L’Enquête nationale d’examen de la santé et de la nutrition 2017-2018 vient de révéler que le taux d’obésité aux Etats-Unis a augmenté de moitié depuis 1999-2000. Ces analyses font apparaître que près de 10% de la population américaine est gravement atteinte d’obésité.

L’Enquête nationale d’examen de la santé et de la nutrition 2017-2018 vient de révéler que le taux d’obésité aux Etats-Unis a augmenté de moitié depuis 1999-2000. Ces analyses font apparaître que près de 10% de la population américaine est gravement atteinte d’obésité.

En septembre dernier, l’annonce avait déjà fait l’effet d’une bombe dans le monde médical : pour la première fois, le taux d’obésité chez les adultes de plus de 20 ans aux États-Unis a franchi la barre de 42% de la population pour atteindre 42,4% (cliquez ici). Un bien triste record qui comptabilisait toutes les personnes identifiées comme ayant un IMC>30 (Indice de masse corporelle égal ou supérieur à 30) selon le rapport ‘’État de l’obésité : de meilleures politiques pour une Amérique en meilleure santé’’ publié par Trust for America’s Health (TFAH).
Quelques semaines après la révélation de ces chiffres, d’autres données viennent d’être publiées par l’Enquête nationale sur la santé et la nutrition (NHANES).
Ils assombrissent le décor. Non seulement, ces données confirment que 9,2 % de la population souffrent d’obésité massive (IMC>40), mais on y apprend également que 30,7% des adultes américains étaient en surpoids (IMC de 25 à 29,9) dans la période de 2017-2018. Un score très élevé qui, ajouté aux taux obésité, indique que 73% de la population américain est aujourd’hui en surpoids ou en situation d’obésité. Soit trois Américains sur quatre !



Les adultes de 40 à 59 ans ont connu les taux d’obésité les plus élevés

Menée notamment par Cheryl Fryar, statisticien en santé pour les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention – CDC) du gouvernement américain, cette vaste étude indique que lorsque les résultats sont stratifiés selon l’âge, les adultes de 40 à 59 ans ont connu les taux d’obésité les plus élevés (45 % avec un IMC>30). Dans la période 2017-2018, les hommes d’âge moyen présentent la prévalence la plus élevée de l’obésité avec un taux de 46 %.
Les taux d’obésité varient également selon l’origine ethnique. Par exemple, les Américains d’origine asiatique non hispanique ont constamment les taux d’obésité les plus faibles, avec seulement 18 % et 17 % des hommes et des femmes asiatiques ayant un IMC>30 au cours de la période d’enquête la plus récente.
De leur côté, les adultes américano-mexicains présentent parmi les taux les plus élevés, avec 51% des hommes et 50% des femmes souffrant d’obésité. De même, 41 % des hommes noirs non hispaniques sont atteints d’obésité, tout comme 57 % des femmes adultes noires.
« Bien que l’IMC soit largement utilisé comme mesure de la graisse corporelle, à un niveau d’IMC donné, la graisse corporelle peut varier selon le sexe, l’âge, la race et l’origine hispanique, souligne Cheryl Fryar et ses collègue des CDC. La recherche suggère que les risques pour la santé peuvent commencer à un IMC plus faible chez les personnes asiatiques que chez d’autres. »



En 1960-1962, seulement 13,4 % des adultes souffraient d’obésité

La prévalence actuelle de l’obésité aux États-Unis contraste fortement avec ce à quoi ressemblait le pays il y a plusieurs décennies. Selon les données nationales de la période d’enquête de 1960-1962, seulement environ 13,4 % des adultes étaient en situation d’obésité et moins de 1 % présentaient une obésité grave. Au cours de cette même période d’enquête, environ 31,5% des adultes américains ont été considérés comme en surpoids.
Du début des années 1960 à aujourd’hui, les taux d’obésité ont augmenté régulièrement chaque décennie, doublant de 15 % en 1976-1980 à 30,9 % en 1999-2000.
Mais depuis le début du siècle, la hausse des taux d’obésité a semblé ralentir malgré une augmentation continue. En effet, les seules fois où les taux d’obésité ont diminué au cours des 60 dernières années a été en 2007-2008 et à nouveau en 2011-2012.



Près d’un enfant sur cinq âgés de 2 à 19 ans atteint d’obésité

En ce qui concerne les enfants, les chercheurs ont constaté que 19,3% des Américains âgés de 2 à 19 ans souffraient d’obésité dans la période 2017-2018. Parmi eux, environ 6,1 % ont été identifiés comme ayant une obésité sévère.
L’étude démontre par ailleurs que 16,1 % des enfants américains étaient en surpoids au cours de la période d’enquête 2017-2018.
À cette époque, les taux d’obésité étaient les plus élevés chez les adolescents : 21 % de la tranche d’âge 12-19 ans étaient en situation d’obésité, les taux chez les adolescents légèrement plus élevés que chez les adolescentes (23 % contre 20 %).
Comme chez les adultes, les taux d’obésité ont suivi des tendances ethniques similaires chez les enfants. En ce qui concerne les garçons, les taux les plus élevés d’obésité ont été observés chez les jeunes américains d’origine mexicaine (29 %) et hispanique (28%).

« La prévalence de l’obésité chez les adultes s’est éloignée de l’objectif de 30,5 % »

Pour le sexe féminin, les taux d’obésité les plus élevés sont présents chez les enfants et les adolescentes noires (29 %) et chez les mexicaines (25%).
Au cours de la période d’enquête 1971-1974, seulement 5 % des enfants américains se trouvaient en situation d’obésité, et seulement 1 % de ce sous-ensemble était gravement atteint d’obésité. A l’époque, « seulement » 10% des enfants étaient alors en surpoids…
Ce qui fait régulièrement dire aux chercheurs américains que si « le suivi de la prévalence de l’obésité et de l’obésité sévère est pertinent pour les programmes de santé publique qui mettent l’accent sur la réduction ou la prévention de l’obésité et de ses conséquences, aux États-Unis, la prévalence de l’obésité chez les adultes s’est éloignée de l’objectif de 30,5% fixé par Healthy People 2020 ».

Philippe PALAT

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