cellules permettrait au coronavirus d’infecter les cellules saines de l’organisme.
Déjà évoquée début mai par des chercheurs allemand et américain pour expliquer l’impact sur les personnes souffrant d’obésité (cliquez ici) et confirmée il y a quelques jours par l’immunologiste français Frédéric Altare dans une interview accordée à la Ligue contre l’obésité (cliquez ici), cette hypothèse du « véhicule mortel » vient d’être à nouveau explorée par des chercheurs auteurs d’une étude menée aux Pays-Bas.



« Un rôle crucial dans la progression des troubles pulmonaires »

Cette nouvelle étude réalisée dans le cadre de recherches cardiologiques cible clairement la protéine ACE-2. Cette enzyme, particulièrement présente dans le sang des hommes, « aideraient » le Covid-19 à infecter les cellules.
Selon le professeur de cardiologie Adriaan Voors du Centre médical universitaire de Groningue, aux Pays-Bas, « l’ACE-2 est un récepteur à la surface des cellules. Il se lie au coronavirus et lui permet d’entrer et d’infecter les cellules saines après qu’il ait été modifié par une autre protéine à la surface de la cellule, appelée TMPRSS2. Des niveaux élevés d’ACE-2 sont présents dans les poumons et, par conséquent, on pense qu’il joue un rôle crucial dans la progression des troubles pulmonaires liés au Covid-19. »
De son côté, le docteur Iziah Sama du centre médical universitaire de Groningen, aux Pays-Bas, a déclaré que « lorsque nous avons constaté que l’un des biomarqueurs les plus forts, ACE-2, était beaucoup plus élevé chez les hommes que chez les femmes. J’ai alors réalisé que cela avait le potentiel d’expliquer pourquoi les hommes étaient plus susceptibles de mourir du Covid-19 que les femmes. »



« Des niveaux particulièrement élevés d’ACE-2 dans les testicules »

Les chercheurs ont mesuré les concentrations d’ACE-2 dans des échantillons de sang prélevés sur deux groupes de patients souffrant d’insuffisance cardiaque de onze pays européens. L’étude, portant sur plus de 3 500 personnes, a été publiée le 10 mai dans l’European Heard Journal.
Dans cette analyse, les chercheurs des Pays-Bas ont estimé que la protéine ACE-2 présente dans les poumons, mais également dans le cœur, les reins et les tissus qui tapissent les vaisseaux sanguins, « avec des niveaux particulièrement élevés dans les testicules ». Et les experts de spéculer sur la régulation de l’enzyme dans les organes génitaux masculins, ce qui pourrait expliquer, en partie, des concentrations plus élevées d’ACE-2 chez les hommes, et aussi pourquoi ils sont plus vulnérables au Covid-19 que les femmes.
Prudents, les chercheurs à l’origine de cette analyse pensent toutefois que d’autres recherches sur la façon dont l’ACE-2 interagit avec le virus peuvent contribuer à expliquer la disparité des taux de mortalité entre les hommes et les femmes.

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