Comment prévenir les troubles métaboliques liés au vieillissement et à l'obésité, tel que le diabète de type 2 ? De récents travaux français ont permis d'identifier une nouvelle piste prometteuse : les astrocytes, c’est-à-dire la signalisation Sonic Hedgehog présente dans certaines cellules du cerveau. Cette étude menée chez la souris vient d’être publiée dans la revue Molecular Metabolism.

Comment prévenir les troubles métaboliques liés au vieillissement et à l’obésité, tel que le diabète de type 2 ? De récents travaux français ont permis d’identifier une nouvelle piste prometteuse : les astrocytes, c’est-à-dire la signalisation Sonic Hedgehog présente dans certaines cellules du cerveau. Cette étude menée chez la souris vient d’être publiée dans la revue Molecular Metabolism.

Ce n’est pas nouveau : l’obésité et les troubles métaboliques associés, tel que le diabète de type 2 représentent un problème de santé publique majeur. La prise en charge de ces pathologies, en particulier chez les sujets âgés, demeure très complexe.
Jusqu’ici, la plupart des études consacrées à ce sujet se sont concentrées sur le rôle du tissu adipeux. Seules quelques-unes d’entre elles ont étudié le rôle du cerveau dans l’apparition et la progression de l’obésité (cliquez ici) et du diabète de type 2.
En France, des scientifiques de l’Institut des neurosciences Paris-Saclay et du CNRS/Université Paris-Saclay se sont intéressés au rôle que pourraient jouer certaines cellules du cerveau, les astrocytes. Les résultats viennent d’être publiés dans la revue Molecular Metabolism.
Cette nouvelle étude conduite chez la souris démontre que ces cellules participent au contrôle de l’équilibre énergétique par l’hypothalamus. Cette région du cerveau détecte, en effet, les signaux métaboliques et hormonaux périphériques permettant de réguler l’apport calorique, le métabolisme du glucose et la dépense énergétique.
A ce titre, des chercheurs américains du Maryland ont récemment démontré qu’en désactivant le gène Prkar2a présent dans le cerveau des souris, le plaisir de manger des rongeurs a été réduit et leur envie de pratiquer une activité physique renforcée (cliquez ici)


Une réduction drastique du tissu adipeux

En région parisienne, les chercheurs de l’Institut de neurosciences, en utilisant une technique très sensible de détection de l’ARNm, ont découvert que ces astrocytes exprimaient les acteurs de la voie de signalisation Sonic Hedgehogen. Cette protéine est connue pour ses nombreuses fonctions biologiques au cours du développement embryonnaire. En revanche, son rôle dans le cerveau adulte des mammifères est encore très peu caractérisé.
Les scientifiques français ont donc invalidé le principal récepteur de Sonic Hedgehog dans les astrocytes, chez la souris adulte et ont constaté que ces souris ne prennent plus de poids avec l’âge et présentent une réduction drastique du tissu adipeux.
Ces observations pourraient s’expliquer par une augmentation de l’oxydation des acides gras utilisés afin de produire de l’énergie à la place des sucres dans les tissus.
En revanche, la prise alimentaire, l’activité locomotrice et la température corporelle des souris ne sont pas modifiées. Ces souris démontrent aussi une plus grande réactivité à l’insuline comme l’indiquent des tests de tolérance au glucose et à l’insuline. Cet effet est maintenu chez le rongeur au cours de son vieillissement.



La signalisation Sonic Hedgehog dans les astrocytes pourrait être envisagée dans la prévention de l’obésité

Ces souris, ainsi que des souris contrôles ont été soumises à un régime alimentaire riche en lipides, afin de reproduire expérimentalement un phénomène d’obésité. Les souris invalidées pour le récepteur de Sonic Hedgehog dans les astrocytes n’ont pas pris de poids et sont restées sensibles à l’insuline, alors que les souris contrôles ont grossi et ont développé une résistance à l’insuline.
Ces données, et d’autres analyses biochimiques et moléculaires qui sont présentées dans l’étude, suggèrent que la modulation pharmacologique de la signalisation Sonic Hedgehog dans les astrocytes pourrait être envisagée dans la prévention de l’obésité et du diabète de type 2 chez l’homme. « A travers cette étude, nous définissons l’action hypothalamique Sonic Hedgehog sur les astrocytes comme un nouveau régulateur maître du métabolisme énergétique », écrivent les auteurs. Et les chercheurs de convenir qu’il faudra « cependant approfondir cet axe de recherche prometteur avant d’identifier de futurs médicaments potentiels ».


Philippe PALAT

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