Une étude américaine sur 150 000 patients atteints par la Covid confirme que l’obésité augmente le risque d’hospitalisation et de décès

A travers les résultats de 200 hôpitaux aux Etats-Unis récupérés entre mars et décembre 2020, un économiste de la santé des Centres de santé et de prévention estime les patients ayant un IMC>45 ou étaient 33% plus susceptibles d’être hospitalisés et 61% plus susceptibles de mourir.

Mois après mois, les études internationales confirment ce que l’on savait déjà depuis mars 2020 (en savoir plus), date à laquelle le système de santé du Royaume-Uni avait relevé le lien entre obésité et forme sévère de la Covid-19.
En début de semaine, une nouvelle enquête américaine renouvelle ce diagnostic. Sous le titre « Indice de masse corporelle et risque d’hospitalisation liée au COVID-19, admission à l’unité de soins intensifs, ventilation mécanique invasive et décès, États-Unis, mars-décembre 2020 », une étude précise que plus l’indice de masse corporelle (IMC) est important, plus le risque de souffrir durement du coronavirus l’est également.



« L’embonpoint et l’obésité sont des facteurs de risque de ventilation mécanique invasive »


L’étude, réalisée par une équipe de chercheurs au nom des Centres de santé et de prévention américains (Centers for Disease Control and Prevention), a travaillé sur les dossiers de 148 494 adultes américains atteints de la COVID-19 répartis dans quelque 200 hôpitaux.
Selon eux, une relation non linéaire a été trouvée entre l’indice de masse corporelle (IMC) et la gravité Covid-19, avec des risques plus faibles chez les IMC près du seuil entre le poids santé et l’embonpoint dans la plupart des cas. Les chercheurs estiment que le risque croît plus l’IMC est élevé. « L’embonpoint et l’obésité sont des facteurs de risque de ventilation mécanique invasive », soulignent les chercheurs américains.
Dans la période étudiée, ils ont constaté également que « l’obésité était un facteur de risque d’hospitalisation et de décès, en particulier chez les adultes âgés de 65 ans et plus ».



« Les graves implications cliniques de santé publique d’un IMC élevé »


Dans le détail, l’étude confirme que parmi les patients en situation d’obésité, les patients ayant un IMC de 45 ou plus, ce qui correspond à une obésité massive, étaient 33% plus susceptibles d’être hospitalisés et 61% plus susceptibles de mourir que ceux qui avaient un poids santé, ont constaté les chercheurs.
« Les résultats de l’étude mettent en évidence les graves implications cliniques de santé publique d’un IMC élevé, et ils suggèrent le besoin continu d’une prise en charge intensive de la maladie Covid-19, en particulier chez les patients atteints d’obésité sévère », a déclaré l’auteur principal, Lyudmyla Kompaniyets, économiste de la santé à la Division de la nutrition, de l’activité physique et de l’obésité des Centres de santé et de prévention des Etats-Unis.



Philippe PALAT

(1) Selon les constatations réalisées autour du 19 mars 2020 par le système de santé (National Health Service) au Royaume-Uni, « souffrir d’obésité pourrait augmenter le risque d’être atteint par le coronavirus ». Selon du NHS, plus de 60% des patients qui, le jeudi 19 mars, se trouvaient en soins intensifs avec le virus, étaient en surpoids ou considérés comme en obésité sévère.


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