Une vingtaine de cas confirmés d'anaphylaxie ont été recensés parmi les 1,9 millions de doses de vaccin (Pfizer/BioNTech) contre le Covid-19 administrées au cours de la première semaine de vaccination aux Etats-Unis (14-23 décembre 2020), soit un taux de 11,1 cas pour un million de doses. Les personnes souffrant d’obésité doivent-elles être inquiètes pour autant ? Les données françaises et américaines sont, à ce jour, très rassurantes.

Une vingtaine de cas confirmés d’anaphylaxie ont été recensés parmi les 1,9 millions de doses de vaccin (Pfizer/BioNTech) contre le Covid-19 administrées au cours de la première semaine de vaccination aux Etats-Unis (14-23 décembre 2020), soit un taux de 11,1 cas pour un million de doses. Les personnes souffrant d’obésité doivent-elles être inquiètes pour autant ? Les données françaises et américaines sont, à ce jour, très rassurantes.

Il est encore trop tôt pour avoir un avis définitif sur les effets indésirables du tout premier vaccin à ARNm. Toutefois, les premières données permettent d’évaluer le nombre de réactions violentes : jusqu’à présent, une personne sur 100 000 a fait un choc allergique ou anaphylaxie (1) au vaccin Pfizer/BioNTech si l’on en croit les données recueillies au terme de la première semaine de vaccination aux Etats-Unis.
En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), également attentive « aux remontées d’effets indésirables survenus dans les autres pays », confirme la survenue « de façon extrêmement rare » de réactions allergiques sévères.
Lors de la deuxième semaine de vaccination, aucun effet indésirable grave n’a été observé en France avec le vaccin de Pfizer/BioNTech contre la Covid-19, a indiqué en fin de semaine dernière le gendarme français du médicament. « Seul un cas d’effet indésirable non grave a été enregistré dans la base nationale de pharmacovigilance. Il concerne une diminution temporaire de certaines cellules immunitaires (lymphocytes) », précise l’agence sanitaire dans un point d’information. Bien que déjà observé dans les essais cliniques, cet effet indésirable non grave n’a pas été retenu à ce jour pour figurer dans la notice du vaccin.



Les bénéfices de la vaccination supérieurs aux risques potentiels de la Covid-19

Selon les autorités sanitaires américaines, les bénéfices de la vaccination sont bien supérieurs aux risques potentiels. Le chiffre a été calculé par les les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) qui ont recensé 21 cas de chocs anaphylactiques (cliquez ici), c’est-à-dire une réaction allergique grave sur un total de 1 893 360 injections du vaccin effectuées entre le 14 et le 23 décembre 2020. Soit un taux de 11,1 cas pour un million de doses.
Si les enquêtes en cours cherchent à déterminer les causes de ce choc allergique, les soupçons semblent se porter sur la présence d’une substance couramment utilisée dans les produits de consommation courante.



21 cas d’allergies aux États-Unis, aucun décès à déplorer

Selon les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies, l’âge médian de ces cas allergiques était de 40 ans. Les symptômes sont apparus en moyenne au bout de 13 minutes et la plupart des patients ont présenté leurs symptômes dans les 15 minutes suivant l’injection.
Parmi ces symptômes figuraient des éruptions cutanées, de l’urticaire, une sensation d’étouffement, un gonflement de la langue, des difficultés respiratoires, des lèvres gonflées, la nausée et une toux sèche persistante.
17 patients avaient une histoire documentée d’allergies ou de réactions allergiques, à des médicaments, aliments ou piqûres d’insectes…
Sur les 21 cas, quatre patients (19 %) ont été hospitalisés, dont trois en soins intensifs, et les dix-sept autres ont été pris en charge dans un service d’urgence.
Aucun décès n’a été à déplorer. Tous, sauf un, étaient rétablis au moment où l’étude américaine a été rédigée.



Une substance présente dans les dentifrices et les shampoings ?

En comparaison, le taux d’anaphylaxie pour le vaccin contre la grippe est de 1,3 pour un million de doses. Mais malgré cette prévalence dix fois supérieure, le docteur Nancy Messonnier, directrice du Centre national de vaccination et de maladies respiratoires et pilote des CDC sur la vaccination anti-Covid-19 (cliquez ici), considère que ce taux est « rare ». « Cela signifie que les avantages connus et potentiels des vaccins Covid-19 actuels surpassent les risques connus. Cela ne signifie pas toutefois que nous ne pouvons pas voir des événements de santé graves potentiels à l’avenir », a-t-elle ajouté.
Ces réactions allergiques pourraient être liées à la présence de polyéthylène glycol (PEG), un produit qui est largement utilisé dans des produits de consommation courante comme les shampoings, le dentifrice, les laxatifs… Jusqu’à présent, les vaccins n’en contenaient pas. Les autorités américaines ont indiqué que toute personne qui a eu une réaction de ce type à la première dose ne doit pas recevoir de deuxième dose.
Par ailleurs, toute personne ayant une histoire d’allergique immédiate ou de réaction à un vaccin injectable ou une précédente situation d’anaphylaxie doit bénéficier d’une surveillance de trente minutes après l’injection.



Signaler son allergie à son médecin traitant avant la vaccination

Concernant la France, la Société française d’allergologie (SFA) est désormais sur la même ligne. Après avoir montré une certaine prudence en décembre dernier à la suite de cas de réactions d’allure allergique survenus en Grande Bretagne chez deux personnels de santé vaccinés à l’ARNm de Pfizer-BioNTech, la SFA a confirmé en milieu de semaine dernière son accord avec la décision récente du National Heart and Lung Institut, l’agence de régulation en santé britannique, de modifier les contre-indications au vaccin contre le Covid.
« En effet, à la lumière des milliers de vaccinations qui ont eu lieu en Grande Bretagne, aux États-Unis et au Canada, on peut désormais vacciner avec le vaccin Pfizer/ BioNTech les patients qui présentent une allergie médicamenteuse ou alimentaire grave », écrit la SFA dans un communiqué.
Le vaccin reste cependant très contre-indiqué chez les patients qui ont une histoire clinique d’allergie vis-à-vis des ingrédients contenus dans le vaccin Pfizer/ BioNTech ou qui ont présenté une réaction anaphylactique lors de l’administration de la première dose du vaccin.
La Fédération française d’allergologie est en accord avec cette nouvelle recommandation. En effet, elle n’identifie « aucune contre-indication à la vaccination des patients allergiques, à l’exception de ceux ayant présenté une allergie au PEG ou à tout autre composé du vaccin. Dès lors, elle invite les patients allergiques au PEG ou à tout autre composé du vaccin à le signaler à leur médecin traitant avant toute vaccination ».



Philippe PALAT

(1) Le choc anaphylactique une réaction allergique immédiate, grave et généralisée qui affecte l’organisme dans son ensemble. Elle nécessite un traitement en urgence. Ce choc allergique peut survenir, par exemple, suite à une piqûre d’hyménoptère (abeille), ou bien si l’individu sensible à un médicament se voit injecter cet allergène dans le sang (par exemple, de la pénicilline) ou s’il ingère un aliment auquel il est allergique.

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