Selon des scientifiques de Londres, d’Edimbourg et de Liverpool, les personnes en surcharge pondérale auraient plus de risque d’être hospitalisées après avoir contracté le coronavirus. Et aussi plus de risque de développer un cas mortel de la maladie. L’annonce de cette enquête de grande envergure a été révélée le samedi 18 avril par le journal The Telegraph.

Selon des scientifiques de Londres, d’Edimbourg et de Liverpool, les personnes en surcharge pondérale auraient plus de risque d’être hospitalisées après avoir contracté le coronavirus. Et aussi plus de risque de développer un cas mortel de la maladie. L’annonce de cette enquête de grande envergure a été révélée le samedi 18 avril par le journal The Telegraph.

C’est du Royaume-Uni qu’est venue, le 19 mars 2020, la première alerte (Cliquez ici). Un mois après avoir révélé au monde entier le possible lien entre obésité et formes graves du coronavirus, des scientifiques britanniques s’apprêtent à publier les résultats d’une vaste étude menée sur quelque 15 100 patients hospitalisés dans 177 hôpitaux du Royaume-Uni. Une échelle de grandeur encore jamais vue depuis le début de la crise du coronavirus.
Et, déjà, une première constatation s’impose pour les experts qui ont mené cette grande enquête médicale : un lien existe entre l’excès de poids et le développement de symptômes graves de Covid-19. En effet, les chercheurs britanniques ont été frappés par la façon dont l’embonpoint apparaît très fortement dans les admissions hospitalières en Grande-Bretagne.



« Une étude d’ampleur mondiale » pour le professeur Openshaw

Cette étude conduite par Kenny Baillie de l’Université d’Édimbourg, par le professeur Calum Semple de l’Université de Liverpool et le professeur Peter Openshaw de l’Imperial College de Londres a permis d’analyser les données obtenues auprès des patients de Covid-19. Ces statistiques servent à établir le profil le plus complet du patient hospitalisé en fonction de l’âge, du sexe et des conditions de santé sous-jacentes qui semblent être particulièrement vulnérables au virus.
Si le rapport des trois médecins n’a pas encore fait l’objet d’un examen par leurs pairs, il sera publié au cours des prochaines semaines. Toutefois, Peter Openshaw, professeur de médecine expérimentale à l’Imperial College de Londres et expert en maladies respiratoires, a déclaré que l’étude est « d’ampleur mondiale », notamment parce que toutes les données ont été collectées grâce au système de tests mis en place à la suite de la pandémie de grippe porcine en 2009 et en prévision d’une nouvelle épidémie.



« Une tempête de cytokines »

Interrogé par le journal anglais The Telegraph qui a révélé, samedi 18 avril, l’existence de cette étude, Peter Openshaw a déclaré : « Bien que les raisons exactes des admissions des personnes en surpoids avec des symptômes plus graves n’est pas claire, c’est peut-être parce que ces patients ont une plus grande inflammation des tissus adipeux, aussi bien sous la peau qu’autour des organes internes. Cela contribue à une augmentation de la « tempête de cytokines » »(1).
En clair : les médecins britanniques estiment que le système immunitaire des personnes atteintes d’obésité « utilise toute son énergie pour repousser l’inflammation. Il s’agit de la réaction immunitaire dans laquelle trop de protéines cytokine entrent dans la circulation sanguine trop rapidement. Et cet emballement du système immunitaire peut devenir mortel ».



L’excès de poids complique l’inhalation d’oxygène

La plupart des patients avec un IMC supérieur à 40 souffrent de problèmes respiratoires qui vont de l’essoufflement simple à une condition potentiellement mortelle connue sous le nom de syndrome d’hypoventilation obésité (SST).
L’excès de poids complique également la dilatation et l’inhalation d’oxygène du diaphragme et des poumons. Privés d’oxygène, les organes vont commencer à défaillir. Et le professeur Openshaw, spécialiste en immunologie pulmonaire de rajouter : « Il est possible que les patients obèses aient plus de difficulté à respirer lorsqu’ils sont au lit parce que l’estomac et les couches grasses peuvent pousser contre le diaphragme et la cage thoracique, les empêchant d’obtenir une profonde respiration.»



Un facteur de risque pas visible en Chine

Ces facteurs peuvent expliquer pourquoi les poumons des personnes souffrant d’obésité ont tendance à défaillir plus rapidement lorsque le coronavirus frappe, par rapport à une personne en bonne santé.
Commentant le fait l’obésité ne soit pas apparue comme un problème lors de l’apparition du virus en Chine, Peter Openshaw a expliqué qu’il est tout à fait possible « que le facteur de risque de l’embonpoint ne soit pas sorti dans les premières études en Chine parce que moins de gens y sont en surpoids ».

(1) Tempête de cytokines : production excessive de cytokines déclenchée par un agent pathogène, en l’occurrence le Covid-19, et qui se manifeste par une violente réponse inflammatoire du système immunitaire. C’est une réponse physiologique inadaptée, nocive et potentiellement mortelle.

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