Dans le but d’élargir les connaissances sur la septicémie, des chercheurs français, allemands et sud-coréens ont étudié l’hormone connue sous le nom de GDF15. Cette hormone a la spécificité d’être largement étudié par plusieurs laboratoires et incluse dans des produits pharmaceutiques comme un traitement de l’obésité. Les résultats sont particulièrement inquiétants.

Dans le but d’élargir les connaissances sur la septicémie, des chercheurs français, allemands et sud-coréens ont étudié l’hormone connue sous le nom de GDF15. Cette hormone a la spécificité d’être largement étudiée par plusieurs laboratoires et incluse dans des produits pharmaceutiques comme un traitement de l’obésité. Les résultats sont particulièrement inquiétants.

L’hormone GDF15 testée contre l’obésité peut-elle aggraver les infections ? C’est en tout cas la conclusion d’une étude internationale dont les travaux viennent d’être publiés par Actes de l’Académie nationale des sciences (revue scientifique PNAS – Proceedings of the National Academy of Sciences USA).
Selon une équipe de scientifiques de l’Instituto Gulbenkian de Ciência (1), cette hormone appelée GDF15 et indiquée pour traiter l’obésité peut réduire la résistance aux infections causées par les bactéries.
Les chercheurs français, allemands et sud-coréens qui ont mené cette analyse estiment que l’hormone GDF15 est également un facteur de risque de septicémie, une maladie potentiellement mortelle caractérisée par une « réponse déréglementée du corps à une infection conduisant à un dysfonctionnement des organes ».
Maladie infectieuse aux conséquences parfois dramatiques, la septicémie, selon une étude publiée dans la revue Lancet, a touché, en 2017, 49 millions de personnes et provoqué le décès de 11 millions de personnes.



Les patients atteints de septicémie ont présenté des taux accrus de cette hormone

Au cours de leurs investigations, les chercheurs ont découvert que l’hormone appelée GDF15 (facteur de croissance et facteur de différenciation 15) semble jouer un rôle dans la propagation de cette infection. Or, cette hormone est utilisée par plusieurs laboratoires dans le monde et a été incluse dans plusieurs produits pharmaceutiques pour lutter contre l’obésité.
Les chercheurs ont analysé les taux de cette hormone dans divers échantillons de sang prélevés sur des patients atteints de septicémie et les ont comparés à des échantillons de sang prélevés sur des personnes en bonne santé. Les patients atteints de septicémie ont présenté des taux accrus de cette hormone par rapport à l’autre groupe et cette même hormone pourrait être liée à la mortalité due à la septicémie.



« Cette stratégie thérapeutique pourrait augmenter le risque d’infections graves »

Ils ont ensuite effectué des expériences sur des souris et ont également découvert que l’hormone jouait un rôle important dans la propagation de la septicémie.
« À l’heure où de nombreuses entreprises et groupes pharmaceutiques envisagent d’utiliser le GDF15 comme thérapie complémentaire contre l’obésité, il est important de garder à l’esprit que cette stratégie thérapeutique pourrait augmenter le risque d’infections graves, notamment de septicémie », déclare Luís Moita, l’un des principaux auteurs de l’étude.
Ils ont notamment constaté que les souris qui n’avaient pas reçu l’hormone GDF15 ont « mieux survécu à une infection bactérienne abdominale qui imite la septicémie dans les patients humains.» Les scientifiques ont remarqué que ces souris ont été en mesure de « recruter beaucoup plus de globules blancs, en particulier les neutrophiles, dans l’abdomen, contrôlant ainsi mieux l’infection localement et l’empêchant de se propager rapidement au reste du corps. » Les résultats de l’enquête indiquent la possibilité qu’il puisse y avoir un nouveau traitement pour la septicémie avec un anticorps monoclonal bloquant qui inhibe l’action de GDF15.

(1) L’Instituto Gulbenkian de Ciência est un centre international de recherche biologique et biomédicale et de formation diplômante basé à Oeiras, au Portugal.

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