Reconfinement : le Président Macron rappelle, une fois encore, qu’ « il faut protéger celles et ceux qui sont atteints d’obésité »

Sans surprise, le chef de l’État a confirmé le reconfinement sur l’ensemble du territoire à partir du vendredi 30 octobre jusqu’au 1er décembre, a minima. Certaines règles en vigueur au printemps dernier vont toutefois évoluer. Il a rappelé, une nouvelle fois, qu’il fallait protéger les personnes atteintes d’obésité.

Jamais deux sans trois. Après ses interventions du 12 mars 2020 (premier confinement) et du 14 octobre (couvre-feu), le Président de la République a redit, hier soir mercredi 28 octobre, qu’il fallait protéger les personnes souffrant d’obésité.
Moins de cinq minutes après avoir démarré son allocution, Emmanuel Macron a rappeler les objectifs du gouvernement. « D’abord, il nous faut protéger les plus âgés, les plus fragiles, celles et ceux qui sont, atteint de diabète, d’obésité, d’hypertension, de maladies chroniques et qui sont les premières victimes du Covid-19 », a-t-il précisé avant de souligner que l’âge est le facteur prépondérant : « 85% des malades décidées ont plus de 70 ans ».
Lors de son intervention télévisée, le Président de la République a également énuméré les mesures qu’il avait écartées face à cette recrudescence du virus. Parmi elles, l’immunité collective, « mais jamais la France n’adoptera cette stratégie, jamais nous ne laisserons mourir des centaines de milliers de citoyens », a souligné Emmanuel Macron.
Une ‘’deuxième voie’’ a été évoquée par le chef de l’Etat : ne reconfiner que les aînés et les personnes à risques. « Cette voie n’est pas non plus, au moment où je parle, utilisable », a indiqué le chef de l’Etat.



Les mesures détaillées ce jeudi par le Premier ministre

Au cours de cette nouvelle allocation de plus de vingt minutes, le Président de la République a confirmé plutôt qu’annoncé ce qui se dessinait depuis le week-end dernier et que les Français avaient fini par intégrer : un reconfinement général du pays qui commencera dans la nuit de jeudi à vendredi pour s’achever le 1er décembre.
Ce jeudi à 18 h 30, le Premier ministre Jean Castex devrait détailler aux Français les nouvelles mesures restrictives destinées à enrayer l’épidémie de Covid-19 qu’il a présentées quelques heures plus tôt devant les députés, avec un vote à la clé.
Parmi elles, le port du masque à l’école étendu aux enfants de moins de 6 ans. « Dès la rentrée, le lundi 2 novembre, le protocole sanitaire sera adapté et renforcé pour assurer la protection de tous les enfants, les enseignants, les parents d’élèves, conformément à l’avis que nous a transmis (mercredi 28 octobre) le Haut Conseil de santé publique », a confirmé le chef du gouvernement lors de son allocution devant l’Assemblée nationale.



« Le recours au télétravail doit être le plus massif possible »

« Le recours au télétravail doit être le plus massif possible », a en outre martelé le Premier ministre en précisant que « dans le secteur privé, toutes les fonctions qui peuvent être télétravaillées doivent l’être cinq jours sur cinq ». « Nous devons continuer à travailler autant que possible, bien entendu dans des conditions sanitaires protectrices et tout en stoppant la circulation virale », car « le chômage et la pauvreté peuvent aussi tuer », a ajouté Jean Castex devant l’Assemblée nationale.
Le chef du gouvernement a également défendu le choix d’un nouveau confinement généralisé en France, plutôt que celui d’un confinement ciblant d’abord les personnes plus âgées. « Nous assumons le choix d’accorder la priorité à la protection sanitaire de tous nos concitoyens. Tous les autres pays européens le font. » « L’épreuve qui nous frappe est inédite (…) La solution est entre les mains de chacune et chacun d’entre nous. (…) Nous faisons le choix de la vie et de la solidarité car c’est le seul qui s’impose », a-t-il déclaré avant d’aller présenter, jeudi après-midi, les mesures au Sénat.



La question des critères de vulnérabilité, des cohabitants…

Du côté de la Ligue contre l’obésité, on attend toutefois des réponses précises concernant la confirmation ou non, la révision ou non, des critères de vulnérabilité édictés par le décret toujours en vigueur du 5 mai (1), ainsi que des réponses claires sur la question des cohabitants avec les personnes souffrant d’obésité s’ils sont dans l’impossibilité de télétravailler.
Ces cohabitants, aujourd’hui exposés au risque de l’infection mais aussi de la transmission de la Covid-19 pourront-ils, à nouveau, bénéficier du certificat d’isolement pour du dispositif d’activité partielle ?
Plus que jamais, alors que la pandémie s’emballe à nouveau, la Ligue contre l’obésité souhaite des réponses appropriées et efficaces dans le temps. Car, plus que jamais, l’Etat doit protéger les personnes souffrant d’obésité.



Philippe PALAT


(1) Le décret du 5 mai concernant les critères de vulnérabilité est toujours en vigueur depuis après la suspension, le 15 octobre dernier par le Conseil d’Etat du décret du 29 août qui réduisait de onze à quatre le nombre de ces critères (en savoir plus)