L’épidémie de surpoids et d’obésité chez les enfants est devenue une urgence mondiale en matière de santé publique et un défi crucial du XXIe siècle. Sous le titre « Épidémiologie de l’obésité chez les enfants et les adolescents », des chercheurs italiens pointent du doigt les proportions alarmantes atteintes par l’obésité infantile dans de nombreux pays. « Un défi urgent et sérieux », selon eux.

L’épidémie de surpoids et d’obésité chez les enfants est devenue une urgence mondiale en matière de santé publique et un défi crucial du XXIe siècle. Sous le titre « Épidémiologie de l’obésité chez les enfants et les adolescents », des chercheurs italiens pointent du doigt les proportions alarmantes atteintes par l’obésité infantile dans de nombreux pays. « Un défi urgent et sérieux », selon eux.

L’obésité infantile et adolescente représente un problème de santé publique important, tant dans les pays en développement que dans les pays développés.
À l’échelle mondiale, plus de 340 millions d’enfants et d’adolescents âgés de 5 à 19 ans étaient en surpoids ou obèses en 2016. L’obésité infantile est un fardeau critique parce qu’elle peut être associée à une plus grande possibilité d’obésité, de mort prématurée et d’invalidité chez les adultes, ainsi qu’à des marqueurs précoces de maladies cardiovasculaires.
En Europe, l’obésité infantile reste un défi sanitaire important. Elle est répartie de manière disparate entre les pays et les groupes de population.



Près de 400 000 enfants de 6 à 9 ans en situation d’obésité

Selon des mesures statistiques, plus de 398 000 enfants âgés de 6 à 9 ans étaient gravement atteints d’obésité en Europe en 2019. En particulier, dans les pays d’Europe du Sud comme la Grèce, l’Italie, Malte, Saint-Marin et l’Espagne qui, selon les études de 2018, comptent un enfant souffrant d’obésité sur cinq.
En Europe, différentes initiatives et actions ont été lancées ces dernières années pour lutter contre l’obésité infantile. Cependant, les progrès réalisés dans la lutte contre l’obésité chez les enfants ont été lents et bien souvent incohérents.
Dans le rapport intitulé « Épidémiologie de l’obésité chez les enfants et les adolescents », une équipe de chercheurs italiens a travaillé sur la prévalence de l’obésité chez les enfants et les politiques existantes de lutte contre l’obésité infantile dans la région européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).



En France, la prévalence a presque triplé entre 1980 et 2016 : de 3 % à 8,1 %

Si l’on se réfère à la période 1980-2016, c’est-à-dire sur une durée de trente-six ans, l’obésité chez les enfants âgés de 5 à 19 ans a augmenté dans presque toutes les régions européennes. Principalement dans les États membres de l’Union européenne qui ont montré des tendances croissantes de la prévalence de l’obésité chez les enfants et les adolescents. Notamment en Grèce et en Croatie qui ont montré des tendances séculaires dans la prévalence de l’obésité infantile.
Au Royaume-Uni par exemple, la prévalence de l’obésité a triplé pour l’un ou l’autre sexe de 1980 à 2016, allant de 3,4 à 10,2 %.
De même, en France et en Espagne, la prévalence a presque triplé entre 1980 et 2016 : en France, elle est passée de 3 % en 1980 à 8,1 % en 2016 alors qu’en Espagne, elle a augmenté de 3,8 % en 1980 à 10,8 % en 2016.
En Slovaquie, la prévalence de l’obésité chez les enfants est passée de 0,6 % en 1980 à 8,1 % en 2016.



Une prévalence plus importante chez les garçons que ces les filles

A Chypre, en Lituanie, au Portugal et aux Pays-Bas, la prévalence a augmenté plus de cinq fois en trente-six ans.
En revanche, en Italie, à Malte et en Belgique, l’ampleur de l’obésité infantile a doublé entre 1980 et 2016.
En Pologne, la prévalence est passée de 1 % en 1980 à 9,1 % en 2016, tandis qu’en Bulgarie, elle a augmenté de plus de huit fois au cours de la même période (1,3 % en 1980 et 10,8 % en 2016).
En Irlande, la prévalence de l’obésité chez les enfants et les adolescents n’a cessé d’augmenter sur cette longue période d’étude (1,5 % en 1980 et 9,8 % en 2016).
Côté sexe, le niveau de prévalence est passé de 1,5 et 1,4 %, respectivement, pour les filles et les garçons en 1980 à 9,1 et 10,4 % pour les filles et les garçons en 2016.
En outre, les États membres orientaux de l’Union européenne, à l’exception de la Lituanie, ont tous montré une augmentation constante de la prévalence sur la dernière période seize ans, c’est-à-dire de 2000 à 2016.



Le Royaume-Uni et l’Allemagne, pays d’Europe du Nord les plus impactés

Par zone géographique, la prévalence brute la plus élevée de l’obésité infantile a été observée dans les pays méditerranéens en 2016, allant de 7,6% à 13,8% pour l’un ou l’autre sexe. En particulier, la Grèce, Malte, l’Italie, Chypre, Andorre, la Turquie et Israël.
En 1980, les pays d’Europe orientale avaient une prévalence inférieure à 2 %, allant de 0,3 à 1,9 %. Cependant, le décor a complètement changé en trente-six ans et la prévalence était de plus de 4%, allant désormais de 4,2 à 11,1%.
Si la prévalence dans tous les pays d’Europe du Nord a augmenté de plus de 100 % entre 1980 et 2016, en Islande, la hausse a atteint 94 % au cours de la même période (5,1 % en 1980 et 9,9 % en 2016).
En 2016, parmi les pays d’Europe occidentale, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont connu la plus forte obésité infantile.
En revanche, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la République de Moldavie se trouvent parmi les pays d’Europe de l’Est où les taux de prévalence sont relativement faibles.
Si la répartition de la prévalence dans les pays d’Europe orientale a montré un taux relativement faible par rapport aux autres régions d’Europe en 2016, les États membres de l’Union européenne (Bulgarie, Tchéquie, Hongrie, Lituanie, Pologne, Slovaquie) sont parmi les pays orientaux qui ont connu des niveaux de prévalence plus élevés.



« Des effets immédiats sur la santé » et pour l’avenir

Des chiffres qui font dire aux auteurs du rapport épidémiologique que « les proportions alarmantes atteintes par l’obésité infantile dans de nombreux pays posent un défi urgent et sérieux, concernant également les conséquences les plus graves de l’obésité sur la santé. L’obésité peut produire des effets immédiats sur la santé, le rendement scolaire et la qualité de vie de l’enfant », écrivent-ils.
Pire : la recherche montre que les enfants en surpoids sont plus susceptibles, si on les compare à ceux de poids normal, de devenir des adultes atteints d’obésité et de développer des maladies chroniques.

Source : Giulio Nittari, Stefania Scuri, Getu Gamo Sagaro, Fabio Petrelli et Iolanda Grappasonni (17 septembre 2020). Épidémiologie de l’obésité chez les enfants et les adolescents.

Pour en savoir plus : cliquez ici et ici