Lors du récent Congrès européen et international sur l’obésité, les experts ont abordé la situation mondiale de l’obésité infantile. Si l’IMC moyen des enfants a augmenté au cours des derniers quarante ans, dans certains pays développés la tendance seraient à la stabilisation, mais à « un rythme inacceptable » indiquent les auteurs du rapport.

Lors du récent Congrès européen et international sur l’obésité, les experts ont abordé la situation mondiale de l’obésité infantile. Si l’IMC moyen des enfants a augmenté au cours des derniers quarante ans, dans certains pays développés la tendance seraient à la stabilisation, mais à « un rythme inacceptable » indiquent les auteurs du rapport.

Le surpoids et l’obésité frappent dès le plus jeune âge. A l’occasion du récent Congrès européen et international sur l’obésité qui s’est tenue en ligne du 1er au 4 septembre, plusieurs spécialistes de l’obésité, tous membres de l’Ecole de santé publique de l’Université de Dublin en Irlande (C.M. Murrin, S. Bel Serrat, L. Mitchell, M. Heinen et C. Kelleher), ont abordé le sujet de l’obésité infantile.
En préambule, ces experts ont rappelé qu’en 2012, dans le cadre d’un plan de mise en œuvre visant à améliorer la nutrition des bébés, des jeunes enfants et des adolescents, l’Assemblée mondiale de la santé s’est fixé comme objectif mondial de ne pas augmenter leur surpoids d’ici 2025. « L’objectif de notre recherche est d’examiner les données disponibles existantes pour voir si nous sommes sur la bonne voie pour atteindre cet objectif », ont commenté les chercheurs.



« Peu de place pour la complaisance »

Pour argumenter leur expertise, les experts irlandais se sont appuyés sur les données du réseau NCD‐RisC (1). Ils ont analysé les tendances mondiales en matière d’obésité chez les enfants et les adolescents à partir des données de population regroupées de l’indice de masse corporelle moyen (IMC) recueillies entre 1975 et 2016.
Selon eux, bien qu’il existe des preuves incontestées que l’IMC moyen a augmenté au cours des quatre dernières décennies, « il y a une indication que l’IMC des enfants et des adolescents se stabilise dans certains pays développés. Cette constatation a été observée de plusieurs autres sources, mais il y a peu de place pour la complaisance », reconnaissent les auteurs qui avouent que « les niveaux de surpoids et d’obésité dans bon nombre de ces pays se stabilisent à un rythme encore inacceptable ».



Des taux d’obésité jusqu’à 30 % et de surpoids jusqu’à 50%

En 2017, l’Organisation de coopération et de développement économiques a signalé des taux d’obésité infantile dans 29 pays qui variaient de 10 % à 30 %. Si la prévalence du surpoids est incluse, cela s’étendrait jusqu’à 50%.
En outre, les données de l’Initiative de surveillance de l’obésité infantile de l’Organisation mondiale de la santé indiquent que dans les pays développés, le nivellement du surpoids et de l’obésité n’est pas observé chez les enfants défavorisés.
Selon les constatations des experts de l’Université de Dublin, dans les pays à faible revenu, le défi de la dénutrition est encore omniprésent. Pire : avec la croissance démographique, le nombre d’enfants et d’adolescents souffrant d’insuffisance pondérale ou souffrant d’insuffisance pondérale continue d’être plus élevé que le nombre d’enfants et d’adolescents en surpoids ou obèses. « Néanmoins, bon nombre de ces pays sont également confrontés au double fardeau de la malnutrition, les enfants étant sous-alimentés et les adultes souffrant de surpoids et d’obésité », écrivent les auteurs. Il existe également des chiffres frappants dans des pays dont l’économie est en croissance, qui connaissent une « transition nutritionnelle » qui se manifeste généralement par des taux accélérés d’obésité infantile.
« L’expérience mondiale du surpoids et de l’obésité chez les enfants continue d’être discordante. Les politiques et les interventions conçues pour réduire les taux d’obésité doivent faire en sorte qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte », ont expliqué les chercheurs lors de leur intervention.

(1) La NCD Risk Factor Collaboration (NCD-RisC) est un réseau de scientifiques de la santé à travers le monde qui fournit des données rigoureuses et opportunes sur les facteurs de risque de maladies non transmissibles (MNT) pour 200 pays et territoires. Le groupe travaille en étroite collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), par l’intermédiaire du Centre collaborateur de l’OMS sur la surveillance et l’épidémiologie des MNT à l’Imperial College de Londres.

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