Une étude récente publiée aux Etats-Unis démontre que dans les familles à faible revenu, le sommeil des tout-petits joue un rôle important dans l’association entre la pauvreté et l’obésité.

Une étude récente publiée aux Etats-Unis démontre que dans les familles à faible revenu, le sommeil des tout-petits joue un rôle important dans l’association entre la pauvreté et l’obésité.

Les enfants qui ont des horaires de sommeil irréguliers ont un indice de passe corporelle (IMC) plus élevé. Inversement, ceux qui se couchent et se lèvent toujours aux mêmes heures ont un IMC plus bas. « Nous savons depuis un certain temps que l’activité physique et la qualité de l’alimentation sont de très bons prédicteurs du poids et de l’IMC, estime Lauren Covington, professeur à l’Université du Delaware, aux Etats-Unis, et auteure principale de l’étude. Mais notre étude montre vraiment que le sommeil joue peut-être un rôle plus important qu’on ne le pense. »
Au cours de leurs travaux, les scientifiques ont analysé le sommeil et l’activité physique de 207 enfants, vivant majoritairement dans des conditions sociales précaires.



Un facteur économique qui a un lien sur l’irrégularité du cycle de sommeil

Selon les données de l’étude publiée dans la revue Annals of Behavioral Medicine, 70% des familles auxquelles ils appartenaient vivaient en dessous du seuil de pauvreté des États-Unis. Selon les auteurs, ce facteur économique aurait aussi un lien sur l’irrégularité du cycle de sommeil de ces enfants et sur le chiffre élevé de leur IMC.
Dans leurs conclusions, les scientifiques écrivent que « les tout-petits issus des ménages dont le taux de pauvreté était plus élevé avaient des temps d’apparition du sommeil plus incohérents. Les tout-petits dont le temps d’apparition du sommeil était plus incohérent avaient des scores d’IMC élevés à tous les moments, même lorsqu’ils comptabilisent l’activité physique et la qualité de l’alimentation ».



« Le temps d’apparition tardive du sommeil associé à une plus grande adiposité »

Selon le professeur Covington, les résultats de cette nouvelle étude sur le rapport sommeil/obésité corroborent des études antérieures qui ont examiné d’autres habitudes de santé (régime, activité physique) en conjonction avec des horaires de sommeil variables et l’IMC. « Par exemple, une étude transversale a révélé que le temps d’apparition tardive du sommeil était associé à une plus grande adiposité indépendamment d’autres comportements liés à l’obésité tels que l’apport alimentaire, l’activité physique et le temps d’écran de télévision) chez les enfants d’âge scolaire », écrivent les chercheurs.
Cette réalité est déjà connue. En 2017, selon l’étude Esteban menée en France entre 2014 et 2016 (étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition) publiée par Santé Publique France, « la prévalence du surpoids – obésité incluse – était supérieure chez les enfants dont les personnes de référence du ménage étaient les moins diplômées, ce qui va souvent de pair avec des ressources économiques faibles », rappelle le site Pourquoi Docteur (cliquez ici).
Pour les familles monoparentales, respecter une discipline horaire est bien plus difficile que lorsque les adultes sont au foyer et imposent un rythme. Selon l’Insee, en 2018, en France, 21% des enfants mineurs vivaient dans une famille monoparentale (cliquez ici), ce qui représente 4 millions d’enfants mineurs.



Philippe PALAT

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