L'obésité et la génétique déterminent bien souvent les complications postopératoires. Des chercheurs américains de Nashville, dans le Tennessee, viennent de démontrer que le risque génétique associé à une situation d'obésité peuvent générer des infections.

L’obésité et la génétique déterminent bien souvent les complications postopératoires. Des chercheurs américains de Nashville, dans le Tennessee, viennent de démontrer que le risque génétique associé à une situation d’obésité peuvent générer des infections.

Les personnes présentant un risque génétique d’embonpoint ou d’obésité sont plus susceptibles d’avoir une hernie incisionnelle (1). C’est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs du Vanderbilt University Medical Center (VUMC) à Nashville (Tennessee, Etats-Unis) et récemment publiée dans le World Journal of Surgery (Suisse).
Si le corps médical estime globalement que l’obésité est un facteur de risque de complications après un acte de chirurgie, la plupart des études menées jusqu’ici ont accordé peu d’intérêt au rôle pourtant fondamental de la génétique. Les chercheurs du VUMC ont comblé ces lacunes en analysant deux grands ensembles de données.



Une cohorte de plus de 800 000 individus

Le premier, des dossiers médicaux des patients de VUMC, a couvert 736 726 personnes, dont 68 266 avaient subi une chirurgie abdominale. Le deuxième, en provenance de douze institutions du réseau eMERGE, a couvert 65 174 personnes, dont 15 355 avaient subi une chirurgie abdominale et un profil génétique connu.
Cette cohorte a permis de déterminer un score de risque génétique associé à l’indice de masse corporelle (IMC), ainsi que sa corrélation avec les complications chirurgicales.
Les deux groupes étaient principalement des femmes et des blancs. L’âge médian était de 49 ans dans le premier groupe et de 67 ans dans le second.
Les résultats du premier groupe ont montré que l’obésité ou le surpoids était associé à une probabilité significativement plus élevée de développer une hernie ou une infection après la chirurgie. Cette association était la plus forte chez les personnes ayant l’IMC le plus élevé (40 kg/m2 ou plus), qui avaient un risque plus de cinq fois plus élevé d’une hernie et étaient deux fois plus susceptibles d’avoir une infection post-chirurgicale que les personnes ayant un IMC normal.
Dans le deuxième groupe, un score génétique prédisant une plus grande probabilité pour l’obésité a également été sensiblement associé à un plus grand risque pour ces deux complications. Une analyse ultérieure a révélé que ce risque accru chez les personnes génétiquement prédites pour être obèses a été principalement entraînée par le changement de l’IMC lui-même.



Un grand risque de mortalité dans les 90 jours après l’opération

Dans les deux groupes, le lien entre l’obésité et les complications postopératoires a été maintenu en limitant l’analyse aux personnes qui avaient subi la chirurgie abdominale générale, urologique, ou gynécologique.
Les résultats ont également indiqué que les personnes en surpoids ou obèses dans le premier groupe ont eu un plus faible risque d’obstruction intestinale, mais un plus grand risque de mortalité dans les 90 jours après chirurgie, en comparaison avec des patients présentant un IMC normal.
« Cette étude a constaté que l’obésité mesurée par l’IMC et le risque génétique est associée aux infections postopératoires et aux hernies incisionnelles » estiment les chercheurs.

(1) Les hernies incisionnelles se développent en raison d’un affaiblissement des muscles provoqué par une incision faite dans une chirurgie, et sont le plus généralement une complication de la chirurgie abdominale.

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