Le 13ème livre de Mademoiselle Caroline, dessinatrice de bande dessinée, est co-signé avec sa comparse et complice de régimes et rondeurs, Mathou. "A volonté, tu t'es vue quand tu manges ?" conte la vie de deux rondes au pays de la grossophobie. Pour rire mais aussi pour réfléchir sur un monde souvent sans concession. Avec une préface rédigée par Gabrielle Deydier.

Le 13ème livre de Mademoiselle Caroline, dessinatrice de bande dessinée, est co-signé avec sa comparse et complice de régimes et rondeurs, Mathou. « A volonté, tu t’es vue quand tu manges ? » conte la vie de deux rondes au pays de la grossophobie. Pour rire mais aussi pour réfléchir sur un monde souvent sans concession. Avec une préface rédigée par Gabrielle Deydier.

« Avortez. », « Il va falloir faire un autre sport, votre fille n’est pas assez gracieuse pour la danse. », « On ne va pas avoir votre taille en rayon. », « T’as de la chance d’être grosse, au moins t’existes. »… Les journées de Mathou et Mademoiselle Caroline sont remplies de ces petites phrases, parfois anodines mais toujours assassines à propos de leur poids. Jetées quotidiennement à la figure des personne à forte corpulence, ces petites vexations douloureuses ou ces injonctions brutales construisent le dénigrement et confortent la grossophobie, c’est-à-dire la peur ou la haine des gros.
Dans « A volonté, tu t’es vu quand tu manges ? », publié aux éditions Delcourt (1), on assiste, en souriant souvent en réfléchissant surtout, au parcours du combattant de deux amis aux prises aussi bien avec les profiteroles que les peurs et les angoisses. Car derrière l’humour des réparties et le trait épuré du dessin, c’est bien un cri du cœur qui résonne. Un cri du coeur pour faire prendre conscience de cette réalité tant ce ne sont pas les kilos en eux-mêmes qui pèsent sur leur moral et leur existence, mais le regard intransigeant et accusateur que les autres posent sur elles.



Complices copines de combat de de régimes

Parce que cette grossophobie se niche partout, aussi bien dans les séries télévisées, dans les magazines que les blagues lâchées par des collègues de travail ou même dans le milieu familial, Mademoiselle Caroline et sa complice Mathou ont décidé de mettre en scène leur vécu. Si l’une essaie désormais de s’accepter, l’autre fera toujours en sorte d’essayer de mincir mais ensemble, les deux autrices livrent leurs expériences et font prendre conscience aux lecteurs que la grossophobie est un mal sociétal. Un mal sournois qui affecte la personnalité et peut conduire jusqu’à l’isolement, l’exclusion.
Ce livre dessiné, imaginé et scénarisé à quatre mains avec la dessinatrice Mathou, raconte donc la journée des deux complices copines de combat et de régimes. Et délivre, au fil des pages, « cette accumulation de piques, d’attaques, de petites phrases entendues et de contraintes intégrées qui freinent les élans spontanés, douchent les petites joies et abîment le moral et l’estime de soi », précise Physchologies Magazine qui a chroniqué l’ouvrage début décembre (cliquez ici).
La préface est signée de Gabrielle Deydier qui a raconté son parcours dans le livre « On ne naît pas grosse » et dans le film « On achève bien les gros » (cliquez ici)
« Si la grossophobie est de plus en plus dénoncée et trouve aujourd’hui sa définition dans le dictionnaire, elle n’en reste pas moins une sorte de monstre à plusieurs têtes qu’il faut combattre car elle est omniprésente », écrit dit-elle. La combattre, comme l’écrivent Mademoiselle Caroline et sa comparse Mathou, « A volonté »



Philippe PALAT

A propos des auteurs :

Mademoiselle Caroline est née à Paris et réside en Haute-Savoie. Elle est l’auteure de plusieurs albums humoristiques et autobiographiques « Quitter Paris » et « Je commence lundi, le régime anti-régime » (City). En 2013, elle a publié « Chute libre, carnets du gouffre » (Delcourt), un récit sur ses trois dépressions qui a suscité l’engouement des médias et des lecteurs. Elle est la dessinatrice de Touriste avec Julien Blanc-Gras au scénario (Delcourt) et, plus récemment, l’auteure et dessinatrice de « Enceinte ! C’est pas une mince affaire » et « Le Mariage pour les Nuls en BD » (Delcourt). En 2016 avec Julie Dachez, elles publient « La Différence invisible », sur le syndrome d’Asperger, inspiré du blog de Julie (cliquez ici). En 2020, elle collabore avec Marie Donzelli et croque avec humour le portrait de nouvelle génération d’adolescents, les « Millenials » avec Adoleschiante paru aux Editions Delcourt.
Mathou est née à Angers où elle réside. Diplômée en marketing politique, elle se lance en autodidacte dans l’illustration en créant son blog Crayon d’Humeur en 2007. Elle y publie ses dessins et y relate sa vie de jeune maman. Ce blog rencontre un vif succès et lui ouvre les portes de l’édition. Elle publie deux recueils de crobards, « Tout plaquer et aller prendre un bain » et « Les Wonderwome » aussi mettent une culotte gainante en 2016 (Éditions Monsieur Pop Corn). En 2018, en collaboration avec Sophie Henrionnet, elle publie chez Delcourt « Et puis Colette », l’histoire d’une petite fille de 7 ans, orpheline depuis peu et recueillie par une tante pas tout à fait préparée à la vie de famille. Début 2020, elle nous raconte ses peurs et ses phobies, avec « Peurs Bleues » (Delcourt) avec une touche particulière qu’on lui reconnaît, l’autodérision !

(1) « A volonté, tu t’es vu quand tu manges ? », éditions Delcourt, 128 pages, 17,95 €.

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