Des chercheurs italiens de l’Institut Bruno Leoni pointent du doigt les divergences dans la mesure du surpoids et de l’obésité dans les pays les différents pays de l’Union Européenne. Ils estiment que les méthodologies différent trop d’un pays à l’auteur et empêche les évaluations ou analyses parallèles. Ils préconisent de nouvelles vagues d’enquête harmonisées et régulières dans toute l’Europe.

Des chercheurs italiens de l’Institut Bruno Leoni pointent du doigt les divergences dans la mesure du surpoids et de l’obésité dans les pays les différents pays de l’Union Européenne. Ils estiment que les méthodologies différent trop d’un pays à l’auteur et empêche les évaluations ou analyses parallèles. Ils préconisent de nouvelles vagues d’enquête harmonisées et régulières dans toute l’Europe.

La façon dont l’obésité est mesurée dans l’ensemble de l’Union Européenne et des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) . Un rapport de l’Instituto Bruno Leoni (1) intitulé « Comparer les oranges avec les pommes ? Obésité et surpoids en Italie et de la zone OCDE » montre que les comparaisons internationales existantes mesurant l’obésité sont erronées en raison de données inexactes compilées au niveau national.
Pour Carlo Stagnaro et Ornella Darova (2), les deux auteurs du rapport, « cela crée une distorsion récurrente des statistiques sur le surpoids et l’obésité, et entraîne des problèmes importants dans l’élaboration des politiques ».
« Ces écarts présentent de réelles difficultés pour les décideurs et les chercheurs, car sans données fiables, ils ne peuvent pas évaluer correctement l’efficacité de leurs politiques. Le fait que les pays compilent leurs ensembles de données différemment rend la comparaison internationale redondante et inefficace », écrivent les membres de l’Instituto Bruno Leoni.



Des données anonymes ou pas qui peuvent fausser les comparaisons

Pour les auteurs de l’article, si deux pays ayant des niveaux identiques d’obésité recueillent leurs données différemment, cela crée des résultats trompeurs. « Si un pays utilise des enquêtes d’auto-évaluation qui ont tendance à sous-estimer l’indice de masse corporelle (IMC) des individus, et qu’un autre pays fait appel à des experts pour prendre des lectures précises, alors la comparaison internationale montrera des niveaux plus élevés d’obésité dans le second pays malgré les mêmes niveaux d’obésité réelle », estiment les chercheurs.
Les auteurs, qui utilisent l’Italie comme étude de cas, ont identifié plusieurs problèmes qui peuvent fausser les comparaisons. A commencer par la collecte de données qui est souvent effectuée à intervalles irréguliers, rendant impossibles les comparaisons avec les années précédentes. Au point : différents groupes d’âge sont sélectionnés chaque année au lieu d’utiliser les catégories prédéfinie par l’Organisation mondiale de la santé.
Les membres de l’Instituto Bruno Leoni expliquent aussi que les données sont recueillies au moyen d’enquêtes non anonymes, « ce qui peut entraîner une mesure des niveaux d’obésité inférieurs à ceux qui sont réellement présents ».
Enfin, il constate qu’il existe d’importants retards dans la publication des ensembles de données. « Par exemple, les données les plus récentes sur l’obésité infantile ont été achevées et devaient être publiées en avril 2020, mais elles ne sont toujours pas publiées près d’un an plus tard », déplorent les auteurs de l’article.



« L’obésité et le surpoids chez les enfants sont de graves problèmes individuel et social »

Ces erreurs méthodologiques sont confirmées par une anomalie statistique dans les données sur l’obésité infantile. Étant donné que le meilleur prédicteur de l’obésité chez les adultes est l’obésité infantile, il faut s’attendre à des niveaux similaires d’obésité pour les mêmes personnes d’une année à l’autre. Cependant, les données italiennes révèlent qu’il y a des niveaux considérablement plus élevés d’obésité chez les enfants que chez les adultes.
A ce titre, Carlo Stagnaro, co-auteur du rapport, a déclaré que « l’obésité et le surpoids, en particulier chez les enfants, sont de graves problèmes tant au niveau individuel que social. Des données précises sont nécessaires pour évaluer l’ampleur du problème dans différents pays ou dans différents groupes sociaux. Les données sont également nécessaires pour concevoir correctement les politiques et évaluer leur efficacité . Malheureusement, les politiques sont souvent fondée sur des données peu fiables ou, au mieux, sur des données qui, bien que fiables en soi, peuvent difficilement être comparées à travers le pays ou au fil du temps ».



« De nouvelles vagues d’enquêtes harmonisées devraient être lancées dans toute l’Europe »

Selon les membres de l’Instituto Bruno Leoni, une mesure harmonisée de l’obésité et du surpoids devrait être conçue au niveau international pour régler cette difficulté. « Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il sera possible de faire des comparaisons internationales et d’examiner correctement la politique de santé publique. Les ensembles de données devraient être collectés à intervalles réguliers par des experts et ne pas s’appuyer sur des enquêtes d’auto-évaluation pour éviter des résultats biaisés », estiment les chercheurs.
De son côté, la co-auteure Ornella Darova, a ajouté que « les données italiennes fragmentées sur l’obésité sont fragmentées : elles proviennent de différentes enquêtes, avec des méthodologies et des lignes directrices différentes, administrées par intermittence. Cela crée des incohérences évidentes : par exemple, les enfants italiens semblent être plus susceptibles que leurs pairs européens d’être en surpoids, mais à mesure qu’ils grandissent et deviennent adolescents ou jeunes adultes, la prévalence de l’obésité tombe à la moyenne ou en dessous ».
Et Ornella Darova de poursuivre : « La plupart des enquêtes sont auto-administrées et manquent d’être vérifiées par du personnel suffisamment qualifié. Au lieu de créer des politiques – telles que la réglementation de la malbouffe, les taxes sur le sucre ou les exigences alimentaires – basées sur des données fragiles, de nouvelles vagues d’enquêtes harmonisées et périodiques devraient être lancées dans toute l’Europe. »



Philippe PALAT

(1) L’Institut Bruno Leoni à Milan, du nom du philosophe et universitaire Bruno Leoni, est un groupe de réflexion libertaire italien qui promeut les idées libérales classiques en Italie et en Europe. Il a été fondé en 2003.

(2) Carlo Stagnaro est directeur de l’Observatoire de l’économie digitale de l’Institut Bruno Leoni. Ornella Darova est la cofondatrice du magazine italien Neos (nouvelles économiques et géopolitiques).

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