La santé environnementale est la grande oubliée de la sortie de crise de la Covid-19. Face à ce constat, une trentaine d’associations viennent d’interpeller Emmanuel Macron afin d’obtenir des actions fortes pour lutter contre les altérations de la santé due à l’activité humaine et aux multiples pollutions.

Un collectif d’associations citoyennes de défense de l’environnement, des consommateurs, des usagers de santé, d’associations familiales et de professionnels, et de syndicats, demande aujourd’hui au Président de la République de mettre la santé environnementale au cœur du système de santé. Elles viennent de lui adresser un courrier dans lequel elles demandent des mesures concrètes pour protéger la santé de tous. Parmi les signataires, la Ligue contre l’obésité qui s’est positionnée à plusieurs reprises sur ce sujet primordial de la reconnaissance de la santé environnementale. A ce jour, les données scientifiques sur l’impact des pollutions sur la santé n’ont jamais été aussi nombreuses. Pourtant les politiques publiques ne sont pas à la hauteur des enjeux, à l’image du Plan cancer 2021-2030, qui fait l’impasse sur la dimension environnementale. Les associations demandent des mesures efficaces.



L’activité humaine à l’origine de pollutions multiples

Le changement climatique n’est pas la seule conséquence de l’activité humaine. Mauvaise qualité de l’air, bruit, champs électromagnétiques, dégradation progressive des ressources et de la qualité de l’eau, aliments ultra-transformés, perturbateurs endocriniens, métaux lourds, produits cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR)… Les substances extrêmement préoccupantes qui nous environnent sont reliées à l’incroyable développement des maladies chroniques depuis l’après-guerre, et en particulier en ce début de XXIe siècle.
La progression de l’obésité n’est pas étrangère à tous ces facteurs qui constituent un cocktail explosif pour la santé de chacun.



Des pollutions qui nous rendent malades

Cancers, obésité, diabète, troubles de la reproduction, du comportement, maladies neurodégénératives… L’explosion des maladies chroniques est liée principalement à ces pollutions invisibles que l’homme a créées.
Le nombre des affections de longue durée (ALD) pour ces maladies a doublé entre 2003 et 2017 et les enfants ne sont pas épargnés.
Chaque année en Europe, plus de 6 000 enfants décèdent des suites de cancers – dont plus de < strong>500 en France – soit l’équivalent de 240 classes d’école.
L’obésité, quant à elle, bien que toujours non reconnue comme une pathologie à part entière et non prise en charge par l’Assurance maladie, touche 7 millions de Français, soit 15% de la population nationale (1). Dans l’Hexagone, la hausse de l’obésité a triplé en quarante ans (5,30% en 1981) confirmant l’échec des Plans Nationaux Nutrition Santé (PNNS) à répétition.



Une vulnérabilité accrue face aux nouveaux virus

La pandémie de Covid-19 a révélé la vulnérabilité particulière de celles et ceux qui souffraient d’affections sous-jacentes. Il n’est donc pas possible de s’en tenir à une analyse simpliste qui relie uniquement à l’âge la vulnérabilité à la Covid-19 alors que ce sont au moins tout autant les facteurs de comorbidité liés aux maladies chroniques qui favorisent la gravité de la maladie.
Pour l’obésité, les données publiées régulièrement sont imparables : le risque d’être hospitalisés est de 64 % et celui de mourir de 56 % pour les personnes souffrant d’obésité atteintes de la Covid-19 (cliquez ici)



Réduire les pollutions pour prévenir les maladies et protéger l’environnement

En France, il existe des « Plans Nationaux Santé Environnement » destinés à mieux comprendre l’impact des pollutions sur la santé et surtout à les réduire à la source. Après plus de quinze ans d’existence, ils ont pour l’instant échoué à protéger efficacement notre santé. Des propositions intéressantes ont été récemment formulées par une commission d’enquête parlementaire.
Les associations demandent des actions fortes sur tous les plans concernant la santé environnementale : agriculture, alimentation, santé, formation, produits de consommation, biodiversité, transports, logements, aménagement du territoire, etc. Une manière d’éviter de nouvelles crises, de réduire les inégalités croissantes et d’enfin s’attaquer frontalement à la maladie obésité.



Philippe PALAT (avec Réseau Environnement santé)

(1) Source étude épidémiologique ObEpi 2012

Lire la lettre adressée au Président de la République ici