Selon une équipe de chercheurs australiens, 30,8 % des patients hospitalisés atteints de Covid-19 sont en obésité et 34,8% en surpoids. Les données de cette étude multicentrique proviennent de 18 hôpitaux répartis dans onze pays.

Selon une équipe de chercheurs australiens, 30,8 % des patients hospitalisés atteints de Covid-19 sont en obésité et 34,8% en surpoids. Les données de cette étude multicentrique proviennent de 18 hôpitaux répartis dans onze pays.

L’obésité est un facteur de risque établi de maladie coronavirus sévère. Dans une étude internationale multicentrique, des chercheurs australiens du Murdoch Children’s Research Institute (1) et l’Université du Queensland, près de Brisbane, ont étudié si l’embonpoint, l’obésité et le diabète étaient indépendamment associés à la gravité de la Covid-19. Ils ont exploré aussi le fait de savoir si l’indice de masse corporelle associé à la Covid-19 a augmenté le risque parmi les patients diabétiques.
L’équipe a examiné les données de patients hospitalisés dans 18 établissements de 11 pays pour cause de Covid-19. Elle a constaté que les patients en obésité sont plus susceptibles d’avoir besoin d’oxygène. Selon les chercheurs australiens, le recours à la ventilation invasive a été nécessaire pour 73% d’entre eux. Parmi les 7 244 patients de l’étude, 34,8 % étaient en surpoids et 30,8 % étaient obèses.
Selon les conclusions des chercheurs, les patients diabétiques atteints de la Covid-19 avaient également un plus grand risque de ventilation envahissante, mais l’obésité associée au diabète n’a pas augmenté ce risque.



« Des facteurs de risque indépendants pour des résultats pires chez les adultes »

Dans un communiqué, le docteur Kirsty Short, co-directeur de l’étude à l’Université du Queensland, a expliqué que « l’obésité est associée à de nombreux mauvais résultats pour la santé, y compris un risque accru de maladies cardiométaboliques et respiratoires et des maladies virales plus graves, y compris la grippe, la dengue et le SRAS-CoV-1 ».
Toujours selon le docteur australien Short, « compte tenu de l’ampleur de cette étude, cela démontre de façon concluante que l’embonpoint ou l’obésité sont des facteurs de risque indépendants pour des résultats pires chez les adultes hospitalisés avec la Covid-19 ».
Cette étude s’est penchée sur les patients hospitalisés pour cause de Covid-19 provenant d’hôpitaux de Chine, d’Amérique, d’Italie, d’Afrique du Sud et des Pays-Bas.



De nouvelles stratégies pour traiter les facteurs socio-économiques complexes de l’obésité

Selon diverses sources concordantes, près de 40% de la population mondiale est aujourd’hui en surpoids ou obèse. Le docteur Danielle Longmore, chercheuse au Murdoch Children’s Research Institute, estime que de nouvelles stratégies pour traiter les facteurs socio-économiques complexes de l’obésité sont nécessaires.
Pour elle, cela pourrait prendre, par exemple, la forme de restrictions sur la publicité de la malbouffe, comme l’a décrété le gouvernement britannique. « Bien qu’il soit peu probable que la prise de mesures pour lutter contre l’obésité à court terme ait un impact immédiat sur la pandémie de la Covid-19, elle réduira probablement le fardeau de la maladie dans les futures pandémies virales et réduira les risques de complications comme les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux », a-t-elle souligné.
Un angle d’attaque qui est toutefois loin d’être partagé par une grande partie de la communauté scientifique qui estime les principaux facteurs de l’obésité ne résident pas dans les seuls critères de l’alimentation ou de la sédentarité.




Philippe PALAT

(1) Le Murdoch Children’s Research Institute est un institut australien de recherche médicale pédiatrique situé à Melbourne, Victoria, affilié au Royal Children’s Hospital et à l’Université de Melbourne.

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