En France, la campagne de vaccination contre la Covid-19 a débuté depuis le 27 décembre. Face aux critiques sur la lenteur de la mise en place de cette vaste campagne, le gouvernement a revu sa stratégie de déploiement du vaccin. Si les dates sont encore susceptibles de bouger, les personnes en situation d’obésité pourraient recevoir leur piqûre entre février et mars. Le point sur un calendrier plutôt évolutif...

En France, la campagne de vaccination contre la Covid-19 a débuté depuis le 27 décembre. Face aux critiques sur la lenteur de la mise en place de cette vaste campagne, le gouvernement a revu sa stratégie de déploiement du vaccin. Si les dates sont encore susceptibles de bouger, les personnes en situation d’obésité pourraient recevoir leur piqûre entre février et mars. Le point sur un calendrier plutôt évolutif…

La campagne de vaccination en France n’a pas encore atteint son rythme de croisière. Bien au contraire. Prévue pour s’organiser en trois phases selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé, cette période de vaccination s’articule selon un objectif déterminé par le ministère de la Santé : vacciner d’abord les plus âgés, puis les autres personnes vulnérables, avant de vacciner enfin la population générale.
Sauf que les lourdeurs administratives et logistiques ont plombé le calendrier initial (cliquez ici). Du coup, la campagne de vaccination a déjà pris un grand retard, ce qui a eu le don d’agacer le Président de la République.
Conséquence, face aux critiques sur la lenteur de la mise en place de la campagne de vaccination contre la Covid-19, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé ce mardi 5 janvier que le gouvernement allait « amplifier, accélérer et simplifier » le processus.



Vaccin gratuit et inscription possible sur l’appli TousAnti-Covid

Êtes-vous prioritaire pour accéder à la vaccination ? Quelle étape du plan devrez-vous attendre ? Quand les personnes souffrant d’obésité pourront-elles recevoir, si elles le désirent, leur injection vaccinale ?
Seules certitudes à ce jour : non obligatoire, le vaccin est gratuit et les Français recevront des bons de l’Assurance maladie pour les inviter à se faire vacciner. Il ne sert donc à rien de se précipiter tout de suite chez son médecin.
A savoir également : les Français qui veulent se faire vacciner contre le Covid-19 vont pouvoir s’inscrire sur internet, voire via l’application TousAntiCovid. « Nous allons ouvrir dans les prochains jours une inscription possible pour les Français qui le souhaitent par internet, par téléphone sans doute, et pourquoi pas par l’application TousAntiCovid pour que les Français qui souhaitent se faire vacciner puissent le faire savoir, s’inscrire et puissent prendre des rendez-vous », a annoncé le ministre de la Santé.



1ère étape : 1 million de vaccinés d’ici fin février

La première étape de la vaccination, qui a commencé le 27 décembre, concerne les personnes âgées résidant en Ehpad et le personnel de ces établissements souffrant de maladies chroniques ou âgés de plus de 65 ans.
Cette vaccination n’est pas rendue obligatoire mais s’effectue sur la base du volontariat et après la signature d’une charte de consentement.
Au total, plus d’un million de personnes doivent être vaccinées, et l’objectif du gouvernement est d’y arriver avant la fin du mois de février.
Selon les informations du Parisien, 500 000 doses du vaccin doivent être livrées cette semaine ainsi que les deux suivantes.
D’ici fin janvier, la vaccination devrait aussi devenir possible pour « les professionnels de santé de 50 ans et plus ou qui souffrent de maladies qui les exposent à des risques de forme grave », a déjà indiqué le ministre de la Santé.
Au cours de cette première étape, les sapeurs-pompiers et les aides à domiciles de plus de 50 auront également la possibilité de se faire vacciner.
Par ailleurs, le ministre Olivier Véran a confirmé que la vaccination des plus de 75 ans qui ne résident pas en Ehpad débuterait avant la fin du mois de janvier. Ils représentaient 6,4 millions de personnes, soit presque un dixième de la population.



2ème étape : les personnes vulnérables au virus

La deuxième étape de la vaccination commencera directement après, c’est-à-dire en février-mars et devrait s’étaler jusqu’au printemps. « Au fur et à mesure des livraisons, nous élargirons le périmètre aux personnes présentant un facteur de risque lié à l’âge ou une pathologie chronique, et ainsi que par certains professionnels de santé », a indiqué le Premier ministre Jean Castex.
Cette phase concerne donc toutes les personnes souffrant de pathologies les rendant vulnérables au virus. Parmi elles, les personnes atteintes d’obésité dont on sait qu’elles ont payé un lourd tribut à la pandémie avec des dizaines de milliers d’hospitalisations en réanimation et un très grand nombre de cas mortels.
Au cours de cette deuxième séquence, la formule anti Covid-19 sera également injectée à tous les plus de 65 ans
Le gouvernement estime que cette deuxième séquence de vaccination représente près de 14 millions de Français.



3ème étape, place à la population générale

C’est au terme de ces deux étapes, sans doute après le début du printemps, que « viendra le temps de la population générale », a indiqué Olivier Véran.
Les publics prioritaires de cette troisième étape sont les personnes âgées de 50 à 64 ans, les professionnels de secteurs essentiels, les personnes vulnérables et précaires et les personnes qui les prennent en charge, les personnes vivant dans des lieux confinés ou clos, a détaillé le ministre de la Santé, Olivier Véran.
Eu égard aux lenteurs constatés, il n’est pas exclu que cette ultime étape ne démarre toutefois qu’à partir de l’été. On parle déjà de la fenêtre de tir juin-juillet 2021…



5 à 6 centres par département

Courant janvier, des centres de vaccination vont voir le jour, basés sur le modèle des centres de dépistage Covid-19 mis en place ces derniers mois.
Actuellement, pour tenter de rattraper le temps perdu, il est envisagé de vacciner les plus de 75 ans « dans les hôpitaux, ou même dans les gymnases, avec un système de réservation de créneaux et de précommandes de doses ». Objectif : permettre de vacciner plus facilement des groupes de personnes.
Le ministre Olivier Véran a, par ailleurs, annoncé la mise en place de 100 centres de vaccination destinés à la ville cette semaine, 300 la semaine prochaine et 500 à 600 d’ici fin janvier. Ce qui correspond aux 5 ou 6 centres par département évoqués par Emmanuel Macron.



200 millions de doses pour couvrir les besoins français

Au total, la France a commandé 200 millions de doses de vaccin. Or, deux doses de vaccins seront nécessaires par individus. Les deux injections devront intervenir à 21 jours d’écart à 2 ou 3 jours près. La commande de l’Etat pourrait ainsi permettre de vacciner 100 millions de Français.
– Vaccin Pfizer/BioNTech : selon la Direction générale de la Santé au 31 décembre 2020, un peu plus de 520 000 doses du vaccin Pfizer avaient été livrées en France. Tout au long du mois de janvier, 500 000 doses doivent arriver chaque semaine en France. A terme, la France recevra 30 millions de doses du vaccin Pfizer/BioNTech jusqu’à l’automne 2021.
– Vaccin Moderna : une fois qu’il aura obtenu une autorisation de mise sur le marché par les autorités européennes, la France a précommandé 24 millions de doses attendues en 2021, et disposera de l’ordre de 1,5 million de doses pour le premier trimestre 2021.
– Vaccin d’AstraZeneca : le Royaume-Uni vient de l’autoriser. Le processus d’autorisation de mise sur le marché par l’Agence européenne du médicament est en cours. La France a précommandé 44 millions de doses (soit 22 millions de vaccinations). Dix millions pourraient être livrés au premier trimestre.


Philippe PALAT

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