Une équipe iranienne vient de révéler que trois gènes sont associés à la fois à l’obésité et aux troubles de l’humeur. Les résultats ont montré que ces gènes sont liés à des processus inflammatoires et joueraient un rôle crucial dans le développement de l’obésité.

Une équipe iranienne vient de révéler que trois gènes sont associés à la fois à l’obésité et aux troubles de l’humeur. Les résultats ont montré que ces gènes sont liés à des processus inflammatoires et joueraient un rôle crucial dans le développement de l’obésité.

Les troubles de l’humeur sont fréquents chez les personnes souffrant d’obésité. Des études antérieures ont déjà suggéré que la génétique et l’environnement jouent un rôle important au plan psychologique.
Dans une toute récente analyse intitulée « Le chevauchement épigénétique entre l’obésité et les troubles de l’humeur : un examen systématique », une équipe iranienne conduite par le docteur Mojgan Gharipour explique comment les gènes TAPBP, SORBS2 et BDNF ont eu des changements dans la méthylation d’ADN liés à l’obésité et aux désordres d’humeur.
En préambule de leurs travaux, les chercheurs rappellent que des études précédentes ont déjà démontré qu’une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux affecte l’incidence et le développement de l’obésité et des troubles de l’humeur. « Le type et la quantité d’aliments consommés pendant la dépression semblent être significativement corrélés et peuvent affecter le poids sur une longue période, soulignent les scientifiques iraniens. Il est déjà bien établi que 12% des gènes responsables de l’obésité sont partagés avec la dépression et que certains gènes peuvent conduire à modifier le comportement alimentaire pathologique chez les patients souffrant de troubles de l’humeur. En outre, les antidépresseurs peuvent modifier les indices de masse corporelle ».



La méthylation de l’ADN peut-elle entraîner l’obésité ?

Reste qu’au-delà des mutations dans des gènes spécifiques, les changements dans les mécanismes épigénétiques – qui contrôlent si un gène est actif ou silencieux – peuvent être responsables du co-développement de ces troubles.
En particulier, la méthylation de l’ADN. Il s’agit d’un mécanisme épigénétique par lequel de petites molécules – appelées groupes méthyliques – sont ajoutées à un gène particulier et l’éteigne de sorte qu’aucune protéine n’est produite. « La question cruciale est de savoir si les changements épigénétiques dans les gènes superposés pourraient causer l’obésité et les troubles de l’humeur, précisent les chercheurs. En d’autres termes, les troubles de l’humeur, en particulier la dépression, peuvent-ils entraîner l’obésité par la méthylation de l’ADN des gènes partagés, ce qui pourrait affecter la composition corporelle ? »



De études qui mettent en évidence l’altération des gènes

Pour le savoir, l’équipe du docteur Gharipour a collecté des études qui mettent l’accent sur les altérations des gènes qui se chevauchent chez les personnes souffrant d’obésité ou de troubles de l’humeur.
Leur recherche a porté sur plusieurs bases de données médicales afin d’identifier les études les plus pertinentes sur les gènes liés à l’obésité, les variations épigénétiques, les associations entre l’épigénome et les troubles de l’humeur, y compris la dépression, le trouble bipolaire ou le suicide.
Conclusion des recherches : trois gènes – TAPBP, SORBS2 et BDNF – ont eu des changements dans la méthylation d’ADN liés à l’obésité et aux désordres d’humeur.



Tapsine, sorbine et cellules nerveuses

Dans le détail, le gène TAPBP contient des instructions pour fabriquer une protéine appelée tapsine, vitale pour les réponses immunitaires appropriées. Les souris avec des mutations dans TAPBP montrent, par exemple, des défauts dans la défense immunitaire. TAPBP est lié à la fois l’obésité et les troubles de l’humeur par une voie connue sous le nom de JNK, qui joue un rôle clé dans la réponse inflammatoire. Comme on le voit dans les tissus isolés des personnes souffrant d’obésité, les facteurs inflammatoires peuvent provoquer l’activation continue de JNK.
À son tour, le gène SORBS2, qui code pour une protéine appelée sorbine, est impliqué dans plusieurs voies biologiques. Une activité plus faible de ce gène a été rapportée chez les personnes atteintes de troubles de l’humeur. La méthylation SORBS2 a également été associée à l’Indice de masse corporelle (IMC). SORBS2 est lié aux troubles de l’humeur par une voie appelée Notch, qui est important dans la régulation de la croissance des cellules nerveuses et des réponses immunitaires. Les protéines proinflammatoires activent la signalisation Notch, comme observé dans une variété de troubles inflammatoires.
Enfin, le gène BDNF code pour un membre des protéines de croissance et de survie des cellules nerveuses. Comme avec le gène SORBS2, l’activité de BDNF est réduite chez les personnes souffrant de dépression et les changements de méthylation ont été liés à l’obésité. BDNF est considéré comme un médiateur potentiel des effets anti-inflammatoires. Son potentiel neuroprotecteur est soutenu par des voies régulées par la production de protéines de signalisation inflammatoires. « Comme les résultats ont montré que TAPBP, BDNF, et SRBP2 sont liés ensemble par des voies inflammatoires, nous supposons que l’hyperméthylation dans ces gènes pourrait jouer un rôle crucial dans la co-occurrence de l’obésité et des troubles de l’humeur en raison du processus d’inflammation», écrivent dans leurs conclusions les chercheurs iraniens.

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