Des chercheurs italiens recommandent aux personnes atteintes d’obésité de doubler leur temps d’auto-isolement à 28 jours. Ces experts se basent sur la recherche autour des épidémies de grippe pour faire valoir que ces personnes sont plus sensibles à des infections comme le Covid-19. Selon eux, ces patients peuvent être contagieux pendant plus longtemps.

Des chercheurs italiens recommandent aux personnes atteintes d’obésité de doubler leur temps d’auto-isolement à 28 jours. Ces experts se basent sur la recherche autour des épidémies de grippe pour faire valoir que ces personnes sont plus sensibles à des infections comme le Covid-19. Selon eux, ces patients peuvent être contagieux pendant plus longtemps.

Faut-il prolonger la quarantaine des personnes atteintes d’obésité ? Communément établie à quatorze jours, cette période doit être doublée et passer à vingt-huit jours si l’on en croit deux chercheurs de l’Institut scientifique de recherche, d’hospitalisation et de soins de santé de Milan, en Italie. Le professeur Livio Luzi, endocrinologue et diabétologue de renommée mondiale et le docteur Maria Grazia Radaelli estiment, en effet, que les personnes en situation d’obésité atteintes par le Covid-19 sont potentiellement plus contagieuses que les patients minces.
Pour arriver à cette conclusion, les experts italiens ont évalué les interactions possibles entre l’obésité et le Covid-19 en fonction de la façon dont les virus comme la grippe affectent les personnes obèses. Selon eux, les personnes en situation d’obésité ont besoin de plus de temps pour se débarrasser du virus de la grippe que les sujets plus maigres, « ce qui signifie qu’ils peuvent avoir été contagieux pendant plus longtemps ».


« Plus de temps à produire des réponses immunitaires »

Autre constat réalisé par le professeur Luzi et le docteur Radaelli : « Les personnes atteintes d’obésité prennent plus de temps à produire des réponses immunitaires au niveau cellulaire nécessaire pour lutter contre les infections virales, ce qui permet aux virus de se répliquer plus rapidement dans le corps », écrivent les deux experts.
Les chercheurs italiens estiment également que l’indice de masse corporelle est corrélé avec le virus infectieux dans l’haleine expirée, ce qui peut causer la transmission « dite gouttelettes » du Covid-19.
Estimant que l’obésité peut également être caractérisée par une inflammation chronique de faible qualité pouvant entraver la réponse immunitaire des individus au virus, les deux chercheurs se disent persuadés que « les personnes obèses peuvent être moins en mesure de lutter contre le coronavirus, une fois exposés ».



« Une auto-quarantaine d’une durée double »

Autant d’arguments qui incitent le professeur Livio Luzi et le docteur Maria Grazia Radaelli à préconiser que « jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible, les personnes obèses, adultes ou adolescents, devraient observer une auto-quarantaine d’une durée double si elles ont – ou pensent qu’elles ont – été infectés par le coronavirus ». Dans leur conclusion, les deux chercheurs écrivent que « l’isolement des cas positifs et la distanciation sociale sont les principales interventions ».
Ces deux chercheurs italiens ont publié leur évaluation dans la collection d’urgences de santé publique nature de l’Institut national de la santé. Cette évaluation est accessible dans la bibliothèque nationale américaine de médecine.

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