Une nouvelle synthèse de Santé publique Angleterre, publiée fin juillet, confirme que l’obésité ou l’embonpoint augmente le risque de maladie grave et de décès en cas de contraction du Covid-19. Dans leur communiqué, les autorités sanitaires britanniques expliquent que si l’excès de poids n’augmente pas les chances de contracter le coronavirus, les personnes en situation d’obésité sont beaucoup susceptibles de tomber gravement malades.

Une nouvelle synthèse de Santé publique Angleterre, publiée fin juillet, confirme que l’obésité ou l’embonpoint augmente le risque de maladie grave et de décès en cas de contraction du Covid-19. Dans leur communiqué, les autorités sanitaires britanniques expliquent que si l’excès de poids n’augmente pas les chances de contracter le coronavirus, les personnes en situation d’obésité sont beaucoup susceptibles de tomber gravement malades.

C’est la confirmation de toutes les études menées jusqu’ici : l’obésité ou l’embonpoint augmente le risque de maladie grave et de décès de la Covid-19. Établi par Santé publique Angleterre et publié au cours de la dernière semaine de juillet 2020, ce rapport rassemble et résume les conclusions d’études britanniques et internationales publiées pendant la pandémie de coronavirus. Il s’appuie notamment sur un très grand nombre de données issus des laboratoires, des hospitalisations, des admissions en soins intensifs ou critiques, des traitements prodigués et du risque de mortalité enregistré par le milieu médical.
Selon cette vaste synthèse, les données recueillies au Royaume-Uni et à l’échelle internationale suggèrent que le surpoids élevé expose les personnes à un risque accru d’hospitalisation, d’admission à l’unité de soins intensifs (USI) et de décès par la Covid-19, avec un risque croissant à mesure que l’Indice de masse corporelle (IMC) augmente.
Si les preuves actuelles ne suggèrent pas que le fait d’avoir un excès de poids augmente les chances des gens de contracter le coronavirus, les données montrent que les personnes qui souffrent d’obésité sont significativement plus susceptibles de tomber gravement malades et d’être admises aux soins intensifs avec la Covid-19 par rapport à celles qui affiche un IMC sain.



Un risque de mortalité supérieur de 40% pour les personnes ayant un IMC entre 35 et 40

Le rapport britannique précise qu’une étude a révélé que pour les personnes ayant un IMC de 35 à 40, le risque de décès par la Covid-19 augmente de 40%. Un IMC supérieur à 40 augmente le risque de décès de 90% par rapport à des personnes qui ne sont pas en situation d’obésité.
D’autres données ont révélé que dans les unités de soins intensifs, 7,9 % des patients gravement malades atteints de la Covid-19 avaient un IMC supérieur à 40, comparativement à 2,9 % de la population générale.
Près des deux tiers (63 %) des adultes en Angleterre sont en surpoids ou souffrent d’obésité. Parmi la population la plus exposée et la plus grandement touchée, on trouve des personnes âgées de 55 à 74 ans, ceux qui vivent dans des zones défavorisées et certains groupes ethniques noirs, asiatiques et minoritaires.



Les personnes atteintes d’obésité moins susceptibles d’avoir accès aux soins

Selon la synthèse de Santé publique Angleterre, l’excès de graisse peut affecter le système respiratoire et est susceptible d’affecter la fonction inflammatoire et immunitaire. Cela peut avoir un impact sur la réponse des gens à l’infection et accroître la vulnérabilité aux symptômes graves de la Covid-19.
Par ailleurs, le rapport indique que les personnes atteintes d’obésité sont moins susceptibles d’avoir accès aux soins de santé et de soutien. Il précise également que la Covid-19 affecte d’autres maladies associées à l’obésité.
Le rapport souligne que le fait d’aider les gens à atteindre et à maintenir un poids santé peut réduire les effets graves de la Covid-19 sur la population, en particulier parmi les groupes vulnérables qui sont les plus touchés par l’obésité.
« Les preuves actuelles sont claires que l’embonpoint ou l’obésité expose à un plus grand risque de maladie grave ou de décès par la Covid-19, ainsi que de nombreuses autres maladies potentiellement mortelles, explique dans cette synthèse le docteur Alison Tedstone, nutritionniste en chef à Santé publique Angleterre. Il peut être difficile de perdre du poids et encore plus difficile de le maintenir, c’est pourquoi les gens ne peuvent pas facilement le faire d’eux-mêmes. Perdre du poids peut apporter d’énormes avantages pour la santé et peut également aider à protéger contre les risques de la Covid-19. Les arguments en faveur d’une action contre l’obésité n’ont jamais été aussi solides. »



Dans le droit fil de la politique de Boris Johnson

Sans surprise, cette conclusion de Santé publique Angleterre s’inscrit dans la stratégie « anti-obésité » déclenchée par le gouvernement de Boris Johnson (cliquez ici). Au lendemain de sa contamination à la Covid-19 et de son hospitalisation en soins intensifs, le premier ministre britannique, a souhaité s’attaquer à la maladie en préconisant une alimentation plus saine et plus d’activité physique : un tiers des habitants de Grande-Bretagne sont soupçonnés de souffrir d’obésité, c’est-à-dire ayant un IMC supérieur à 30. Reste que cette approche a de quoi laisser perplexe au moment où les scientifiques font, chaque jour, la preuve que l’obésité est une maladie qui ne peut se réduire au schème simpliste « nourriture/sport ». Ignorer les facteurs génétiques, environnementaux, psychologiques, etc. contribuent non seulement à méconnaître les vraies causes de la pathologie, mais aussi à renforcer le sentiment de culpabilité des victimes de l’obésité.

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