Menée sur plusieurs années, une étude australienne auprès de 1 250 enfants aborigènes et indigènes âgés de 5 à 8 ans a révélé que le poids des enfants qui se couchaient régulièrement tard était en moyenne supérieur de 1,5 kg à 2,5 kg à celui des enfants qui se couchaient plus tôt. Plusieurs explications possibles.

Menée sur plusieurs années, une étude australienne auprès de 1 250 enfants aborigènes et indigènes âgés de 5 à 8 ans a révélé que le poids des enfants qui se couchaient régulièrement tard était en moyenne supérieur de 1,5 kg à 2,5 kg à celui des enfants qui se couchaient plus tôt. Plusieurs explications possibles.

On le sait, la petite enfance est une période critique, durant laquelle se construit le socle des habitudes de toute une vie. Et mettre en place des routines de sommeil saines peut donner aux enfants les bases qui les aideront à adopter des comportements indispensables à leur santé et leur bien-être futur. Dans un article très intéressant publié sur le site The Conversation, la docteure Yaqoot Fatima, chercheure au Mount Isa Centre for Rural and Remote Health de l’Université James Cook, en Australie, souligne que « le manque de sommeil est de plus en plus fréquent chez les enfants, et des liens entre une courte durée de sommeil dans la petite enfance et le développement de l’obésité sont de régulièrement mis en évidence ».



Facteurs sociodémographiques et modes de vie

Auteur de travaux publiés l’an dernier dans le journal Acta Paediatrica, cette chercheure en épidémiologie diplômée de la School of Public Health de l’Université du Queensland et ses collègues ont analysé quatre années de données collectées auprès de 1 250 enfants aborigènes et indigènes du détroit de Torrès âgés de 5 à 8 ans.
Lors du suivi à trois ans, les résultats de cette étude ont révélé que le poids des enfants qui se couchaient régulièrement tard (après 21 h 30) était en moyenne supérieur de 1,5 kg à 2,5 kg à celui des enfants qui se couchaient plus tôt (vers 19 h), « et ce même après le redressement des données visant à pour tenir compte des facteurs sociodémographiques et des modes de vie », écrivent dans leur rapport les scientifiques.
Si personne ne peut aujourd’hui décrire avec certitude les causes de cette association entre heure de coucher et risque d’obésité, les chercheurs estiment que les enfants qui veillent plus longtemps ont peut-être davantage d’opportunités de se nourrir moins correctement et à des heures moins régulières ou de boire des boissons caféinées.
Les chercheurs n’excluent pas non plus que des facteurs physiologiques plus complexes soient impliqués. En effet, l’horloge interne de l’organisme qui régule le sommeil joue, joue un rôle essentiel dans la sécrétion hormonale, le métabolisme du glucose et l’équilibre énergétique.



« Les habitudes de synchronisation du sommeil peuvent contribuer au risque d’obésité »

Précédemment, d’autres études ont démontré que le sommeil est essentiel à la santé et au bien-être des enfants. Les caractéristiques du sommeil des enfants, comme la durée du sommeil, le moment, la qualité et la variabilité, sont de plus en plus associées à un large éventail de résultats pour la santé.
Une étude menée en 2014 (cliquez ici) par l’Université du Michigan, aux Etats-Unis, auprès d’enfants d’âge préscolaire issu de familles à faibles revenus a révélé le manque de sommeil est associé à un risque accru d’obésité.
Par ailleurs, une revue de littérature scientifique (cliquez ici) menée sur le même thème a, quant à elle, conclu que « le manque de sommeil est de plus en plus fréquent chez les enfants, et des liens entre une courte durée de sommeil dans la petite enfance et le développement de l’obésité sont de régulièrement mis en évidence. »
Cette étude qui remonte à 2015 souligne qu’au-delà de la durée du sommeil, « les habitudes de synchronisation du sommeil peuvent contribuer au risque d’obésité ». Pour les chercheurs, des processus biologiques et comportementaux peuvent expliquer les mécanisme de cette association sommeil/obésité.


(1) Le Massachusetts General Hospital, fondé en 1811, est l’hôpital d’enseignement original et le plus grand de la Harvard Medical School.

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