On le sait : l'obésité est responsable de diabète, de maladies cardiovasculaires et de cancers. Elle réduit l'espérance de vie et coûte chère. Investir dans sa prévention est rentable. C'est la conclusion du rapport de l'OCDE portant sur 52 pays.

On le sait : l’obésité est responsable de diabète, de maladies cardiovasculaires et de cancers. Elle réduit l’espérance de vie et coûte chère. Investir dans sa prévention est rentable. C’est la conclusion du rapport de l’OCDE portant sur 52 pays.

Les analyses de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sont formelles : la prévention de l’obésité est payante. Chaque dollar dépensé génère jusqu’à six dollars de retour sur investissement. Lorsque l’on sait que le surpoids est responsable, en moyenne, de 70% de tous les coûts de traitements du diabète, de 23% de ceux des maladies cardiovasculaires et de 9% de ceux des cancers, on se dit qu’il est urgent que les 367 pays membres de l’OCDE se penche sur la question du financement de la prévention.
L’OCDE, qui fait également des projections sur les trois décennies à venir, estime que le traitement des maladies liées au surpoids coûtera au total 425 milliards de dollars par an aux 52 pays analysés.
D’ici 2050, 92 millions de décès prématurés dus à des maladies liées à l’obésité devraient survenir dans les pays de l’OCDE, du G20 et de l’Union européenne des 28, selon ce rapport.



Les taux moyens d’obésité des adultes sont passés de 21 % en 2010 à 24 % en 2016

La réduction de l’espérance de vie liée au surpoids dans les trois décennies à venir (2020-2050) aura le plus d’impact (4,2 années perdues) au Mexique, talonné par la Russie et la Pologne (3,9 années) suivis des États-Unis (3,7). La France (2,3 années de perdues) se situant au-dessous de la moyenne de près de trois ans projetée pour l’Union européenne (2,9) et l’OCDE (2,7). Plus de la moitié de la population de 34 pays parmi les 36 membres de l’OCDE est en surpoids et pratiquement une personne sur quatre est obèse. Les taux moyens d’obésité des adultes dans les pays de l’OCDE sont passés de 21 % en 2010 à 24 % en 2016, de sorte que 50 millions de personnes supplémentaires sont maintenant obèses. En 2016, l’obésité adulte était de 27,8% au Royaume-Uni, de 23,8% en Espagne, de 24,9% en Grèce et en dessous de la moyenne de l’UE en Belgique (21,1%) et en France (21,6%).



La France, très mauvais élève

Des pays comme les États-Unis consacrent 14% de leur budget santé à l’obésité, au surpoids et aux maladies associées. Si l’Allemagne prévoit chaque année une enveloppe de 11% de son budget et la France, très mauvais élève en matière de prévention, y consacre seulement environ 5%. Ce qui équivaut pour les États-Unis, l’Allemagne et les Pays-Bas respectivement à 645 dollars, 411 et 352 par habitant et par an, en tenant compte des disparités de pouvoir d’achat. Cette projection de dépense est évaluée à 148 dollars pour la France. La moyenne pour les pays de l’OCDE s’établissant à 209 et à 195 dollars pour l’UE des 28. L’OCDE qui appelle à agir plus efficacement pour enrayer l’épidémie d’obésité et de surpoids avance plusieurs moyens d’y parvenir : une réduction de 20% des calories contenues dans les aliments riches en sucre, en sel, en calories et en graisses saturées pourrait permettre d’éviter d’ici 2050 1,1 million de cas de maladies chroniques par an, selon une analyse incluant 42 pays. Cette mesure leur permettrait d’économiser 13,2 milliards de dollars par an en réduisant les dépenses de santé.

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