Depuis l’annonce par le gouvernement de la suppression de la possibilité de l’activité partielle pour les personnes dites à risque face au coronavirus, les patients atteints d’obésité sont très inquiets pour leur santé. La Ligue contre l’obésité est plus que jamais à leurs côtés. Elle a apporté sa signature pour réclamer le maintien du dispositif initial et soutient une procédure déposée devant le conseil d’Etat.

Depuis l’annonce par le gouvernement de la suppression de la possibilité de l’activité partielle pour les personnes dites à risque face au coronavirus, les patients atteints d’obésité sont très inquiets pour leur santé. La Ligue contre l’obésité est plus que jamais à leurs côtés. Elle a apporté sa signature pour réclamer le maintien du dispositif initial et soutient une procédure déposée devant le Conseil d’Etat.

Un contresens de l’histoire sanitaire ! Depuis le 31 août, les critères de vulnérabilité permettant d’identifier les salariés présentant un risque de développer une forme grave d’infection au virus de Covid-19 ont évolué. Mais dans la mauvaise direction !
En effet, la liste de ceux qui pourront encore prétendre aux arrêts de travail dérogatoires fait désormais polémique.
Alors que le nombre de cas de Covid-19 continue de grimper jour après jour, de nombreuses pathologies ne figurent plus dans cette liste. Et notamment les personnes atteintes d’obésité à partir d’un IMC>30 ! Une décision d’autant plus surprenante que le Haut conseil de santé publique (HCSP), instance française chargée d’apporter une aide à la décision au ministère de la Santé, a expliqué, dès le mois d’avril dernier, que l’obésité recélait bien un caractère prédictif des formes graves de Covid-19.
Conséquence : les personnes souffrant d’obésité sont contraintes de reprendre leur activité professionnelle au risque et péril de leur santé au moment où la pandémie s’intensifie à nouveau.



« Des personnes qui ont le plus de chances de décéder en cas de contamination »

Face à la décision gouvernementale, de nombreuses associations de défense de patients souffrant des diverses pathologies ont également manifesté leur désapprobation. Parmi elles, la Société de Pneumologie de Langue Française, Vaincre la mucoviscidose, l’Association asthme et allergie, la Fédération française des diabétiques, etc.
Autant de structures qui, réunies dans le collectif ‘’Vulnérables associés’’ créé sur Facebook ont décidé de lancer une pétition sur le site Change.org adressé au ministère de la Santé. « Le gouvernement prend un gros risque en décidant de renvoyer les personnes vulnérables au travail. Si elles étaient vulnérables au printemps, elles le sont toujours aujourd’hui en plein rebond de l’épidémie », peut-on lire dans la pétition.
Le texte revendicatif, qui réclame le prolongement du dispositif de certificat d’isolement pour les personnes vulnérables, rappelle que « les personnes à risques de développer une forme grave de la maladie Covid-19 font malheureusement partie des personnes qui ont le plus de chances de décéder en cas de contamination. Une reprise en présentiel sur le lieu de travail serait précipitée à l’heure où la grande majorité des clusters sont identifiés dans les entreprises privés et publics et où l’on constate une augmentation des cas de contamination. ».



Déjà 35 000 signatures !

Choquée par l’abrogation du décret qui visait à protéger les personnes souffrant d’obésité, la Ligue contre l’obésité, avait aussitôt réagi par voie de communiqué de presse le 4 septembre dernier (cliquez ici).
Aujourd’hui, elle fait un pas de plus dans l’action en décidant de rejoindre le collectif ‘’Vulnérables associés’’ et de signer la pétition (lien ci-dessous) qui, à ce jour, a déjà récolté près de 35 000 signatures.



« De futures victimes faussement ‘’dévulnérabilisées’’ par le décret »

Parallèlement, sous l’impulsion d’Olivier Berruyer, spécialiste de l’évaluation et de la valorisation des risques dans l’assurance et la finance, et plus particulièrement connu comme animateur du site les-crises.fr, une procédure en référé devant le Conseil d’État va être très prochainement déposés.
Objectif : vérifier que la décision d’abrogation du décret permettant l’accès au chômage partiel aux personnes vulnérables est légale. « Le recours est finalisé et sera déposé dans les prochaines heures afin que le Conseil d’Etat se prononce en quelques jours », souligne M. Berruyer (cliquez ici).
Selon Olivier Berruyer, cette action en justice « permettra au gouvernement d’expliquer les raisons d’un tel choix, et la procédure qui a abouti à une décision aussi inique et irresponsable. Et cela clarifiera donc les responsabilités face aux procès que ne manqueront pas d’intenter les futures victimes faussement ‘’dévulnérabilisées’’ par le décret, si cette décision était maintenue », commente l’économiste.



« L’Etat doit tenir sa parole »

Au nom de ses adhérents et de toutes les personnes atteintes d’obésité, la Ligue contre l’obésité a décidé de soutenir cette procédure devant le Conseil d’Etat. « Lors de sa toute première intervention au soir du 12 mars, le président de la République Emmanuel Macron a rappelé que plusieurs populations fragilisées pouvaient connaître des formes sévères du Covid-19. En particulier, ‘’celles et ceux de nos compatriotes qui sont âgés ou affectés par des maladies chroniques comme le diabète, l’obésité ou le cancer’’ avait-il déclaré », rappelle Agnès Maurin la directrice co-fondatrice de la Ligue contre l’obésité. « Aujourd’hui, l’Etat doit tenir sa parole », poursuit la responsable de l’association.
« La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies. Quoi qu’il en coûte », avait clairement annoncé Emmanuel Macron en début de crise sanitaire.
Au nom de la santé des personnes vulnérfables face à la COVID-19, le Conseil d’Etat va-t-il lui rappeler son engagement ? Réponse sous quelques jours.

Pour signer la pétition : cliquez ici