Commandé par la Ligue contre l’obésité à l’Institut Odoxa dans le cadre de la Journée mondiale contre l’obésité, un sondage révèle les vrais chiffres de la discrimination envers les personnes souffrant d’obésité. Les jeunes en situation d’obésité sont 4 fois plus souvent victimes de stigmatisation que les autres. Un fléau qui se répète dans la sphère publique, à l’école, au travail, en famille et même dans la sphère médicale.

Commandé par la Ligue contre l’obésité à l’Institut Odoxa dans le cadre de la Journée mondiale contre l’obésité, un sondage révèle les vrais chiffres de la discrimination envers les personnes souffrant d’obésité. Les jeunes en situation d’obésité sont 4 fois plus souvent victimes de stigmatisation que les autres. Un fléau qui se répète dans la sphère publique, à l’école, au travail, en famille et même dans la sphère médicale.

Les discriminations sont un fléau pour tous les Français, mais plus particulièrement pour ceux en situation d’obésité. Afin de connaître véritablement et avec précision l’ampleur du phénomène, la Ligue contre l’obésité a commandé un sondage sur la grossophobie en France à l’Institut Odoxa.
Réalisée durant l’automne 2020 auprès de 12 000 personnes, dont 2 200 enfants, cette vaste enquête d’opinion vient d’être dévoilée ce mardi 2 mars 2021 dans le cadre de la Journée mondiale contre l’obésité (cliquez ici). Et les résultats ne souffrent malheureusement d’aucune ambiguïté : les personnes atteintes d’obésité sont parmi celles qui sont les plus discriminées.
Selon l’Institut Odoxa, près d’un Français sur cinq (18%) subit actuellement, ou a déjà subi, des discriminations. Parmi elles, les personnes en obésité en sont particulièrement victimes, et notamment les jeunes femmes. En effet, près d’une jeune femme sur deux (47%) en situation d’obésité est victime de grossophobie.
Pire : les personnes en situation d’obésité subissent ces discriminations de façon répétées et partout : dans la sphère publique, à l’école, au travail, chez elles et même dans la sphère médicale
Si le sondage révèle également qu’un enfant sur dix subi des discriminations, les jeunes en situation d’obésité en sont 4 fois plus souvent victimes que les autres (40%).
Dans ses résultats, Odoxa précise que ce sont les adolescentes qui en sont les premières cibles : 54% des jeunes filles en obésité âgées de 14 à 17 ans souffrent de ces discriminations !



Les jeunes sont 6 fois plus nombreux que les seniors à subir ou avoir subi ces discriminations

Dans le détail, l’enquête Odoxa montre que les personnes en situation d’obésité dite modérée (IMC>30) sont 23% à subir des discriminations. Elles sont 28% en cas d’obésité sévère (IMC >35) et 41% en cas d’obésité massive. Soit un niveau de discrimination plus de deux fois plus élevé que celui observé dans la population générale.
Cette propension à subir des discriminations et surtout à les ressentir est largement corrélée à l’âge et au sexe des personnes interrogées. Ainsi, les jeunes sont 6 fois plus nombreux que les seniors (6% vs 36%) à déclarer subir ou avoir subi ces discriminations. Réciproquement, les femmes, et notamment les jeunes femmes, en ont été particulièrement victimes : 38% des jeunes femmes contre 27% des jeunes hommes.
45% des jeunes de 18 à 24 ans en obésité, et surtout 47% des jeunes femmes concernées disent avoir déjà subi des discriminations. Cela représente une dizaine de points de plus que la moyenne des jeunes en général et des jeunes femmes en particulier.



70% des personnes en obésité discriminées au moins une fois par semaine

Selon Odoxa, ces discriminations sont récurrentes et même très fréquentes : la majorité des personnes discriminées en sont victimes au moins une fois par mois (74%), voire au moins une fois par semaine (54%).
Les personnes en situation d’obésité sont particulièrement ciblées voire harcelées : alors que parmi les personnes discriminées, celles ne présentant pas de surpoids sont 48% à subir ces discriminations de manière hebdomadaire, les personnes en obésité sont 70% à les subir à un tel rythme régulier.
Les personnes en situation d’obésité discriminées subissent cette stigmatisation dans l’espace public (50%), dans le domaine scolaire ou professionnel (45%) et, dans une moindre mesure, dans leur cercle familial (22%) ou même dans le domaine médical (19%).
Si les totaux dépassent largement les 100%, c’est que les discriminations subies par les personnes en situation d’obésité ne se limitent pas à une seule sphère. Elles les affectent très souvent dans plusieurs domaines de leur vie quotidienne : un quart d’entre eux (24%) subissent ainsi des discriminations dans plusieurs de ces domaines (12% dans deux domaines et 12% dans trois domaines ou plus).
« La grossophobie est présente aussi bien dans la sphère familiale que dans le domaine scolaire ou social. Elle s’infiltre dans le secteur professionnel, se faufile, à coups de remarques inappropriées, dans le monde médical, commente Agnès Maurin, la directrice cofondatrice de la Ligue contre l’obésité. Elle est attisée par les réseaux sociaux et leur lâche anonymat. Elle gagne sournoisement du terrain dans tous les compartiments de l’existence. Parfois jusqu’à détruire des vies ».



Les jeunes en situation d’obésité 4 fois plus souvent victimes de discrimination que les autres enfants

Menée sur près de12 000 personnes, dont 2 200 enfants, l’étude Odoxa démontre que les discriminations ne concernent pas que les adultes…
Plus d’un enfant sur 10 (11%) âgé de 2 à 17 ans en France subit ou a déjà subi des discriminations.
Auprès des enfants en situation d’obésité la situation est encore plus préoccupante puisque ces derniers sont 4 fois plus nombreux que les autres à subir des discriminations (40% des 8-17 ans en situation d’obésité).
La situation est particulièrement plus rude à l’adolescence : 22% des 14-17 ans en France ont déjà été victimes de discriminations ou le sont encore. Quant aux jeunes en situation d’obésité, ils sont 35% à souffrir de grossophobie.



54% des adolescentes sont les plus touchées par les discriminations

Si l’adolescence est plus sensible aux discriminations, un sexe l’est également : les filles. Le sondage d’Odoxa souligne que les filles âgées de 8 à 17 ans en situation d’obésité sont une majorité (54%) à subir ou avoir subi des discriminations.
« Qu’importe l’âge ou le sexe, qu’importe l’origine ou la catégorie sociale… les préjugés et des stéréotypes s’abattent sur des êtres dont le seul fait d’être corpulent est réduit, au mieux par ignorance des causes, au pire par méchanceté gratuite, à une question de volonté personnelle, de manque de courage, de paresse, explique Agnès Maurin, la directrice de la Ligue contre l’obésité. La grossophobie, c’est la mise en accusation de l’apparence physique. Sur fond de culpabilisation des personnes atteintes d’obésité, c’est le procès injuste de la corpulence. »


Philippe PALAT

Pour en savoir plus : cliquez ici


(1) Enquête réalisée par l’institut Odoxa pour la Ligue contre l’obésité auprès d’un échantillon de Français interrogé par Internet du 24 septembre au 5 octobre 2020.
11 827 personnes ont été interrogées dans le cadre de cette grande enquête.
Echantillon représentatif de 9 598 Français âgée de plus de 18 ans, à l’exclusion des femmes enceintes ou ayant accouché au cours des 3 mois précédant l’enquête et un échantillon représentatif de 2 229 Français âgée de moins de 18 ans parmi lesquels 542 adolescents âgés de 15 à 17 ans et 1 642 enfants âgés de moins de 15 ans.
La représentativité de cet échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, niveau de diplôme et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.
Dans un échantillon de 10 000 personnes, si le pourcentage observé est de 20%, la marge d’erreur est égale à 0,8%